A travail égal, salaire égal, même en cas de fonctions différentes : Cadremploi
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A travail égal, salaire égal, même en cas de fonctions différentes

Tous au même salaire ?


Vu comme ça, de loin, c'est une nouvelle victoire sur les discriminations hommes-femmes au boulot, comme on en commente quelques-unes de temps à autre. Mais en regardant de plus près cet arrêt de la cour de cassation rendu le 6 juillet dernier, un truc nous a chiffonnés. Pas un détail de procédure, pas un alinéa C d'un article X, mais le jugement en lui-même : une bonne grosse décision bien arbitraire, unilatérale et jurisprudentielle qui risque de semer une zizanie historique dans les entreprises. De quoi s'agit-il ? De l'instauration, au cœur de l'été, du salaire unique, tout simplement.

Bien sûr qu'on exagère. Les juges n'ont pas refait la révolution d'octobre. Mais leur arrêt a tout de même un léger fumet de kolkhoze. Petit rappel des faits à l'usage de ceux - dont je suis, mea culpa et merci ma source... - qui sont passés à côté de l'Histoire en marche pour cause de torpeur estivale.

Madame X est DRH et Messieurs Y et Z sont directeurs commerciaux et financiers dans la même boite. Tous trois siègent au comité de direction, mais Madame X a un salaire inférieur aux deux autres. Et pourquoi donc ? Parce que, dixit son employeur, on ne peut comparer des salaires de fonctions différentes, même si Madame X possède le même niveau d'études (bac+5 en l'occurrence) et une expérience équivalente à celles de ses collègues. Un peu court pour la DRH. Procès, appel et ainsi de suite jusqu'à ce jugement de la cour de cassation qui donne raison à la DRH.

Ainsi, sous prétexte de statuer sur un cas de parité hommes-femmes - excellente cause en soi - les juges ont mine de rien sonné l'ouverture du festival du comparo de salaires entre fonctions différentes. Comment ? En se fondant sur un article du code du travail datant de 2008 qui définit comme égaux des travaux « qui exigent des salariés un ensemble comparable de connaissances professionnelles consacrées par un titre, un diplôme ou une pratique professionnelle, de capacités découlant de l'expérience acquise, de responsabilités et de charge physique ou nerveuse. »

Et le sacro-saint principe qui veut qu'un salaire soit défini en fonction de la rentabilité d'un poste ? Un détail balayé d'un revers de main par le service d'intérêt général incarné par ce tribunal, mais pourtant indissociable de la vie de l'entreprise. Ce qu'apporte et rapporte un cadre à son employeur est une notion floue, complexe, parfois injuste, souvent source d'animosité, de guéguerre entre services, de crêpage de brushing, de coups de santiags dans les tibias et d'éviscération entre collègues suivie de l'exposition publique des tripes fumantes du vaincu dans le hall d'entrée.

Un bûcher des vanités pas joli-joli, mais bêtement admis par l'homo laborius. Sauf qu'avec cet arrêt, les entreprises ne pourront plus s'abriter derrière les usages « du marché du travail » pour justifier des différences salariales entre postes équivalents.

Evidemment, côté employeurs, on imagine mal rester sans parade. On ne va tout de même pas laisser le commercial déprimer et s'en trouver moins performant. Croyez-le ou pas, certains pensent déjà à recruter des DRH moins diplômés. Pour continuer à les payer moins bien, en toute légalité.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 30 août 2010

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

Uniforme salarial

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Commentaires

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Vos réactions
  • bertram
    faut-il n'employer que des personnes ayant fait un minimum de développement personnel ?

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  • incroyabilis
    Triste lecture que celle de ces commentaires ;
    Et que de poncifs sur la fonction d'un DRH
    A vous qui croyez l'enterrer ds la cave sur la mise en place de procédures inopérantes et source de stress.
    A vous qui pensez encore qu'il y a des fonctions rentables et d'autre pas
    je vous invite à réfléchir.
    Quels sont les coûts engendrés par une politique commerciale dénuée d'une réflexion sur la politique de rémunération de ses forces commerciales , ou encore coûts du turnover de salariés lassés de directions qui n'affichent pas une politique claire, une stratégie , un but commun.
    Pire encore coût de procédures prud'homales voire pénales pour des affaires mal gérées.
    Oui la fonction d'un drh ne se mesure pas au CA , c'est plus subtil.
    Cette Drh dont le juge évoque aussi la charge nerveuse a dû aussi, chers messieurs, gérer les affaires délicates bien souvent devenues inextricables par ceux même qui s'affichent en force masculine et qui face à un conflit humain sont aux abonnés absents.
    Je vous le confirme , DRH de nos jours, c'est faire preuve de courage au quotidien .
    Dommage pour cette DRH qu'elle n'ait pu obtenir gain de cause autrement.
    Le monde bouge ! et la fonction RH avec.

    Longue vie aux DRH !

