Episode 52 : le vilain prince sauvé par le gong
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Episode 52 : le vilain prince sauvé par le gong


Toute sa vie, ce manager sans envergure s'est évertué à terroriser ses équipes pour asseoir son pouvoir. Jusqu'à ce que patatra un changement de direction lui fasse bien sentir qu'il n'était plus en odeur de sainteté. En bonne logique, il aurait dû sauter. Sauf que...Cette semaine le DRHache revient sur la résurrection d'un patron de filiale sans scrupule.

 

Il était une fois dans un lointain pays (Paraguay) un méchant prince qui se rapprochait de l'âge de la retraite et mettait à profit ses dernières années pour pressurer son entourage et s'assurer qu'il laisserait un souvenir nauséabond.


Il était devenu prince sans gagner de vraies batailles, mais plutôt en paradant à la cour du roi de l'époque, flattant son ego comme une poule peut nourrir ses poussins. Ce vilain prince ayant compris que lorsqu'on est d'un caractère moins trempé que le roi, il faut en rajouter, il pratiqua cette philosophie toute sa carrière. A peine arrivé dans une meute, il cherchait l'animal le plus faible et s'acharnait sur lui de la façon la plus violente possible.
Cette stratégie porta ses fruits pendant des dizaines d'années. L'animal le plus faible était toujours le plus facile à abattre, les chances qu'il renaisse de ses cendres après que notre prince eut allumé le bûcher étaient faibles, et très vite tout le monde lui sut gré de débarrasser l'arbre de ses branches mortes à peu de frais.


Il y gagna la réputation d'être dur, générant ainsi à peu de frais une saine terreur qui tenait inconsciemment à distance ses ennemis potentiels.
Au fond de lui, notre Machiavel à la petite semaine possédait la trempe d'une barbapapa, et il avait bien conscience que le moindre souffle d'air risquait d'emporter au loin sa carapace et le montrer comme il était, un sac de vent qui s'était avec le temps transformé en un type de gaz bien particulier.


Afin de mieux protéger cette carapace, en sus de son agressivité notre ami avait développé une magie noire et linguistique qui lui permettait de franchir tous les obstacles du professionnalisme en se réfugiant derrière d'effrayantes incantations. Il savait s'entourer d'un voile de mantras absconses, glissant à qui voulait bien l'entendre qu'il fallait par exemple incentiviser l'assertivité et changer de paradigme pour éviter le burnout structurel des forces opérationnelles.


Seulement voila
Il y a trois mois,
et comme parfois,
le roi se meurt,
et vive le roi.
Le prince entame sa danse du ventre, ses yeux tentent de se ficher dans ceux du roi comme des harpons dans un merlan, mais rien n'y fait, le nouvel Ubu a décidé d'ouvrir la trappe.


Hop, une réorganisation.
Le prince va sauter.
Il revient à Paris lors des festivités basées sur terre orange et balles jaunes, croise son ennemi de toujours qui lui dit : « tiens au fait je prends ta place dans trois mois. »
Et là.
Il pleure.
Il pleure le jour
Il pleure la nuit. Il pleure seul et en famille. Il pleure aux toilettes du bureau et au restaurant. Il convoque tous les adjoints dans la bouche de laquelle il marche depuis des années pour leur demander s'ils ne connaissent pas quelqu'un qui pourrait l'aider.


Il faudrait déjà trouver quelqu'un qui voudrait l'aider.
Il s'effondre, se liquéfie, rase les murs, c'est l'ombre de lui-même. Au vu des valises qu'il a sous les yeux, il a intégré l'idée de faire ses bagages.

Comme souvent dans ces cas-là, il recherche l'amour, fait le tour des popotes pour expliquer combien on l'aime n'est-ce-pas.

La semaine dernière, son meilleur ennemi, qui devait le remplacer, démissionne du groupe. Toujours les meilleurs qui partent les premiers.
Voila notre prince sauvé par le gong.


Voilà le mail qu'il vient d'envoyer à toutes ses troupes, je n'ai pas changé une virgule mais me suis juste permis de le traduire de l'espagnol :

« Bonjour
Vous avez tous appris que Durant vient de démissionner.
Nous pouvons désormais arrêter de fantasmer sur les rumeurs qui traînent depuis quinze jours et se remettre au travail.
La situation économique n'est pas propice aux tournages de pouces.
Merci de le noter. »

 



Commentaires

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Vos réactions
  • Evidence
    DRH, arrêtez de stigmatiser les despotes et mettez-vous à manoeuvrer pour les faire remplacer au plus vite. Substituer un incapable désagréable par un incapable sympa, ça doit pas être hyper compliqué...

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  • VAN THIENEN
    Je n\'ai jamais vu de sauveur en entreprise.

    Répondre


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