Episode 3 : le pire ennemi
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Episode 3 : le pire ennemi


Cette semaine, le DRHache explique comment marche l'entreprise et surtout, "comment y rester sans s'aigrir ?" Ames sensibles s'abstenir, le héraut de l'entreprise vache se penche sur les ressorts de la motivation.

Le pire ennemi de la vie en entreprise, à part le chômage, c'est l'aigreur.  Somme d'individualités plus ou moins équilibrées, l'entreprise permet à chacun de libérer un certain nombre de forces obscures, dont l'expression sera souvent hélas proportionnelle à la place que l'on a dans sa hiérarchie.

En clair c'est beaucoup plus facile d'être un emmerdeur quand on est manager, de faire régner la terreur et d'extérioriser sa colère sur le dos de ses subordonnés pour reculer son propre cancer.

 

Paradoxalement, il y a toujours eu des chefs caractériels, ce qui tendrait à démontrer que l'entreprise s'en nourrit. On comprendra ici que la démarche est pragmatique : nous partons du constat que ça marche, nous essayons de comprendre comment, et de réfléchir à comment ça pourrait marcher mieux.

 

Une fois de temps en temps, un (en ce moment une foule de) prophète en phase maniaque pourra toujours invoquer la fin du monde à venir, et tenter de tout casser  une fois que la récession est là. Mais s'il était si malin il aurait pu en parler avant.

Donc, comme on disait à l'armée, et ça résume assez bien ma vision du management, « On est dirigé par des cons, et bientôt c'est nous ».

 

En poussant un peu plus loin le raisonnement, on peut se dire, et c'est horrible, que l'on a besoin d'une certaine dose de caractériels pour faire tenir le tout. Nous avons tous eu des chefs psychopathes dont on n'osait imaginer la vie de famille. Comment l'expliquer ? En discutant avec un ami psychiatre, j'ai réalisé la chose suivante. Les grands types de personnalités, pour faire court, sont :

 

paranoïaque (je m'en méfie, tout le monde me déteste)

obsessionnel (il manque une virgule)

narcissique (je m'aime)

histrionique (je veux qu'on m'aime, flattez-moi mon bon Blaze).

 

On pourrait penser qu'un bon manager serait le corps glorieux exempt de toutes ces taches, mais pas du tout : le bon manager, c'est celui qui serait un peu de tout cela.

 

Parano : il verra venir les coups tordus à cent kilomètres

Obsessionnel : il va rendre un travail immaculé.

Narcissique : il va fédérer autour de lui

Histrionique : il va réveiller les morts et secouer le cocotier.

 

Pour aller à l'encontre de cette idée, nous avons tous en tête des managers gants de toilette mouillés,  informes et coulants, qui épousent temporairement toutes les formes qu'on leur impose : les yes men.

 

Ce sont des adjoints dont la seule fonction est de valider les décisions de leur responsable. Pas besoin de cerveau ni d'attributs, un peu d'expérience et beaucoup de souplesse sont requises. La présence des yes men est plus liée à un type de management qu'à la taille d'une entreprise. Ils sont souvent méprisés de la troupe, ne possédant aucune personnalité propre. Ce sont des chambres d'enregistrement  dont l'obédience garantit  la pérennité, mais dont la fragilité réside dans le lien avec leur manager. Lorsque celui-ci saute, à l'instar de la sangsue, ils doivent trouver un autre abreuvoir. Ils peuvent également servir de fusible le cas échéant.

 

 

Alors si l'entreprise est gérée par des feux de bengale d'un coté et des fines de claire de l'autre, comment marche-t-elle,  et surtout, question du jour, comment  y rester sans s'aigrir ?

 

A part le constat évident que le trait est un peu forcé quand même et qu'il y a plein de gens très bien au milieu des extrêmes (les employés sandwichs, comme dirait Serge Lentz), on peut trouver deux raisons majeures :

 

Si on veut servir à quelque chose et continuer à y croire, réaliser qu'on ne change le système que de l'intérieur.

Il faut payer le loyer.



Commentaires

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Vos réactions
  • GINA90
    tout le mal que l'on fait dans sa vie, un jour on le paie.le parano, le narcissique,l'obsédé et le histrionique sont des parasites de la société et c'est aux gens normaux et bien comme nous d'arrtêter les fous.

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  • sofia
    Reste à savoir si l'entreprise est le reflet de notre société. Le filtrage opéré à l'entrée par les recruteurs devrait avoir pour vertu de ne pas laisser passer les plus dangereux. Feux de bengales ok, mais pas dangereux. Vu le nombre de managers pas finis que je vois dans mon entreprise, je me pose des questions sur l'efficacité du filtrage... Merci DRhache, vos chroniques sont ma pause hebdomadaire. Mais j'aurais bien besoin d'une dose quotidienne.

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  • Monbangkok
    En tant que DRH ne faut il pas se sentir un début de commencement de responsabilité dans la présence de ses individus en entreprise ou les DRH ne seraient que des passe plats?

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  • Voe
    Ah!, si j'avais su analyser si froidement, si cyniquement à l'époque où je me trouvait confronté, comme tant d'autres, à de tels individus. Hélas, en plus de Parano, Obsessionnel, Narcissique et Histrionique, il-y-en-a qui ajoute la dimension Sado-Macho a tout cela. Presque impossible dans ce cas de figure, extrême mais non pas rare, de garder son calme. Mais comme me faisait remarquer mon médecin un jour, Y-a plus dans la rue que dans les asiles!.

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  • Blueshell
    Cela semble bien vu; Harcelé moralement durant 5 ans par ce style de managers, choisis et formés pour cela par la Direction d'une grosse multinationale, je puis en attester, HELAS !
    Les meilleurs de mes collègues s'y aigrirent ou furent licenciés abusivement comme moi ... C'était une entreprise totalitaire ...
    Cordialement

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  • alorsava
    Je n'ai connu que ce type de patron, mais à chaque fois, cela s'est terminé par de mauvais résultats de l'entreprise. Ca ne peut pas marcher car si on démotive les employés, ils ne donnent que le strict minimum.

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  • Le Crieur de L'Estaque
    Continuez comme ça mon Cher, et vous allez nous vendre la carrière interne de syndicaliste épanoui et sûr de lui...
    Vous passerez me voir à mon bureau avant de partir ce soir.

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  • van Eeckhout
    Le mien est narcissique et histrionique, c'est un homme simple, intelligent, sans éducation, et qui veut réussir, il dirige une association dont je tairai le nom,passe ses nerfs sur moi et fait tout pour me supprimer le travail, malgré tout, étant du sexe féminin, je tiens, j'ai 64 ans et 6 mois !!!!!!! je pense ne plus trouver de travail à mon âge, et il en abuse, ne serait-ce que le temps imposé de présence pour rien, si ce n'est pour m'enrager.

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  • Kill
    En plus c'est modéré ! Je rêve !

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  • Kill
    Bof. Pas marrant. Ca dit éventuellement pourquoi, mais pas comment... Pas facile de faire des chroniques, hein les gars ?

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