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  • christophe LARRUET
    Le problême vient des compétances naturelles hommes femmes, si celles ci sont plus douées pour gerer plusieurs taches basiques en même temps ou des émotions l'homme en revanche est plus motivé pour un challenge personnel, d'ou la différence obligatoire entre une DRH et des commerciaux.
    Certains poste sont encore aujourdhui exclusivement masculin parce que leurs perception spatiale ne leurs permet pas d'être efficace, c'est pas humain, c'est physique.
    Mais étais ce un juge ou une juge ???

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  • L'avocat du diable
    C'est n'importe quoi de comparer un travail de DRH à celui d'un directeur commercial ! Le premier sert pas à grand chose (supprimer le et la boite tourne tj cqfd) dans l'entreprise alors que le commercial apporte les clients.
    Bref on pourrait ecrire une tonne de démonstrations montrant la différence entre les fonctions supports et les fonctions indispensables à une société...

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  • Champ
    Permettez-moi de ne pas être d'accord avec votre édito et l'analyse que vous faites de cet arrêt de la Cour de Cassation. Celui-ci ne faisant d'ailleurs qu'entériner celui de la Cour d'Appel. Car vous édulcorez savamment, au travers de la relation des faits, le problème majeur qui se posait dans ce cas précis : la disproportion injustifiable, et injustifiée entre le salaire de la DRH et ceux des autres directeurs. De 47 KE à 72 KE voire 97 KE. Soit du simple au double !! Les juges, qui sont bien souvent logiques, pragmatiques et mesurés ont considéré simplement que :
    1)Il n'existe pas de fonctions plus nobles que d'autres au sein d'une entreprise : toutes concourent à son bon développement.
    2) Partant de là, il n'y a pas de justification à un tel écart de rémunération pour des postes au même niveau d'exigence que ce soit en responsabilité ou formation.
    Pour conclure je pense que, tout comme moi, les juges ont été choqués de cette différence de traitement et qu'il est fort probable qu'avec un écart "raisonnable" de 10% à 15% donc plus facilement justifiable, les conclusions de l'arrêt eussent été toutes autres.

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  • martine courbon
    c'est tellement vrai ...!
    en ce qui me concerne pour me "demoraliser" dans la même entreprise hotelière l'on m' adjoint un directeur d exploitation au même niveau échelon, avec moins de qualifications et de réferences, 4 ans plus jeunes et 250€ de + en salaire, ns sommes à 2 à diriger un hôtel de 60 chambres 15 collaborateurs, qui dit mieux !

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  • Catsou
    Camarades!
    C'est l'automne avant l'heure, tout de rouge vêtu il fera le bonheur des employeurs quand les feuilles de salaires tomberont.
    Sommes-nous surpris? Non que diable! Ce n'est qu'une suite logique; "pot de fer contre pot de terre", "la loi du plus fort", "l'offre et la demande","circulez y a rien à voir " (à dire plutôt...)
    Le plus inquiétant dans la société actuelle est que tous ces crimes contre les droits de l'homme les plus élémentaires sont bafoués aux yeux et vus de tous. L'immoralité a pignon sur rue, là où il n'y a pas de gêne il n'y a pas de plaisir...
    Mais étrangement, les impôts eux, ne s'alignent pas de la même façon. Qu'on m'explique, il y a quelque chose qui m'échappe?
    Ah bon, nous sommes en dictature? Nooon,ça se saurait voyons...

    Un conseil, ma chère Sylvia, savourez bien cette liberté d'écrire tant qu'il est encore temps. Moi, je savoure le mien, de dire avant qu'on ne me passe la muselière.

    Merci pour votre article

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  • Gilles Raffin
    Vieux débat que de savoir ce que rapporte chacun à l'entreprise. Pour le commercial à l'évidence c'est très facile. Pour les autres salariés qui font que les commerciaux ont des produits à vendre et fiables, des clients qui payent ce qu'ils ont acheté et qui reçoivent ce qu'ils ont commandé le lien est plus distant mais néanmoins réel. Le D.R.H qui s'assure de la paix sociale, du moral des troupes et de la motivation de chacun a, avec la même évidence un rôle central dans la constitution du bénéfice de l'entreprise. Cette décision n'est donc pas dénuée de bon sens !

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  • alceste
    mais la solution est toute simple : les DRH ne font partie des CoDir que pour donner un message de soutien à cette fonction en difficulté chronique et intégrer des femmes peu présentes souvent dans les autres fonctions. Conclusion : la DRH va redevenir la fonction personnel de grand papa bien au chaud dans les 36emes dessous de la direction financière, ou encore mieux complètement externalisée !! L'enfer est pavé de bonnes intentions....et tous ceux qui ont voulu faire de la discrimination positive vont devoir aller soit au bout de leur démarche soit à la case départ.

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  • kokosup56
    pas si Kolkoz que çà nos juges ! si le daf avait été une femme, sûr qu'elle aurait été dans le même cas que la DRH de l'histoire ! Quant à avoir une femme comme directeur commercial, il y a des branches d'activités où il ne faut même pas y penser ! Le marché du travail c'est comme dans les sanitaires, il faut suivre les panneaux "Messieurs" ou "Dames". L'avantage que l'on a, mesdames, c'est que notre espace reservé est plus propre et rangé !

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