Dire la vérité à son chef c'est bon pour la santé : Cadremploi
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Dire la vérité à son chef c'est bon pour la santé

Toute vérité est-elle bonne à dire... à son chef ?


On en crève tous d'envie. De se le prendre entre quatre yeux et de lui balancer tout ce que l'on pense de lui. De sa façon de travailler, de manager et de se comporter avec nous. Attention, pas de sa manière de (mal) se fagoter, de son haleine de poney ou de son humour de régiment. Pas d'attaque perso : que du pro. Evidemment, même armé d'arguments béton, on n'ose pas. Critiquer son chef, c'est mal. Et pourtant.

La British Psychological Society (http://www.bps.org.uk/) qui vient de se pencher sur la question, révèle dans les conclusions d'une étude, que les quatre vérités ainsi envoyées, c'est tout bon pour tout le monde. Pour le collaborateur d'abord, qui se transforme, selon les british psychologues, en « employé heureux, en bonne santé et non stressé ». Bon, sans avoir passé une thèse sur les psychopathes de bureau, on se doute un peu que de se lâcher un bon coup permet d'évacuer tout ce qu'on a sur la patate, ce qui fait un bien fou. Simplement, il nous semblait plus judicieux de choisir une bonne copine ou son carnet intime pour vidanger son trop-plein. Que nenni ! L'étude encourage à choisir son boss pour cible. Il paraît que lui balancer ce que l'on pense vraiment de lui constitue un baume de jouvence pour le manager en question. « Quand les cadres dirigeants recevaient des commentaires des employés, ils étaient plus enclins à modifier leur style de gestion et ils étaient donc perçus comme des cadres plus efficaces, » expliquent les auteurs de l'étude à propos de leurs cobayes. Car ils ont testé leurs supputations sur des cols blancs vrai de vrai pour en arriver à ces conclusions.

Et là, on se dit qu'ils sont quand même very fortiches, les cadres dirigeants englichs. Voilà des gens tellement équilibrés et tellement capable de recul sur leur propre personne qu'ils savent se remettre en question comme c'est pas permis, dès la première critique venue. Se braquer contre le collaborateur qui balance ? Il ne saurait en être question. S'enfoncer dans ses certitudes ? Pensez-vous. « Toute critique est constructive » et « tout se qui ne détruit pas renforce », ça force le respect.

Bien sûr, on ne demande qu'à y croire. Sauf que notre cartésianisme a vite fait de nous faire quitter l'Olympe des chouettes idées que-même-qu'on-dirait-que-ça-serait-pour-de-vrai. Dans la vraie vie de boulot, made in France ou n'importe où ailleurs que dans le cadre fantasmé d'une étude grande bretonne, vous aurez observé que ça se passe rarement comme ça. Parce que les managers sont des hommes et des femmes avec un affect, des sentiments, de la mauvaise foi et même du quant-à-soi. Surtout ceux qui explosent leurs 60 heures par semaine. Pour eux tout particulièrement, prendre le temps de se faire taper dessus par leurs collaborateurs (verbalement s'entend) ne fait pas partie de leurs priorités. Ce sont des gens pragmatiques.

Néanmoins, si l'envie vous prend d'appliquer à la lettre les conclusions de cette étude sur votre propre chef, nous serions ravis et curieux de connaître sa réaction. Et pour tout les autres, plutôt adeptes de la faux-dercherie, venez donc raconter votre furieuse envie de tout balancer. Ça ne pourra que vous faire du bien.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 18 janvier 2009

Charles Monnier © Cadremploi.fr



Commentaires

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Vos réactions
  • mickey3d
    Ben voilà ce serait bien qu'on puisse le faire...seulement c'est pas possible ! je fais partie des gens qui ont peur d'être mis sur le carreaux ; même envers vos collègues vous pouvez pas ! car ceux/celles-ci sont souvent plus ancien(ne)s que vous et ont de très bonne relations avec votre responsable que vous même n'avez pas. On a à peine le droit d'être soi-même en milieu professionnel (et encore !)

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  • ZorroQual
    Où sont les belles politiques d'entreprises (Qualité, Environnement, ou Politique tout court) dans lesquelles des patrons écrivent qu'ils sont les moteurs des démarches d'améliorations, les virtuoses de la productivité et de la rentabilité, et dans lesquelles ils encouragent leurs équipes à faire toute suggestion d'amélioration, à dénoncer ce qui ne fonctionne pas ?
    Pour moi, c'est du bon sens (malheureusement on en manque cruellement dès qu'on est en entreprise...): la critique non destructive doit être utilisée comme base d'une démarche de progrès. Tout patron, prêt à recevoir les honneurs en tout genre, doit également être prêt à se faire virer par son conseil d'administration s'il n'est pas en mesure d'utiliser la critique comme outil de gestion et d'amélioration.
    Passons au "critiqueur(euse)". Débouler dans le bureau de son boss en hurlant et en déballant ce que l'on a à dire "en vrac" n'est peut-être pas la meilleure approche.
    Ne pas le faire à chaud, mais préparer, structurer ses arguments, penser à des points sensibles du boss...cela conduit à faire une critique constructive.
    En clair, la critique n'est utile que si les êtres en présence ont assez "d'intelligence" pour le faire de manière professionnelle.
    Bonne année 2011 à toutes et tous.

