Comment réussir sa période d'essai sans se crasher
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Comment réussir sa période d'essai sans se crasher


« Une période d'essai, c'est un peu comme un plan de vol. » On doit la métaphore à Armand Mennechet, l'auteur du livre "Réussir sa période d'essai". Avec lui, survolons quelques consignes de sécurité...

Bienvenue à bord

Vous venez d'être recruté : considérez votre période d'essai comme l'ultime trajectoire vers votre titularisation officielle. Partez serein : vu le temps et l'énergie nécessaires à un recrutement, votre supérieur a tout intérêt à ce que cette période se passe bien. Malgré tout, depuis que sa durée légale a été étendue en 2008 à quatre mois, renouvelables jusqu'à huit mois pour les cadres, il faudra savoir ménager ses efforts dans le temps.

 

Le plan de vol

Aux commandes de votre nouveau poste, vous devez avoir une vision claire des attentes de votre hiérarchie. « Consacrez vous en priorité aux missions qui vous ont été confiées et montrez votre autonomie sans vous disperser dans d'autre dossiers », explique notre spécialiste. Et n'hésitez pas à poser toutes les questions utiles à votre manager et à vos nouveaux collègues. C'est un signe d'intérêt, pas de faiblesse.

 

L'embarquement

Soignez votre arrivée et votre première impression auprès de votre manager et de votre n + 2. N'oubliez jamais que c'est une phase où vous serez observé et jugé par tous. Si personne n'en prend l'initiative, faites le tour de votre service et des collègues « collatéraux » avec qui vous devrez collaborer et présentez-vous.

 

Le décollage

« Même si la période d'essai prévue est longue, tout se joue durant les deux-trois premières semaines, comme une montée en puissance », assure Armand Mennechet. C'est le temps imparti pour vous familiariser avec votre environnement professionnel, vos fonctions, dossiers et autres clients. Un peu de zèle ne nuit pas, mais attention à maîtriser sa vitesse de croisière. Il ne s'agit pas de s'essouffler à mi-parcours. De même, si vous sentez le moindre flottement, n'hésitez pas à solliciter un entretien pour rectifier le cap.

 

Les consignes de sécurité

Notre expert insiste sur la notion de « justesse » en tous lieux. Vouvoiement, tenues vestimentaires, pauses, horaires : adoptez la culture de l'entreprise. A la cantine ou au restaurant, glanez des informations mais gardez vos distances, et certains commentaires pour vous.

 

L'atterrissage

Si tout se passe bien, le terme de la période d'essai marque la fin officielle de la phase de recrutement. Attention, c'est davantage une étape qu'un aboutissement. Cette « première impression » reste un tremplin pour le reste de votre carrière au sein de l'entreprise.

 

Des perturbations ?

Une zone de turbulences n'est pas exclue si l'entreprise décide de renouveler votre période d'essai. Bien sûr, un entretien avec votre manager s'impose. « En même temps, il faut aussi prendre en compte certaines réalité économiques, observe Armand Mennechet. Dans les deux tiers des cas, actuellement, le salarié voit sa mise à l'épreuve prolongée parce que l'entreprise manque de visibilité sur son propre avenir. »

 

Le débarquement

Si votre employeur décide la rupture de votre période d'essai, tâchez surtout de comprendre pourquoi et à en tirer des enseignements. Maigre consolation : s'il n'est pas agréable à vivre, il ne peut être trop brutal, sauf s'il intervient dès la première semaine. Le préavis prévu passe à 48 heures entre 8 jours et un mois de présence, à deux semaines après un mois et à quatre semaines après trois mois.

 

L'issue de secours

En vertu de l'article L. 1221-20 du Code du travail, la période d'essai permet à l'employeur d'évaluer vos compétences, mais aussi « au salarié d'apprécier si les fonctions occupées lui conviennent ». Vous vous êtes trompé en acceptant ce poste ou il ne répond pas à vos attentes ? Ou, mieux, une meilleure opportunité se présente ? La loi plaide en votre faveur. Lorsque le salarié décide de lui-même de mettre fin à une période d'essai, il n'est tenu, après 8 jours de présence, qu'à un préavis de 48 heures, quelle que soit la durée effectuée.



Commentaires

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Vos réactions
  • nicolas
    Bon rappel, effectivement. Dommage que, par temps de crise, on ne puisse pas vraiment profiter de cette période pour vraiment claquer la porte !

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  • thierry
    bonjour

    lors d'un arrêt de période d'essai y a t'il droit à l'indemnisation chômage si l'on a quitté un poste pour prendre ce poste.
    cordialement

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  • Karine
    Très bon rappel, synthétique tout en étant assez détaillé ce me semble ! :)

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  • Vince
    Je viens de vivre ce type de crash, avec une période d'essai de 15 jours (mission de 3 mois), 1ère expérience intéressante en 25 ans de carrière. Cela avait bien mal commencé avec un contrat perdant / gagnant (ICCP et IFM incluses dans le salaire brut à 80 %, jamais vu ça !) et je me suis accroché (besoin de gagner ma vie et remettre le pied à l'étrier après 9 mois de recherche d'emploi + ou - active, un "break" + ou - choisie..). Bref 1ère semaine intense avec bcp de pression et d'incompréhension (j'aurai dû me refaire repréciser les consignes de mon N+1, quitte à les reformuler, et ce pour le dédouaner de son stress... peu justifié). Je lui ai proposé de revenir travailler un jour supplémentaire (le choix du 4/5 pour me laisser du temps en cas d'entretien pour un poste éventuel d'après 3 mois de mission) afin de montrer ma détermination pour cette mission et essayer de sécuriser le N+1 et le N+2. Résultats 39 h la 1ère semaine et 34 h la 2de au lieu de 28 hebdo !!! Ils m'avaient mis en garde la 1ère semaine en me demandant de produire de la "page", ce que je sais faire (j'ai déjà réalisé des diagnostics territoriaux)avec une méthodo empirique (principe de l'entonnoir à données qu'on mixe, trie, reconditionne et analyse en "sortant du cadre")sachant pertinemment que j'aurai "produit" ce qu'ils voulaient à la date prescrite (laquelle a changé plusieurs fois, le délai étant raccourci d'une semaine, ce qui ne me paraît pas sérieux car même avec un client "exigent", on peut le "driver"). Et heureusement que je ne me suis pas cantonné aux simples données par leur client, car insuffisantes ou à réactualiser (au risque d'interprêtation falacieuse, ce qui m'a contraint à en chercher de + récentes ou pertinentes sur le Net, travail qu'ils n'ont pas pris en compte, n'en comprenant pas l'intérêt même après explications. Bref crashé au bout de 2 semaines. Très riche expérience, que je ne souhaite pas renouveller, d'autant qu'il me faut "jouer de la voix" et du recommandé pour obtenir gain de cause pour mon solde de tout compte, car là aussi j'ai failli me faire "arnaque"(comme pour le contrat, signé le jour de mon embauche, avec le fait accompli... de l'ICCP/IFM incluses dans le brut, à la limite de la légalité....). Comme quoi, hormis mes quelques défaillances (fonctionnement sous forme systémique, alors qu'on me demandait du séquentiel...), il y a des "méchants" pas "cleans" parmi les employeurs. Il est vrai que je peux être un peu têtu, bélier et breton; ce qui m'aide pas.

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  • Frederic
    Tout à fait d'accord !! La période d'essai est dans les 2 sens: - l'entreprise teste le salarié et le Salarié teste l'entreprise

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  • Sophie
    J'adore ! Surtout la fin qu'on a tendance à oublier... ;)

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