"Comment survivre à un patron conflictuel"
Accueil  > Conseils > Conseils carrière > "Comment survivre à un patron conflictuel"

"Comment survivre à un patron conflictuel"


Un boss comploteur ? Narcissique ? Tyrannique ? Qui n’a pas deux grammes de leadership dans le sang ? Ou tout ça à la fois ? Le Professeur Luc Brunet, spécialiste en psychologie du travail à l’université de Montréal, nous explique comment faire avec. Ou pas.

Ce qui ne nous tue pas...

Le conflit ? Que cela nous plaise ou non, ce dernier est une composante de la vie de tous les jours. Et, bien qu’il soit vu comme stressant, il est en vérité un facteur important de progression… quand il est bien compris et géré. Il a un autre bon côté : le conflit n’est jamais insoluble. Quand deux individus ou deux groupes veulent s’entendre, et sont prêts à discuter du fond du problème plutôt que de leurs positions divergentes, il y a toujours moyen d’y arriver.

Évidement, la situation se corse lorsque l’on est en état de subordination et que l’autre personne avec qui nous sommes en désaccord s’avère être notre patron. Que faire si ce dernier fait preuve d’une personnalité, et par conséquent d’un leadership, problématique? Envoyer sa lettre de démission ? Heureusement non.

Il s’agit évidemment d’identifier clairement le (patron à) problème en se rappelant que - nos organisations de travail étant des microsociétés – on y retrouve des collaborateurs plus ou moins bien adaptés et ce peu importe le niveau hiérarchique. Ainsi, il est possible de retrouver dans nos institutions entre 7 et 9% personnalités problématiques. Patrons compris. Voici comment les reconnaître, pour mieux les désamorcer.

Le patron comploteur et intrigant

Cet individu, sous des allures joviales, cache un besoin de contrôler les autres ni vu ni connu. Il peut verser dans la manigance et utilisera préférablement la démagogie pour arriver à ses fins. N’entrez pas dans son jeu. La résolution du problème n’est pas si facile : si possible, changez de poste !

Le patron bonasse

Pour cet individu, il n’y a jamais de problème, vous vous en faites pour rien. Il est incapable de dire non et de prendre une décision. Il attend que le temps règle les problèmes. Il est un grand spécialiste… de l’évitement en cas de conflit. Bref, ne comptez pas sur lui pour trouver des solutions ou vous aider dans ce sens. Solution : faites le vous-même. Un affrontement avec l’individu risquerait de vous frustrer. Par contre, si possible, faites vous connaître de son supérieur.

L’incompétent

Ce type est toujours en retard, ne prépare pas ses dossiers, ne se rappelle jamais de rien et il perd toujours quelques documents. Il ressemble au patron bonasse en plus stressé : il n’est pas capable de résoudre les problèmes, ne sait jamais rien et se voit obligé de tout repousser aux calendes grecques. Pour survivre dans cette situation ? Là encore, l’indépendance est la clé. Essayez de régler les problèmes sans son aide, proposez lui des solutions… Mais, gare, s’il a été nommé à un poste d’autorité malgré son incompétence, c’est qu’il sert généralement les intérêts politiques de l’un de ses supérieurs.

Le narcissique

Ce patron là a l’impression d’être exceptionnel et de mériter plus que les autres. Comme le comploteur, il aura tendance à manipuler les autres, pour atteindre ses buts. Comment faire ? Ne vous attendez pas au donnant-donnant. Essayez de ne pas trop le contredire mais méfiez-vous de ses manoeuvres.

Le tyrannique

Dernier profil type, celui là aura tendance à exercer sa domination sur les autres par la peur et par la force. Il n’hésitera pas, par exemple, à injurier ses employés et à les rabaisser. Pour gérer cela, il va vous falloir gagner sa confiance et aussi lui montrer que vous êtes fort et compétent.

En conclusion

Rappelez-vous que l’on peut faire changer des comportements mais pas la personne. En attendant, l’important est de survivre dans ces situations sans y laisser sa peau.

