Prise d'acte de rupture ou démission à effet immédiat : Cadremploi
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Prise d'acte de rupture ou démission à effet immédiat

Rompre sur le champ, les employeurs aussi ?


Qu'un salarié puisse rompre son contrat de travail et quitter son emploi le jour-même, on connaissait. La fameuse « prise d'acte de rupture de contrat de travail » permet à un salarié de prendre la poudre d'escampette s'il juge que son patron dépasse les bornes, qu'il contrevient gravement au contrat de travail qui les lie l'un à l'autre. Evidemment, ces affaires finissent systématiquement devant les prud'hommes qui décident si la rupture est légitime ou pas.

Jusqu'à présent, seul le salarié pouvait utiliser ce joker. Peut-être plus pour longtemps.

Voilà qu'une proposition de loi déposée par la députée Bérangère Poletti, soutenue par 22 de ses collègues, souhaite donner cette même possibilité à l'employeur. De plus, leur intention est d'ajouter ce dispositif au Code du travail plutôt que d'en conserver l'usage au travers de la seule jurisprudence.

Attention, la volonté de ces élus n'est pas de donner la migraine aux DRH français en ajoutant une couche supplémentaire au millefeuille juridique de la rupture de contrat. Leur objectif est de rétablir un équilibre. Ils estiment, de leur côté, qu'il est injuste qu'un seul des signataires (le salarié), puisse user de cette rupture et que les employeurs n'y aient pas droit.

On peut néanmoins s'interroger sur la nécessité de muscler le Code du travail à l'heure ou patrons comme syndicats se plaignent de la complexité de ce dernier. On peut également se demander si le moment est bien choisi pour encombrer un peu plus encore les tribunaux des prud'hommes qui n'ont pas besoin de cela.

Car cette nouvelle loi ne manquera pas de créer de nouveaux conflits que les anciennes entretiennent déjà largement et qui saturent régulièrement ces tribunaux du travail. Et une nouvelle source de conflit n'est pas forcément la meilleure manière d'apaiser des relations sociales pas vraiment au mieux de leur forme.

Beaucoup de questions, donc, sont soulevées par cette proposition de loi. Alors qu'un texte législatif devrait plutôt apporter des solutions.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 23 mai 2011

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Dessin de Charles Monnier © Cadremploi



Commentaires

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Vos réactions
  • BL
    Bonjour,
    Avec quelques 15 années d'expérience dans plusieurs sociétés de différentes tailles, ayant été licencié, ayant moi même remercié des collaborateurs, ou démissionné ou poursuivi au tribunal, ... il me semble que la cause de la rupture dans un sens ou un autre est la perte de confiance.
    Si comme je le lis dans certains commentaires, vous n'avez pas confiance en votre employeur, dans les sociétés en général, mettez vous à votre compte et traitez alors sur une relation client / fournisseur.
    Si pour d'autres, vous vous étonnez de la rudesse des procédures qui vous sont appliquez (mise à pied conservatoire), c'est que vous avez accès à des données trop sensibles pour quelqu'un à qui on ne peut se fier.

    Après la justice peut rétablir monétairement un équilibre. Mais quand on n'a plus la confiance de son employeur ou qu'on ne veut plus lui faire confiance, alors il y a rupture.

    Je ne connais pas cette proposition de loi. Mais il me semble que dans les cas graves, les sociétés disposent des moyens de se préserver et je ne comprends pas ce qu'ajouterait cette loi.

    NB: Bien sûr, je suis bien conscient qu'il y a des sociétés qui abusent de la loi (et qui sont malhonnêtes avec leur salarié) et qu'à l'intérieur de sociétés "morales", par incompétence ou par malhonnêteté, des drh, des dirigeants exploitent les failles de la loi.

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  • Zadig
    L'expérience racontée par KimkimPhil est édifiante mais aussi banale. Nul besoin de nouveaux texte pour aggraver l'inégalité entre employeur et salarié. Quant à cacher le nom de l'entreprise, il n'y avait rien de légalement diffamant dans l'article, juste de l'information. Cadremploi aurait elle peur de perdre de la pub ...?

