Licenciement PPDA : Cadremploi
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Licenciement PPDA

Un licenciement très ordinaire


On ne va pas refaire le match. Celui du licenciement de l'indétrônable PPDA, s'entend. Reste que la France des téléspectateurs du vingt heures de TF1 s'émeut de son éviction. Du moins 55% d'entre eux, interrogés par l'Ifop pour le JDD estiment que le journaliste le plus populaire de France n'a pas mérité ça.

Evidemment, ce n'est pas à Cadremploi de dire la messe, d'expliquer que le directeur délégué de l'info de la une est viré car il a déplu au très haut, ou au dieu Médiamétrie. En revanche, en tant qu'experts de l'emploi, nous pouvons légitimement décrypter le licenciement de l'un des cadres d'une grande entreprise cotée en bourse et abonnée au CAC 40 il y a peu de temps encore. Car, après tout, il ne s'agit que de cela. Et ça nous regarde.

Donc, PPD aurait été averti de son congédiement par un SMS reçu à Rolland Garros en plein milieu d'après-midi. Passons sur la méthode abrupte, et rappelons qu'une lettre recommandée convoquant le viré à un entretien préalable est obligatoire. Mais il est un détail qui a échappé aux médias médusés et que nous autres, garants de l'ordre et addicts au code du travail, sommes dans l'obligation de relever. Est-ce qu'un manager, responsable de 200 journalistes peut décemment passer ses après-midi à suivre une baballe du côté de la Porte d'Auteuil ? Surtout, avait-il un ordre de mission signé par son N+1 ? C'est que, en cas de sortie non autorisée de son lieu travail habituel, le salarié risque de n'être couvert par aucune assurance.

Reste le cœur du problème : le motif du licenciement. On le sait, l'audience du JT de Poivre est en baisse constante. La direction de TF1 a donc pu évoquer le non respect des objectifs commerciaux pour le mettre à la porte. Sauf que, et c'est la cour de Cassation qui le dit, l'objectif en question doit figurer dans le contrat de travail de notre homme, en CDI depuis 22 ans. En plus, ce motif doit être accompagné d'autres griefs. Qui apparemment ne manquent pas. Du coup, la législation devra se pencher sur ce cas particulier et déterminer si le fait de traiter le président de la république de « petit garçon », peut être considéré comme une faute professionnelle, ou pire comme une faute lourde. Rappelons que dans ce dernier cas, le licencié ne peut bénéficier des indemnités légales.

Mais nous sommes à même de rassurer Patrick Poivre d'Arvor : il pourra néanmoins percevoir ses indemnités chômage. A condition de ne pas refuser deux offres d'emploi raisonnables, à moins d'une heure de son domicile (soit 25 km en Solex). A moins qu'il ne demande sa mise en retraite. Mais comme le présentateur et écrivain a 60 ans cette année, qu'il a commencé à travailler en 1971, et emmagasiné pile poil 37 annuités, il devra racheter deux trimestres manquants.

Cet exposé des faits, on le voit, n'est destiné qu'à rendre service à un cadre en difficulté. Car la législation du code du travail s'applique à tout le monde. Sans discrimination. C'est bien connu.



Commentaires

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Vos réactions
  • peyre
    Ce qui me choque c'est plus le procédé. Il faut se renseigner un peu pour s'apercevoir que TF1 est coutumière du fait.Virés les gens sans les avertir en premier lieu.Mais il était temps qu'il change de visage.Il y en a marre de voir des gens payer 40 000 euros par mois pour lire un prompteur.PPDA a malheureusement la réputation de ne pas faire grand chose et de piquer avec brio les idées des autres pour mieux se mettre en valeur.Je ne sais pas si c'est vrai mais j'ai entendu plusieurs de ses confrères tenir ses propos à son égard.Et après tout il est comme beaucoup de gens dans le milieu entreprise et qui en dehors sont les premiers à s'émouvoir du manque d'humanité de l'entreprise où tous les coups sont permis y compris et surtout les pires s'il s'agit de mettre son adversaire ko!

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  • diaks
    je crois bien que je vais maintenant me passer de journal

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  • PierreM
    Sauf mauvaise info, PPDA s'est vu proposer un autre poste dans l'information avec la possibilité de garder son émission; tout employé qui refuserait une offre de son employeur serait licencié pour refus de travailler.

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  • pourceaugnac
    Bravo Sylvia, mes félicitations pour cet article plein d'humour.

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  • CARMONA Sylvie
    Comment un patron est capable de mettre un salarié exemplaire à la porte ?
    Peut-il encore se regarder dans un miroir ! !

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  • sophe joly
    Il n a pas été licencié, il conserve son poste de journaliste chez tf1, et va se voir confier probablement un magazine. Certes c'est dur, mais le changement c'est bien, ce n'est pas parce que l'on présente une émission depuis des années qu'elle vous appartient. En revanche je trouve que TF1 aurait pu promouvoir Harry roselmack qui reste suppléant, plutot que laurence ferrari qui n apporte rien de plus que claire chazal.

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  • bijlsma
    Si c'est bien! Y en a marre de voir PPDA à la télé, il a fait son temps, place aux jeunes!

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  • basile
    J'ai été au chômage pendant 5 ans et je n'avais pas encore 50 ans . Quand est-ce qu'on vire Drucker ? Il a dit qu'il resterait jusqu'a la fin mais laquelle ? Charles Widor est mort à son clavier d'orgue en plein office à plus de 90 ans mais c'était plus intéressant et il créait toujours ..........

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  • Camus
    Votre article sur PPDA laisse entendre que lorqu'on dirige 200 hommes, on doit être disponible 24h/24 et 7j/7. Pourtant il a droit comme tout salarié à un repos compensatoire + 5 semaines de congés payés + des RTT. Alors pouquoi ne pas passer un dimanche après-midi à Roland-Garros ?????
    Ca énerve toujours autant les gens qui réussissent en France ! Alors quand on peut se défouler sur les malheurs de l'un d'entre eux...

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  • Grunfelder
    Merci pour les millions de Français qui se sont déjà fait licenciés sans qu'on en fasse des gros titres. d'autant plus que M.PPDA perçoit un salaire mirobolant. De plus notre journaliste s'est aussi diversifié dans d'autres domaines.
    Je tiens à préciser que je ne porte aucun grief contre PPDA, qu'il m'a semblé être un temps durant une icône incontournable du PAF français et que ses engagements personnels sur certains sujets sont dignes de respect. Mais arrêtons là la discussion.

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