Le professeur Luc Brunet
Le professeur Luc Brunet enseigne au sein du programme de psychologie du travail et des organisations du département de psychologie de l’université de Montréal depuis 2001. Il a auparavant exercé en tant que psychologue du travail et a publié une vingtaine d’ouvrages sur le sujet. Ses recherches et interventions portent sur la santé psychologique au travail, le harcèlement psychologique, le climat organisationnel, le mi temps de la vie professionnelle et l’efficience des organisations. Il est aussi professeur associé à l’université de Mons, en Belgique. En savoir plus.


Commentaires

* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.




Vos réactions
  • danbo
    Ca m'est arrivé plusieurs fois de rencontrer ce type de cinglé, et heureusement qu'il y a des lois, sinon, je les terminais à la cow-boy avec mon poing dans le pif, d'autant plus que je suis un calme même si je monte vite dans les tours !
    Parfois, et c'est ma théorie, issu d'un de mes frères qui faisait de la boxe, il faudrait remettre les choses en place et laisser la psychologie de côté:
    Acte 1:
    le gars m'engueule ou a ses humeurs..
    Acte 2:
    Je ne lui laisse pas le temps de lui expliquer ma théorie de la répartie orale, je lui file un pain sur la figure. Le gars est comme assommé !
    Acte 3:
    Pendant qu'il récupère assis par terre en général, je lui prends une oreille et je lui glisse gentiment comme par amitié:
    "Euh! Vous étiez en train de me dire quelque chose sur un ton qui me rend un poil sensible, je crois ! Bon, alors, c'est quoi le fond du problème ?"
    Acte 4:
    Je lâche l'oreille et durant les jours qui suivent, je le croise de très loin, car il m'a vu déambulant de-ci, de-là.

    Comme dans toute urgence, l'acte avant la théorie.

    Boss ou pas, je n'hésite pas à remettre les pendules à l'heure dès que la remontrance est injustifiée ou le ton austère.
    NE PAS SE LAISSER DOMINER est la solution. Et la peur d'être viré n'est que lâcheté, car n'importe qui peut passer à la trappe.

    Répondre

  • Eyden
    ahhh la, la, je crois que je me suis récemment frottée a un boss qui a la palmes des 3 premiers descriptifs : patron comploteur et intrigant, bonasse et incompétent manipulateur....

    Mais le titre là, me fait bondir, depuis quand vous croyez que l'on est en position de Force pour mettre un stop (comme vous dites) a un boss contre nous (en résumé hein) ?

    C'est simple, soit vous êtes déjà en CDI et il vous fait la misère. (a moins de payer 3 encagoulé pour lui fracasser la mâchoire histoire de vous soulager discrètement et surtout secrètement .... allez je plaisante).

    ou alors il vous pousse a la Dem' (quand ce n'est pas au suicide), ou trouve le moyen de vous virer après vous avoir fait perdre infaiblement l'estime de vous-meme et la confiance en vos compétences.


    Moi, je viens de vivre un CDD de 3 mois ou j'ai rattrapé comme une dingue la compta recouvrement d'une société alors que je n'avais pas totalement le profil d'aide comptable(mais assez intelligente et motivée pour combler mes lacunes), pour finir par comprendre et découvrir que mon chef comptable (mon boss direct, soit le n°2 de la société) ne faisait pas son taf correctement, par exemple que des sociétés avaientt fermées sans avoir jamais été relancées. Nous laissant des ardoises de plusieurs centaines de milliers d'€.

    Bref ! Quand il s'est aperçu que j'avais compris et que je ne cherchais pas a camoufler ses manquements, et que je faisais mon boulot nickel au point de tout faire pour rattraper leurs retards, et récupérer coûte que coûte l'argent qui était dehors, etc... Il a commencer a être sournois avec moi, distant, froid, manipulateur, tout se faisait en non-dit, il m'a fait des rétentions d'informations graves sur des dossiers vieux comme le monde a ne pas relancer soit-disant pour risque d'incident diplomatique, il m'a m'orientée délibérément a faire des petits dossiers anodins pour que je n'ailles plus dans ceux qui étaient en cours de faillite et ou l'on ne récupérerait jamais l'argent faute d'avoir jamais relancé, etc....

