Choisir de rester
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Choisir de rester


Vous occupez le même poste depuis quelques années. Vous adorez votre travail et pourtant, l'inquiétude vous gagne : vous n'avez pas de possibilité d'évolution et un CV à expérience unique. Que faire ? Rester ou partir ? Si vous ne changez pas d'entreprise, une seule solution : l'« intraprenariat ».

C'est un dilemme. Et la balance des sentiments est en équilibre. D'un côté, la boite où vous bossez depuis quelques années. De l'autre, une furieuse envie d'aller voir ailleurs, du côté de la nouveauté. Pourtant votre situation actuelle fait des envieux. Votre boss ? Un amour. Vos collègues ? Des crèmes. Et côté boulot, c'est le beau fixe : votre boite surfe sur un marché en plein devenir et votre quotidien est passionnant.
Seulement voilà. Vous pensez à demain, à votre employabilité et à la manière dont un DRH auscultera votre CV dans quelques années. Car dans votre job actuel, au niveau évolution, c'est le désert du Ténéré. Votre supérieur direct, c'est le boss lui-même. Il est à des années lumière de la retraite. Vous êtes puni à occuper le même poste et exercer les mêmes fonctions ad vitam aeternam. De quoi vous retrouver affublé d'étiquettes aussi seyantes que « routinier » ou « pantouflard ». Si d'aventure, un jour, en 2010, un recruteur ou un consultant daigne encore jeter un cil sur votre CV à expérience unique. Vous vous voyez lui expliquer que l'ambiance au bureau était trop top ?

L'« intraprenariat »


Rester ou s'en aller ? Les deux. Si vous n'arrivez pas à quitter votre prison dorée, il faut y rester, mais en changeant de fonction. Si un collègue s'en va et que sa place est chaude, il est évidemment indispensable de sauter sur l'occasion. Mais s'il faut en passer par une guerre de tranchée pour voler le job d'un copain, évitez. Non seulement la démarche est répugnante, mais de plus, vous pourrez tirer un trait définitif sur la bonne ambiance au bureau.
Pour vous en tirer, une seule solution : devenez « intrapreneur ». C'est un jeu très tendance depuis que le turnover des cadres s'est ralenti. Il consiste à créer dans son entreprise, un département, un service, voire un simple poste au sein d'un service existant. Tout le monde s'accorde à vous reconnaître d'incroyables qualités de négociateur ? Créez votre poste d'acheteur. Acheter mieux et moins cher peut rapporter gros à votre entreprise. Rares sont les chefs d'entreprise longtemps insensibles à cet argument. Vous avez la fibre sociale ? Nombre de PME, dont la vôtre peut-être, n'ont d'autres postes en RH que ceux dédiés à la paie. A vous de convaincre la direction qu'avec les recrutements en cours et les juniors en poste qui s'impatientent, une fonction plus axée sur le social est indispensable. Et qu'un peu moins de négligence dans la gestion du personnel permettrait de gagner en productivité.

Préparer son dossier


Quelle que soit la voie choisie, il va falloir « vendre » l'idée à votre patron. C'est qu'elle risque d'engendrer quelques dépenses, à commencer par votre transfert. Car si vous quittez votre poste pour créer cette nouvelle fonction, il faut vous remplacer. Or un recrutement coûte du temps et de l'argent. Alors, il va falloir argumenter. Et prouver que votre bébé va améliorer la rentabilité de la boite, qu'il ne s'agit pas de vous faire plaisir ou de booster votre carrière, mais de faire gagner de l'argent à l'entreprise, soit directement, soit par la bande en améliorant son image ou ses process.
Pour sortir du bureau du boss avec un grand sourire et son plein accord, il faut travailler son idée et ficeler un dossier solide. L'opération doit être chiffrée, planifiée et il ne faut pas négliger d'y inclure quelques formations pour votre petite personne : elles rassurent la direction et ne coûtent pas chères, puisqu'elles sont prises en charge au titre de la formation professionnelle.
Bien sûr, il n'est pas certain que le boss cautionne votre nouveau projet. Mais quelle que soit sa réponse, il n'y pas de risque à passer pour un intrapreneur à ses yeux. Au mieux, il se découvrira un bras droit, comme lui soucieux de faire progresser son entreprise. Au pire, il s'empressera de sous-traiter votre bonne idée arguant qu'il vaut mieux laisser l'entreprise sur son cœur de métier. Enfin, s'il préfère embaucher un expérimenté sur cette nouvelle fonction, vous saurez à quoi vous en tenir.



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