Episode 27 : Compte de Noël
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Episode 27 : Compte de Noël


Le vieux de la vieille est sur le départ. On se cotise pour lui offrir un cadeau. Une enveloppe circule et Brouz se détache du lot. Poursuivant son observation de l'homo laborius, le DRHAche vient de tomber sur une espèce rare.

A l'occasion du départ à la retraite d'un des derniers dinosaures arrivé à se maintenir en banque d'investissement, Robert est chargé par l'un des grands patrons d'organiser le petit raout pendant lequel les meilleurs ennemis du vieux tricératops pourront s'émouvoir de son exceptionnelle résilience à leurs coups de hache dans le dos.

Robert, plus si jeune mais toujours loup a une petite tendresse pour celui qui s'en va et un certain mépris pour la jeune génération dont les déboires récents font vendre la presse mais baisser le cours de l'action après l'avoir multiplié par trois en dix ans, mais il n'est pas dupe. Il ne déteste pas les bonnes causes, ces petites festivités à venir le réjouissent car il en sera l'ordonnateur et pourra ainsi faire renaître un peu d'émotion chez ces ordinateurs vivants qui ont gagné tant de milliards et engrangé tant de millions et avant de s'effacer dans la pénombre post héroïque des coupables apprentis sorciers qui ont mené leur Maserati dans un mur (le monde au chaos ).

Comme il en est coutume en ces milieux institutionnels, Robert fait passer une enveloppe pour acheter un cadeau au futur planteur de tomates. Le soulagement de tous devant ce départ provoque une réaction de joie assez nettement traduite par des dons au dessus de la moyenne, et c'est avec une somme dépassant son budget que Robert peut maintenant s'amuser, et acheter quelques extras en plus du cheval en terre cuite époque Tang.

Las, Robert se souvient quelques jours avant le pot de départ qu'il a oublié de passer l'enveloppe à Brouz, aujourd'hui chef de l'un des départements les plus autrefois rentables et aujourd'hui tant décriés.

Brouz, parfois appelé Sa Sainteté, The Snake, ou El Flaco pour d'étranges raisons, a décidé il y a dix ans que ses enfants ne voyageraient jamais en classe économique sauf peut être en cas de crise (d'adolescence ) un peu marquée, et il arbore en permanence un sourire laissant deviner des dents avec lesquelles Demis Roussos pourrait se raser sans mousse.

Brouz travaille pour le pouvoir, plus personne ne sait ce qu'il fait de son argent et même s'il n'en gagne plus depuis deux ans, les intérêts de son capital pourraient probablement lui permettre d'acheter un écran plasma tous les matins, ce qu'il a bien dû faire à une époque.

Bref, il est riche et peu aimé, particulièrement par Robert.

Brouz n'a pas été sollicité, le cadeau et ses satellites sont déjà achetés, mais le sens de la justice de Robert ne voit pas pourquoi Brouz passerait à travers les gouttes. L'enveloppe froissée gît au fond d'une corbeille, que faire

Tenace et peu regardant à l'éthique, Robert recrée alors une fausse enveloppe. Il écrit les noms des nombreux donateurs en changeant d'écriture et de stylo, les raye consciencieusement, et glisse une somme rondelette sortie de son propre portefeuille dans le papier kraft pour que Brouz se sente obligé de rallonger la sauce.

Brouz prend l'enveloppe, dit merci, va dans son bureau prendre son portefeuille, et rend l'enveloppe à Robert deux heures plus tard au détour d'un couloir.

 

Seulement voilà.

Dans l'enveloppe, il y a moins.

 

 



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