Qui dupe qui, étude sur la désirabilité sociale : Cadremploi
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Qui dupe qui, étude sur la désirabilité sociale

"Rester soi-même", le retour


Renversant. Extraordinaire. Il paraîtrait que 50 % des salariés européens adopteraient un comportement différent au travail et dans la vie privée. On se sent tout petit devant une telle révélation. Et nous qui, bêtement, pensions que nos chefs et nos collègues montraient leur véritable personnalité au boulot. Naïfs que nous sommes. Ce qui est bien, avec les cabinets de conseil en management et autres libres penseurs qui gravitent autour de l'entreprise, et mènent des recherches comme celle-là, c'est qu'ils font avancer les connaissances de l'homme. Enfin presque toujours.

 

Prenons ce cabinet qui, grâce à ses antennes dans 25 pays, vient de livrer une étude intitulée « Qui dupe qui ? »*, comparant le comportement des salariés de 7 pays d'Europe. Pas rien : des mois de boulot, d'interviews, de synthèse et d'analyses à ne plus savoir où les poser, et d'ou il ressort donc, que les gens n'ont pas la même attitude avec leur boss et leurs collègues qu'avec leur conjoint, leurs enfants et leurs amis.

 

 

Et pour bien nous faire comprendre que dans ce cabinet d'études, on cogite, on réfléchit et on conseille - même qu'on est payé pour - on a rebaptisé cette découverte majeure l'« exploration de l'impact de la désirabilité sociale sur le lieu de travail.» Pardon ? Les responsables de l'étude indiquent « qu'il s'agit d'un processus par lequel chacun tente de contrôler l'image qu'il dégage. »

 

Une découverte qui revient à affirmer que l'eau chaude est chaude. Le salarié caméléon, le rôle social que chacun endosse comme un costume (d'ou le costume, justement) et l'importance de ce rôle dans l'équilibre de chacun, sont des trucs connus, étudiés et rebattus depuis des lustres, depuis que l'entreprise existe et même bien avant. Psychologues et sociologues se sont abondamment penchés sur la question. Ce qui pourrait laisser croire que nos conseilleurs professionnels misent essentiellement sur l'amnésie ou le manque de connaissances de leurs clients.

 

Plus curieusement, ils font ressortir de leur étude que le fameux rôle social, costume endossé par chacun pour aller au turbin, est une source importante de stress. Et qu'il est contre-productif. Soit. Soyons donc tous « nous-mêmes » au boulot. Selon les sondés, cela signifie qu'il ne faut surtout pas s'empêcher de rigoler. Et qu'il ne faut pas hésiter à aller au conflit. Et, pendant qu'on y est, rajoutons un pavé dans cette cour du bien-être au turbin : soyons francs dans toute situation.

 

Ainsi armés, sûr que les journées passées avec le boss, les collègues et les clients, seront beaucoup plus détendues. Sûr qu'à force de se marrer, de ne plus arrondir les angles et de leur avouer tout le mal que l'on pense d'eux (si tel est le cas), on se réveillera chaque matin léger comme une plume. Fini le stress. Finis aussi les rapports normatifs qui gèrent toute société, et à fortiori toute entreprise. Des rapports pas si nuls que ça, puisqu'ils nous ont permis de passer doucement des cavernes à l'open space, sans se donner des coups de gourdin au passage.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 9 février 2009



Commentaires

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Vos réactions
  • dupont
    Cette étude a probablement été conçue, réalisée par des parisiens qui n'ont aucune idée de la fraternité, de la cordialité ! Personnellement j'apprécie 30% des gens (collègues ou autres) et considère 50% de "goujats, malpropres, incompétents, lâches.." , donc ces derniers soit qu'ils ne valent rien et je les évite, soit je leur dit ce que je pense d'eux. Il m'arrive d'apprécier certains collègues... mais pour des raisons diverses - certains peuvent être intéressants professionnellement mais je ne déjeune pas plus d'une fois avec eux car leurs histoires - toujours les mêmes, m'ennuient; d'autres peuvent être intéressants pour discuter... mais en général ce ne sont pas les "costards-cravates-blancs-noirs" qui sont intéressants...

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  • val
    Heu, je viens de lire dans ce texte que certains se retiennent de rire au travail. C'est dommage. Moi je rigole et j'aime entendre rire, c'est une sorte de baromètre de l'ambiance au travail.
    Cela dit, c'est vrai que l'étude ne sert qu'aux personnes qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise, car on sait tous cela. Faire le caméléon, c'est un peu développer son "savoir-être". Et pour être passée dans de nombreuses entreprises et avoir observé les gens, il est vrai que certaines personnes n'évoluent pas à cause de leur comportement et de leur image. On a plus en tête l'image de la personne, sa façon de parler, que ses compétences techniques. On est tous hypocrite et alors ? Pourquoi j'irai dire à une personne tout le mal que j'en pense ? Après tout, ce n'est que mon opinion, je peux me tromper. Pareil pour ce que les autres pensent de moi. Je n'ai pas envie de le savoir, si c'est négatif. On va au travail parce qu'on a besoin d'argent, on veut quoi au fond ? qu'on nous fiche la paix, tout simplement. Il faut être très riche pour pouvoir dire "merde", alors tant que je n'ai pas gagné au loto, et bien je ferme ma gueule et je souris. Au moins, on me fiche la paix.

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  • Christophe
    Pour une fois je suis d'accord avec l'auteur (c'est TRES rare) : une étude pour rien. Ce n'est pas le salarié qui est un caméléon, c'est l'Homme. Et le théâtre ne se limite pas au cadre stricte de l'environnement professionnel.

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  • Marty
    En même temps l'objectif d'une étude c'est justement de valider une réalité, si elle correspond à un sentiment général tant mieux non??? C'est la différence entre sentiment et réalité!

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  • Demare
    Vous appelez "Open space", une avancée sociale ... c'est plutôt un outil de contrôle, et un très mauvais environnement social de travail.

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  • Olivier

    Cette étude a le mérite d'exposer un élément majeur intervenant dans les relations professionnelles : la pièce de théâtre.

    Si 50% des personnes la jouent, et si les effets sont si néfastes, c'est que l'ensemble des messages sont mal passés et qu'il est nécessaire d'aborder le sujet à nouveau. Malheureusement la fonction RH est bien représentée dans ce travers, d'après cette étude. Evidement l'entretien d'embauche joue déjà un rôle normatif, l'entrée dans la pièce de théâtre.

    Pourquoi le conflit serait-il une manière naturelle de partager un point de vue ? Il existe certainement des manières plus créatives pour infléchir l'autorité du chef !

    Le travail, outre moyen d'assurer sa subsistance, n'est-il pas intrinsèquement facteur de développement intérieur, vers plus de maturité ?

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  • camarrieu
    il y a eu aussi l'étude qui démontrait que le plus tenace , le plus pugnace était le patron qui réussissait le mieux ( dans l'enfoncement des portes ouvertes...ce n'est pas mal non plus...)

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