E-reputation et cybertraces
Vie privée, piège public

Ras le bol. Assez. Basta. Plus d'un an que ça dure. Que les médias, tous genres confondus, nous serinent avec le cyber-flicage, la bigbrotherisation du Net, la vie privée livrée en pâture sur le Web. Avec témoignages à l'appui. Du jeune cadre mal dégrossi qui s'aperçoit, mais un peu tard, qu'il ne fallait pas soutenir les ultragauchistes de Tarnac sur le Net avant de postuler à la SNCF. Ou de la belle ingénue postulant à la direction de la communication des AA (Alcooliques anonymes) avant d'être éconduite, lorsque son recruteur la découvre sur Facebook, posant avec des yeux vitreux, un sourire béat, chargée à 4 grammes.
Évidemment, ces cas sont aussi fictifs que caricaturaux. Mais ceux que l'on nous présente dans chaque enquête sur le phénomène ne le sont guère moins. Comme s'il fallait, encore et encore, expliquer et répéter que non, caramba, ce n'est pas bon pour sa carrière de s'afficher ivre mort. Que vraiment, c'est moyen pour son évolution de mettre en avant ses opinions politiques.
Le pire dans ce faux débat, c'est de faire comme s'il n'en avait pas toujours été ainsi. Qu'avant l'avènement du www, on pouvait, en toute impunité, proclamer son adhésion à Chasse, Pêche, Nature et Tradition ou festoyer jusqu'à plus soif au vu et au su de son employeur, ou de ceux qui étaient susceptibles de le devenir. Ou même de se promener en petite tenue place de l'Etoile à 18 heures. Car c'est juste de cela qu'il s'agit avec le web pseudo-satanique : une exposition publique de tout ce qu'on lui livre. Rien de moins. Rien de plus non plus.
L'Internet fête ses 20 ans cette année. Un âge où l'on peut, normalement, revendiquer une certaine maturité. Visiblement, l'outil est en avance sur ses utilisateurs qui n'ont pas tous capté le côté publique de l'affaire. Mais comme l'époque est aux garde-fous, on ne devrait pas tarder à voir fleurir sur les réseaux, un avertissement comminatoire du genre de celui qui orne les programmes télé et qui indiquerait que tout « élément mis en ligne est susceptible de choquer la susceptibilité de n'importe qui, ami ou ennemi ».
En attendant, les recruteurs continueront à googliser les candidats. Et certains continueront à refuser ceux qui exhibent leurs opinions et leurs soirées orgiaques sur le Net. Parmi ces RH, il y a ceux, à côté de la plaque, qui estiment aussi qu'un bon cadre ne saurait avoir d'opinions politiques et ne doit surtout pas boire un coup.
Et puis, il y a ceux qui estiment qu'un candidat qui n'a pas suffisamment de jugeote pour ne pas s'afficher ainsi en place publique ne mérite pas le poste. Une dernière position qui, si elle est discutable, n'en mérite pas moins d'être discutée. Ci-dessous (vos commentaires), n'hésitez pas. Sous pseudonyme, on ne vous en voudra pas.
Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 13 juillet 2009


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incroyable mais vrai !!
et quel défaut de déontologie et esprit étriqué et totalitariste faut-il avoir pour essayer de savoir comment où et quand les hommes et les femmes de ce monde font l' amour , votent , s' amusent , se distraient, échangent ......et tout çà pour arriver à en recruter un !!!!!!!!!
Lilie DRH senior
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Aux candidats d'être prudent. Si on a des photos où on est bourré, inutile de les mettre sur le web pour paraître "cool".
Idem sur les opinions politiques. Même les plus "modérées" déplairont toujours à certains.
Et qui dire des orientations sexuelles ?
Alors sur le net méfiance toujours.
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Internet fait encore figure, d'un coté du monstre qu'il peut être (toile géante dans laquelle on s'englue et où aucune intimité n'est admise), de l'autre, d'un inconnu qui inquiète et dont on se méfie comme de la peste.
Ok, il a 20 ans. Bon anniversaire !
Cependant, malgré ce « bel âge », il est encore un bébé aux yeux du public que nous sommes. La prochaine génération, née en plein dedans et qui, surtout, deviendront parents en l'ayant toujours connu (et utilisé).
De nos jours, une grande majorité l'utilise pour regarder les « pages jaunes » plutôt que d'ouvrir le lourd bottin.
J'exagère ? Surement. Un peu…
Les recruteurs sont de cette même trempe. Ils hésitent encore entre le monstre et l'inconnu. Ils tâtent ses limites (et les leurs par la même occasion). Parce qu'aujourd'hui, être recruteur ET ne pas utiliser Internet ferait passer pour un has-been dans les cercles RH.
Mais utiliser un outil sans le connaitre, c'est là où se trouve LA difficulté du moment.
Bizarrement, le sujet n'est pas nouveau. Il se reproduit. Comme toute révolution qui a obligé les hommes, les femmes, les pays, les DRH à s'adapter.
Les candidats l'ont mieux compris aujourd'hui.
Du moins, tout ceci n'étant que mon opinion d'ex/futur candidat !
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Parmi eux un cousin, perdu de vu, qui m'a fait part de sa surprise face à cette méthode intrusive (texto : bonjour, je suis Y, vous connaissez X » ?)
Quel est le but recherché d'un tel flicage sans lien avec le poste ?
La recrutrice a cumulé les erreurs : envoi d'un email de 3 lignes consternant (« vous avé un bon CV »: incapable de conjuguer le verbe avoir), sous traitement du test de langues car elle ne parlait pas 1 mot d'anglais. Ce cabinet avait pour adresse une maison particulière près de Toulouse.
Qu'on vérifie les diplômes les compétences, les références, les bulletins de salaire mais se permettre comme l'a fait M.M de contacter des homonymes, c'est du flicage, sans rapport avec le poste a pourvoir. Ce cabinet était prêt a tout et surtout a n'importe quoi.
A quand l'appel a un ami pour prise de référence (comme dans les jeux télé)? Lamentable illégal et scandaleux.
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