    Il m'a convoquée 2 semaines avant la fin du CDD pour m'annoncer que je ne serais pas renouvelée en me prétextant que j'étais excellente en Gestion Administrative voir bonne Assistante de Direction, mais que la compta n’était finalement pas pour moi... ou moi pour elle, Bref ! bye bye !!

    Un boss abusif, il sait ce qu'il fait de part sa position stratégique.

    Le Stop c'est vous qui le prenez ... rarement eux, hélas.

    Répondre

  • lapie
    je trouve l'analyse du professeur Brunet non seulement intéressante mais, comme je l'ai malheureusement vérifié à mon corps (et surtout mental) défendant, très juste. J'ai vécu en direct les cas
    - du boss tordu (que vous appelez comploteur et intrigant) qui heureusement est parti avant mois,
    - du boss tyrannique, mais qui m'a en effet quand même forcé à progresser (jusqu'à un certain point) car son incapacité à communiquer autrement implique de facto qu'on met les bouchées doubles pour avancer et dépasser le stade de martyre consentant,
    - du boss incompétent dont l'avantage est en effet qu'on a une grande marge d'indépendance dans son boulot, tout en pensant néanmoins qu'il est rageant de ne pas en récolter les bénéfices sonnants et rémunérants !
    - et le pire je dirais c'est le bonnasse, tellement fuyant qu'on en vient à regretter le psychopathe tyrannique mais qui malgré tout faisait preuve d'un certain professionalisme, car pour ce dernier, s'il en est arrivé là c'est souvent que ses capacités professionnelles le lui ont permis et que, par conséquent on peut en tirer quelque progrès !
    Bon, j'ai 60 ans et j'espère encore survivre à quelques managers faiblards mais j'ai aussi eu la chance de rencontrer d'excellents managers.. c'était il y a quelques années, est-ce un signe de temps? ou le hasard simplement ?

    Répondre

  • Petit Poucet
    Vous additionnez : comploteur + narcissique + tyrannique = harceleur.
    J'ai connu un chef de ce profil. Bien souvent, du fait de ces " qualités", ce chef a tisse un réseau de protection en haut de la hiérarchie. En conséquence si vous voulez vous plaindre vous n'êtes pas entendu. La seule solution : partir. Démission ou licenciement ?
    La plupart des victimes de ce chef que j'ai connues ont démissionne ou n'ont pas renouvele leur contrat. Façon " élégante" de se laver les mains de cette histoire et de tourner la page. En revanche ceux qui restaient étaient de plus en plus isoles et impuissants. Une seule personne a ose mettre le problème sur le tapis après des années de souffrance et elle a été licenciée. Je crois que ce licenciement a été l'occasion pour elle de se battre " a armes égales" avec prud'hommes , syndicats etc... Et de faire éclater la vérité au grand jour. C'etait une épreuve difficile mais je crois salutaire pour cette victime qui a aussi rendu service a la communauté.

    Répondre

  • titews
    Il y a des salariés qui se suicident à cause de ce genre de types, de leurs méthodes, de leur attitude, de leur mépris d'autrui ; je ne suis pas du tout certain (je l'écris par expérience) de l'affirmation du professeur Luc Brunet :"bien qu'il soit vu comme stressant, il est en vérité un facteur important de progression..."
    Reprenons la définition du Petit Robert : "personne qui, ayant le pouvoir suprême, l'exerce de manière absolue, oppressive" (langage courant) ; synonyme : "autocrate, despote, dictateur, oppresseur"
    Mais ce cher professeur exerce peut être son travail dans de bonnes conditions, sans tyran au-dessus de sa tête ; il n'y a pas trente six solutions lorsque l'on est confronté à un supérieur tyrannique : soit on se barre (la fuite est parfois salutaire) soit on lui casse la g...(cf : écrit de maestro) ; j'ai un ami (un peu tête brûlée) qui a opté pour la seconde solution alors qu'un tyran traumatisait son épouse dans une grande compagnie d'assurances : sans lui casser la g...mais pas loin, tout s'est arrêté.
    Il me semble que le travail ne figure pas parmi les dix commandements mais constitue, dans notre culture judéo chrétienne, une punition ! si en plus il faut y ajouter le joug de la tyrannie et merde ! hé les êtres ont lutté et luttent toujours contre l'esclavagisme : "tyrans, descendez au cercueil" (V. Hugo)

