Mon recruteur est une machine
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Mon recruteur est une machine


Le recrutement n'échappe pas à la robotisation, à l'automatisation de son processus. Par la faute (ou la grâce) de l'Internet et de l'informatique, le nombre de candidatures pour chaque annonce a décuplé, et des tamis électroniques qui effectuent un premier choix de CV ont été mis en place.

Une première sélection est rendue possible grâce à l'adjonction dans ces logiciels de mots-clés. Les CV où ils ne figurent pas ont peu de chance de parvenir jusqu'à un recruteur. Tenir compte de cette automatisation est donc essentiel, et ne pas s'y conformer est, dans de nombreux cas, une garantie de ne jamais voir son CV lu par un œil humain.

Le logiciel de tri cet inconnu

L'idée de trier automatiquement l'afflux de candidatures est peut-être récente au niveau de l'histoire de l'humanité, mais elle remonte à la préhistoire de l'Internet. Dès la fin des années 90, des ingénieurs s'inspirent de systèmes de traitement de données et des moteurs de recherche pour développer des « tamis » assez simples. Le logiciel va fouiner dans les CV qui atterrissent par mail ou formulaire dans l'ordinateur où il est placé. À lui de vérifier qu'y figurent bien une série de mots-clés qu'il aura ingurgités auparavant, saisis par des mains bien humaines. Selon le curseur fixé par le recruteur, les CV qui passent cette première sélection devront contenir deux, cinq ou dix de ces fameux mots-clés. Ces derniers ne sont pas piochés au hasard et proviennent de la fiche profil ou de la petite annonce de recrutement.
Aujourd'hui encore, de nombreuses entreprises travaillent avec des outils de ce type. Mais les nouveaux logiciels vont beaucoup plus loin. Ils se sont enrichis au fil des ans pour devenir l'outil principal et presque unique du recruteur. Les derniers nés permettent non seulement de trier les candidatures, mais aussi de les suivre durant tout le processus de recrutement et de gérer la mobilité interne du candidat lorsqu'il est embauché. Plus fort encore, certains de ces logiciels vont jusqu'à effectuer eux-mêmes une recherche sur Internet. Ils fouillent tout seuls le Web et les CV-thèques (après que l'entreprise a souscrit un abonnement) pour rechercher la perle rare. Celle qui aura dans son CV tous les mots-clés que la machine aura appris. Et l'importance de ces machines pourrait ne pas s'arrêter là. Car pour simplifier ce tri, leurs concepteurs ont créé un langage commun, le HR-XML. Dérivé d'un format existant, il faciliterait le traitement automatique des CV du monde entier. De nombreuses entreprises (Oracle, Manpower, Adecco, etc.) se sont réunies dans un consortium destiné à promouvoir le HR-XML pour qu'il devienne le standard international du CV.

Faut-il déposer son CV dans une CV-thèque ?

Déposer son CV sur un site Web revient à accepter de se faire chasser. Pas à coup de plomb, mais par mail et plutôt par un recruteur en mal de candidats que par un chasseur énervé. C'est ce que permettent ces bibliothèques de CV appelées « CV-thèques » ou « candidathèques ». La règle du jeu est simple : vous enregistrez votre CV dans cette gigantesque base de données, et ce sont les recruteurs qui vous contactent si votre candidature les intéresse. Évidemment, mieux vaut choisir des sites à forte notoriété, car ils ont plus de chance d'attirer les entreprises. Les inconvénients d'une telle démarche ? Les formulaires sont longs à remplir la première fois. Et il faut penser à les actualiser régulièrement, faute de quoi votre CV apparaîtra en lointaine position dans une liste de requêtes et aura moins de chances d'être ouvert.

Je te dirai les mots-clés...

Quand on postule via le Web, il faut donc souvent composer avec les logiciels de tri. Et mettre toutes les chances de son côté pour passer à travers des mailles du filet. Pour y parvenir, il faut tenter de reconstituer la liste du recruteur. Celle des mots-clés qu'il aura injectés à sa machine à trier. Le plus simple consiste à lire attentivement l'annonce et à noter les mots importants. Cela concerne tous les termes employés, dans toutes les rubriques. Du secteur d'activité à l'intitulé du poste ou l'expérience exigée en passant par le niveau d'études, ils doivent se retrouver dans le CV pour que ce dernier passe le premier barrage. Et attention à utiliser le bon terme. Si l'annonce précise que le poste est destiné à un « ingénieur d'affaires », il convient d'utiliser cette expression exacte en titre ou dans la description d'un poste de la rubrique « expérience ». Si vous avez exercé cette fonction, mais qu'elle était baptisée « ingénieur commercial », reprenez mot pour mot l'intitulé de l'annonce, c'est plus sûr. D'où l'utilité d'adapter son CV à chaque offre à laquelle on répond.
Toujours au registre des curiosités, certaines annonces précisent des termes techniques, outils informatiques ou systèmes que le candidat doit maîtriser. Même si vous estimez inutile de les noter sur votre CV tant il vous paraît évident qu'un professionnel doit savoir les maîtriser, il faut les répéter, sous peine de passer à la trappe. Et attention aux erreurs d'orthographe ! Le logiciel de tri, qui n'est pas un correcteur de fautes de français, ne reconnaîtra pas le mot qui se dissimule derrière une coquille, et un diplômé de l'Essec, même major de sa promo, a peu de chance de passer le premier tri s'il a écrit « Esec ».
Parmi les mots-clés que les candidats oublient souvent : les secteurs d'activité des entreprises qui figurent sur leur CV. Ils sont pourtant vitaux, car c'est l'un des premiers critères de sélection du recruteur à la recherche d'un professionnel qui connaisse son propre secteur. Ne pas les avoir indiqués peut disqualifier un candidat.

À chaque candidature, un CV

Cette dictature du logiciel de tri et l'obligation faite au candidat de respecter les mots-clés ont un gros inconvénient : elles l'obligent à revoir son CV à chaque candidature. Pas question, évidemment, de le transformer chaque fois de fond en comble. Ni la mise en page, ni le fond, ni les rubriques adoptées n'ont besoin d'être modifiés. En revanche, le titre, l'intitulé des fonctions exercées et certains termes, inutiles pour telle offre devront y être inscrits si l'on suppose qu'ils font partie des mots-clés d'une autre. Et donc, sont indiqués dans l'annonce. En outre, il va falloir faire une sérieuse entorse à son sens de la belle langue écrite. Si généralement on pourchasse sans relâche les répétitions, elles retrouvent aujourd'hui une légitimité. Si une annonce s'adresse à un directeur des ventes et que l'on a exercé cette fonction dans trois entreprises différentes, il ne faut pas hésiter à en faire le titre de son CV et à le préciser à trois reprises.

« Lorsque je reçois un CV par mail, je vais directement à l'essentiel : les compétences techniques et les langages maîtrisés. Si les unes et les autres nous intéressent, on appelle le candidat dans les dix minutes. Avant l'entretien, il remplit un volumineux dossier de quatre pages où il développe ses expériences de façon plus qualitative. C'est ainsi que l'on teste l'écrit. Finalement, le premier CV n'est qu'une vitrine, mais il doit être soigné pour donner envie d'aller plus loin. » Valérie Lyon, DRH D'ACTI, SSII.

Extrait du Guide du CV, Michel Holtz, Groupe Express Editions, Collection Cadremploi



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