Episode 26 : "Tu vas voir, il est super"
Accueil  > Conseils > Conseils carrière > Episode 26 : "Tu vas voir, il est super"

Episode 26 : "Tu vas voir, il est super"


Quand un candidat plait d'abord à son boss, le DRHache est debout sur les freins. Car il tient à garder son libre arbitre sur la décision d'embauche. Cette semaine, il explique pourquoi il se méfie de l'approche émotionnelle de son manager.

« Tu vas voir, il est super »

... vous lâche votre boss d'une voix légèrement surexcitée en parlant du candidat que vous allez voir dans un quart d'heure.
Ça fait six mois que vous demandez un recrutement pour compléter l'équipe, et que vous prévenez la terre entière que ça va craquer si on ne libère pas un peu de temps à chacun en embauchant quelqu'un de compétent.


Vous aviez une idée plutôt interne, sachant que ça sera plus facile à vendre au top management, mais on a fini par faire passer des entretiens en externe aussi, et vous êtes maintenant confronté à la malédiction du « coup-de-foudre-du-management ».
Quelques années d'expérience vous ont appris à déceler la part d'irrationnel dans le ton de voix des gens, et en l'occurrence de nombreux facteurs semblent être réunis sur la check list :

- Votre boss parle un peu trop vite

- Sa voix change d'octave (des graves vers les aigus) en cours de phrase

- Pendant qu'il parle ses mains bougent

- Il sourit d'une manière un peu figée (un peu bête) mais ses yeux montrent une certaine angoisse, probablement celle de rater cette merveilleuse perle rare.


Cette situation est complexe, car vous avez tendance à vous braquer naturellement contre le malheureux candidat qui n'a rien demandé. Après tout c'est vous qui allez bosser avec, et vous tenez fermement à garder votre libre arbitre sur la décision d'embauche.
En même temps, vous savez bien que le recrutement n'est pas une science exacte, plutôt un sujet glissant, et que si vous confrontez votre boss sur cette pente fatale vous prenez des risques.


Sur des sujets objectifs, quantitatifs, vous êtes sans peur et sans reproche, mais dès qu'on contredit l'approche émotionnelle d'un de ses supérieurs direct, on se met en danger. Vous savez pertinemment que si vous ne participez pas à l'hystérie contagieuse sur ce MERVEILLEUX candidat vous vous excluez de cette meute informe, omnipotente et ventrue qu'est l'inconscient collectif managérial.

En fait ce qui va être difficile pour vous, c'est de rester objectif, dans un sens comme dans l'autre, sur le gugusse. Si l'on vous consulte sur un béni-des-dieux qui doit se retrouver dans une autre équipe, il est bien évident que vous l'encensez, quitte à en rajouter. S'il est mauvais vous n'en souffrirez pas, et personne ne vous le reprochera, votre bévue étant noyée dans celle de vos boss. Mais si c'est quelqu'un qui doit intégrer votre équipe, et qu'il s'avère catastrophique ou dangereux (pour vous par exemple), commencez toujours par le trouver bien, et si vous n'en voulez vraiment pas, trouvez le trop bien. Rien de tel que l'argument de la surqualification pour refiler la patate chaude à votre voisin.

 



Commentaires

* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.




Vos réactions
Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier

Vous devez renseigner tous les champs :