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  • Bernard Rinski
    Comme d'habitude ! Les grandes entreprises, par l'intermédiaire de députés dont la représentativité (SIC !!!) est connue depuis le déni de démocratie du 06 février 2006 'défendent' les pauvres entreprises qui ne pourraient pas :
    . Licencier pour faute lourde ?
    . Licencier pour faute grave ?
    . Mettre à pied immédiat pour mesure conservatoire ... Quand elles sont raisonnables ?

    Leur donner le droit de foutre les gens à la porte de façon tout à fait unilatérale ? Mais c'est déjà fait Mesdames et Messieurs les Députés !!!

    Donner encore plus de poids à ces brigantreprises, qui fortes de toute leur masse, appuient sur quelques personnes ... Pots de fer contre pots de terre !

    Quand, Grands de ce monde, représenterez-vous le peuple ? Jamais ! Il faudra vous arracher la Démocratie de force ...

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  • caro
    cette proposition est totalement absurde car la jurisprudence qui admet la prise d'acte de rupture par le salarié et son départ sans respect du salarié a pour but de protéger le salarié victime et tient compte de la cohérence du dispositif à savoir qu'il part... il est assez scandaleux et abhérant de parler d'équilibre en la matière, l'employeur pouvant en effet dispenser le salarié de préavis sans coùt en cas de faute grave me semble-t-il.

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  • DIALLO
    Bonjour,

    J'ai été licencié motif atteinte à l'image de mon entreprise parceque j' ai utilisé l'outil de travail qui m'était confié dans le cadre de mon travail à des fins personnels,je conteste mais je ne sais pas comment faire? merci.

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  • DIALLO
    Bonjour
    je viens vers vous savoir pour savoir au bout de combien de temps on peut contester un licenciement, il y a t il une date butoire? pour revendiquer ses droits .
    En effet j'ai fait objet de licenciement que j'estime abusif et non réglementaire, procédure non respectée car non assisté par le délégué syndical.

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  • Just
    Bonjour à tous ! j'ai vécu EXACTEMENT la même mésaventure que KimKimPhil: raccompagné à la porte par mon directeur sans aucune faute ni avertissement préalable en vue d'un licenciement. J'ai perdu mon job pour l'exemple ! Je travaillais chez un géant suédois de l'ameublement: une HONTE ! aucun respect de la procédure, du salarié et encore moins de la personne alors qu'ils en font la "publicité" !
    La direction à mis le doute à mon équipe et impossible de récupérer mes dossiers pour prouver que je travaillais correctement...conclusion j'ai perdu mon job et aux prud'hommes aussi !!! quelle belle justice !
    signé: un salarié blasé
    (PS: pour ceux qui ont des enfants: faites leur faire des études de droit c'est bien utile de nos jours!)

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  • evadobra
    Il ne faut pas confondre "proposition de loi" et texte voté !!!! Des propositions de loi, il en est déposé des dizaines chaque semaine; plus de 95% restent lettre morte à jamais ! Alors, est-ce bien utile de semer la panique !

    Répondre

  • evadobra
    Il ne faut pas confondre "proposition de loi" et texte voté !!!! Des propositions de loi, il en est déposé des dizaines chaque semaine; plus de 95% restent lettre morte à jamais ! Alors, est-ce bien utile de semer la panique !

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  • dudit
    ainsi les salariés deviendraient révocables "ad nutum" à l'instar des dirigeants.au moins ceux-ci ont pour contrepartie une confortable rémunération.developper la précarité est-ce la solution?cela ne va t-il pas détruire la motivation et dégrader un peu plus la relation de travail?faudra t-il se donner à fond si on sait qu'on peut etre débarqué du jour au lendemain?la stabilité n'est-il pas la base d'un travail de qualité?

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