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  • MMRCLC4
    La question centrale est peut on dire la vérité et ce que l'on a sur le cœur
    En cette époque, où l'on confond allègrement adaptation (loi sur les retraites ?) et acceptation (la météo) alors qu'en réalité c'est l'inverse, où les grands gourous de la communication nous disent qu'il faut exprimer son ressenti,son malaise, ses difficultés, aucune vérité n'est bonne à dire.
    Les questionnaires de satisfaction internes aux entreprises devraient être pré remplis avec à la fin, la question "êtes vous d'accord ?". Comme ça, on gagnerait du temps.
    Vous pouvez exprimer votre insatisfaction, mais si vous êtes satisfait, ça arrangera largement les choses.

    En tous cas, bon début d'année à tous

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  • beatrixcant
    En vous lisant, il y a une division entre ceux qui disent oui, on doit rester critique mais objectivement, et d'autres non... peur au licenciement...
    A cette époque où la vie est dur, tant pour les salariés que pour les patrons... mieux il vaut la vérité.
    Je vous raconte une situation vécue: lors de ma première semaine en entreprise mon boss me demande de faire un rapport d'étonnement.Moi, je ne savais même pas quoi cela allait l'air. Je lui ai donné un premier brouillon, alors il m'a dit, non, il faut critiquer le plus possible l'entreprise après tant d'expériences que tu en as, tu dois mieux faire que cela. Putain! je me suis dit, que je peux dire le plus ( car j'étais enchantée du milieu ambiant où je commençait à bosser). Alors je lui ai dit, je vais faire un SWOT
    J'ai essayé de faire le mieux possible en reunissant les impressions aussi de certains collaborateurs avec lesquels j'avais eu des entretiens et d'autres plus anciens que moi. J'ai voulu faire passer ce que les impressions de tous avaient en général. C'était le massacre pour l'entreprise.. en tant de weakness. Ce que je ne savais pas, ce que le boss dès qu'il a reçu mon rapport SWOT l'a filé au PDG et son adjoint... en plus, j'étais déjà dans la liste noir dès le début je me suis dit!!! Bah, non, le PDG s'est au début énervé en me questionnant pour quoi j'avais mis ceci et cela, et moi novice, j'en avais rien preparé, j'ai dit tout sur le tas, avec des suggestions de mon imaginaire. On aurait dit que le mec s'est bien pris une colère! par les critiques assez acerbes que j'ai faites. Mais pour surprise, après une réunion du COMEX il a repris tous mes suggestions pour le faire faire à ses collaborateurs! et mon boss est resté la bouche bée. Franchement, le coulot n'est pas de celui qui se croit un stratège, sinon de celui qui reconnaît que les vérités constructives et agit en conséquences pour y remédier.

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  • FEUILLIE
    Pas besoin d'une étude very british pour savoir cela!C'est une question de bon sens et un responsable incapable de se remettre en question face a des remarques d'ordre organisationnelles, de management ou relationnelles n'est pas un bon responsable et surtout pas dans une dynamique d'évolution positive,innovante et fructueuse pour son entreprise ni pour ses employés. Biensûr faire le distingo entre les raleurs nés, les tire au flan et les employés sensés! mais après tout des responsables tire au flan il y en a plus qu'on ne croit et des gros bêta aussi!!! pas besoin d'un bac plus 5 pour être con :) bonne année 2011 à tous et bon courage

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  • SAm
    Je pense que dans la mesure ou les attaques n'ont rien de personnelles, on peut tout dire, y compris à son boss. ça m'est arrivé plusieurs fois d'avoir une franche discussion avec mes collaborateurs ou mon boss et je met toujours en avant l'intérêt de la boîte, ça passe mieux ;-).

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  • pdd
    une certain Jean Louis B. a testé avec son chef un certain Nicolas S. et visiblement cela ne marche pas..Pour le bien de François qui lui n'a rien d'anglo saxon ( il sont fous ces anglais)

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  • N Pichelin
    Bonjour à tous je partage complètement l'avis de "Moi" ci dessus. (amusant ça au passage!)


    Pour ma part j'ai également testé (3-4 fois sur des chefs différents) et j'ai incité mes collaborateurs à le faire.


    Résultat : ça peut marcher mais il faut au préalable être certain que les hiérarchiques soient prêts à jouer le jeu. (donc il faut au préalable bien se connaitre et avoir confiance) ET quand ça marche c'est très très bien (aussi bien avec sa hierarchie que avec son équipe.) et cela permet non seulement d'être plus efficace mais en plus d'être beaucoup mieux dans sa peau. Par contre, il y a des circonstances ou ce n'est malheureusement pas possible (culture d'entreprise ou de l'homme) et dans ces cas là on s'expose évidement... Alors ce n'est pas une raison pour ne pas le faire, car cela peut être "vital" pour certains, mais il fait surtout envisager au préalable les conséquences de ses actes...

    Alors bonne réflexion et bon courage !

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  • Cl
    je l'ai fait aussi depuis je subis son harcèlement quotidien au travail....

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  • Michel
    Vous pensez reelement que cet article aide une personne a developper ses capacites de dialoguer efficacement avec son chef hierarchique? Je ne vois pas ici la logique de dialogue constructif, qui necessite un effort commun des deux personnes (l'employe et son responsable). Je cite: " on se doute un peu que de se lâcher un bon coup permet d'évacuer tout ce qu'on a sur la patate, ce qui fait un bien fou. Simplement, il nous semblait plus judicieux de choisir une bonne copine ou son carnet intime pour vidanger son trop-plein. Que nenni ! L'étude encourage à choisir son boss pour cible. Il paraît que lui balancer ce que l'on pense vraiment de lui constitue un baume de jouvence pour le manager en question."... Je dirai vers ou va le monde... Quel dommage!

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