    Répondre

  • jean-michel
    Pour ma part,dans la fonction publique, il est encore plus difficile de survivre à un conflit en raison d'un statut érigé sur la domination hiérarchique...j'en ai fais un témoignage avec mon essai autobiographique "fonctionnaire malgré moi" si cela vous intéresse d'en savoir davantage....et mon blog http://fonctionnairemalgremoi.over-blog.com/
    Il faut que les experts comme le professeur Luc Brunet soient entendus par les responsables politiques, qui sont aussi des employeurs.
    Toutes les contributions sont utiles pour dénoncer des pratiques sorties du moyen âge et typiquement français (Napoléon est passé par là...)
    Il est temps de répondre aux nouvelles aspirations des fonctionnaires : être respectés, ce qui donnerait ensuite l'exemple à suivre pour le secteur privé.

    Répondre

  • Uca
    El trato social”-Condesa de Tramar .Imprenta de la vda. De Ch. Bouret- Parìs -1911.
    Traite de politesse, que vous devez lire. Très utile

    Répondre

  • Puissance10
    Je ne partage pas l’opinion de M. Luc Brunet au sujet du patron tyrannique.
    Un patron tyrannique est un psychopathe, c’est un individu qui a un gros problème de comportement, de santé mentale, qui est très loin d’être sain d’esprit. S’il a réussi à être patron, rien est sûr qu’il le restera longtemps. Tous les terroristes finissent, un jour ou l’autre, couchés et des fois dans le sang. L’employé qui travaille pour un tel individu doit rapidement l’analyser, le diagnostiquer pour être sur ses gardes et se tenir prêt à tout éventualité.
    Sa priorité devrait de se chercher rapidement un autre emploi. Surtout ne pas chercher à gagner sa confiance, car on ne négocie pas avec les terroristes, ce serait perdre son temps et son énergie et ce serait faire trop d’honneur à ces tristes personnages. Et on n’a rien à prouver à de tels individus.
    Leur montrer que l’on est fort et compétent, M. Brunet, êtes-vous sérieux? Ou peut-être que vous avez voulu dire : leur montrer que l’on est fort et compétent pour se trouver un autre emploi à la vitesse supersonique !
    Pour Kiki_haribo : Non, on ne combat pas le terroriste par le terrorisme. L’employé doit se trouver un autre emploi et laisser le patron se pendre après sa corde. Car sa boutique tôt ou tard fermera.
    Il nous faut travailler et ce n’est pas toujours drôle et si en plus il faut se taper un patron psychopathe, non merci.
    À un moment donné, il faut savoir dire non.

    Répondre

  • coopera coaching
    A propos des tyrans, leurs comportements comme la peur et la force qu'ils utilisent contre les autres sont de manière insconciente des façons de se protéger eux-mêmes par rapport à leurs propres peurs.

    Pour leur donner la sécurité dont ils ont besoin, la proposition de Luc Brunet de gagner leur confiance est pertinente. Les réponses telles que la compétence ou la force peuvent être en effet de nature à rassurer ce type de patron.

    La terreur par la terreur comme le suggère un internaute ne fera que décupler le comportement de ce type de tyran qui se sentant encore plus en danger cherchera à supprimer ce qui le menace.

    Cela suppose que le salarié impliqué dans cette relation ait suffisamment confiance en lui, une bonne estime de lui pour ne pas entrer dans le jeu de ce responsable.

    Si tel n'est pas le cas, il est préférable que il se fasse accompagner, s'il en a la possibilité, ou se retirer compte tenu des risques qu'il encoure.

    Répondre

  • Spartan7
    Une seule vraie reponse: aller voir ailleurs.

    Répondre


Vous devez renseigner tous les champs :