Comment réintégrer une entreprise après une expérience en solo ?
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Comment réintégrer une entreprise après une expérience en solo ?


Les chiffres sont accablants. Une création d'entreprises sur deux finit sur un échec dans les cinq ans. Or pour celui qui a mené une expérience en solo, il est difficile de retrouver une place comme salarié. Voici comment y arriver.

Qu'on se le tienne pour dit, la prise de risque n'est pas toujours valorisée auprès des DRH. « Mon profil atypique attire plutôt la suspicion » juge Frédéric, 38 ans, qui a dirigé pendant quatre ans une petite SSII et cherche aujourd'hui un poste de cadre en marketing. « On me demande toujours si je ne suis pas surqualifié pour le poste et si je ne vais pas m'ennuyer. » Difficile de prouver qu'on supportera facilement de ne plus être en haut de la hiérarchie...

Sonder ses motivations

« C'est au candidat de sonder ses motivations », précise Philippe Lesage du cabinet de recrutement Alexandre Tic. « Il doit pouvoir dire avec franchise pourquoi son entreprise a fermé sans éluder sa responsabilité, et aussi mettre en avant ce qu'il en a retiré. Sinon le recruteur se demandera toujours si le candidat a évacué son rêve ou s'il vient se refaire des forces. »

Mais la culture économique française commence à changer et les étudiants en école de commerce, plus que leurs aînés, rêvent de voler de leurs propres ailes. Il faudra donc à l'avenir compter avec ces acteurs qui feront des allers-retours entre indépendance et salariat.

Des carrières linéaires plus rares

« Aux Etats-Unis, on dit que les échecs permettent de se construire » témoigne Pierre van der Broek du cabinet de recrutement Nim Interim Management. « Les carrières linéaires deviennent de plus en plus rares » constate Dominique, 50 ans, qui après avoir travaillé comme consultant puis monté un cabinet de conseil cherche à réintégrer un poste de cadre. « Etre entrepreneur, c'est savoir gérer des crises, prendre des décisions et manager. C'est avoir un caractère qu'on ne retrouve pas toujours chez ceux qui ont fait leur carrière au même endroit. Cela peut intéresser un groupe qui cherche du sang neuf. »

Alors les ex-entrepreneurs, nouvelle force vive des entreprises ? Tout dépend du profil et de la capacité à s'adapter. Celui qui pendant dix ans a mené sa barque sans rendre de comptes risque toujours d'être perçu comme non-adaptable. Pourtant, une formule permet aux entreprises de mettre valoriser ces profils à l'expérience bien trempée.

Le management de transition comme solution ?

Le management de transition est un peu l'intérim des cadres supérieurs, et s'adresse plutôt à des profils seniors. Une mission temporaire de management dans une entreprise pour gérer un changement, un projet ou une succession.

« Quand il s'agit de courte durée, il est plus facile de convaincre le client que notre candidat à forte personnalité est l'homme de la situation » reprend Pierre van der Broek. « C'est quelqu'un qui possède toute les compétences du manager, mais il ne sera pas pris dans les jeux politiques internes et n'a de compte à rendre que sur l'efficacité de sa mission. « Et selon le choix du candidat et les opportunités, le statut peut être durable ou servir de marchepied pour faire connaissance et intégrer une entreprise.



Commentaires

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Vos réactions
  • jean claux
    Tout à fait d'accord avec le commentaire précédent! Par ailleurs on retrouve souvent face aux recruteurs ces peurs de la surqualification ou de l'ennui de ne plus commander. Pas facile de démonter ces aprioris même en relevant la notion d'expérience et le côté non politique de notre position vis à vis du personnel assis et qui cherche à se positionner vis à vis d'une direction qui justement recherche du sang neuf. Après 7 ans et un échec retentissant qui a laissé des traces, comment revenir? J'ai du travailler en free lance et à la mission intérim pour coller à mon job. J'ai essuyé de nombreux refus avec cette étiquette justement relevé dans cet article. Mais bon, faut rester vigilant, opportuniste, continuer sa route l'esprit en alerte et tout arrive !

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  • romanjeremie
    Les entreprises gagneraient à être plus ouvertes pour ce type de profil. Moi-même me reconnaissant dans la description, je trouve que les entreprises dirigées par des entrepreneurs actionnaires sont plus ouvertes et à l\'écoute. Les entreprises gérées par des managers non actionnaires ont souvent une culture trop \"corporate\" et lisse pour voir les qualités de ceux qui ont pris le risque de lancer une structure.
    Amicalement,

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