Episode 56 : la vie rêvée d'une salle des marchés
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Episode 56 : la vie rêvée d'une salle des marchés


Vous avez toujours voulu savoir comment fonctionne une salle de marchés sans oser le demander ? Cette semaine le DRHache organise une visite privée. Une expérience qui vaut son pesant de viennoiseries. A savourer sans modération.

Une salle des marchés, contrairement à ce que pourraient penser le commun des mortels, est composée d'êtres humains dotés d'organes tels que les poumons, le cerveau, l'estomac. Cette population se divise globalement en quatre :

Les traders : Comme les chirurgiens chez les médecins, ils se considèrent comme l'aristocratie du monde financier, les autres les trouvent prétentieux. Ils ont fait des grandes écoles d'ingénieurs, parfois de commerce mais c'est de plus en plus rare.

Les vendeurs : Majoritairement issus d'écoles de commerce, ils sont en combat permanent avec leurs amis les traders, chacun tirant la couverture à lui :

- « Sans mes clients tu n'es rien, essaye au moins de garder l'argent que je te ramène avec mes fabuleux contacts », dira le vendeur.

- - « Arrête de me refiler des deals pourris qui me feront perdre trois fois plus en gestion que la misérable commission que tu as extorqué à ton client », dira le trader.

Les structureurs : issus d'écoles d'ingénieurs, ils conçoivent les produit qui vous feront gagner beaucoup d'agent si votre grand-mère se réveille entre deux heures et quatre heures du matin les jours impairs des mois pairs et que le Cac 40 est au dessous de 3874 ( pas si facile à modéliser).

Je force à peine le trait.

Ils aimeraient bien être des traders, qui sont mieux payés. On peut encore trouver, chez les structureurs, quelques ingénieurs mal dégrossis avec autant de boutons sur les joues que sous les doigts, mais ils font en général des efforts pour sortir de la mouvance le-déodorant-est-un-truc- de-fille, car ils sont souvent confrontés aux traders à forte testostérone et aux vendeurs métrosexuels.

Et puis il y a la recherche.

Les chercheurs, ce sont les gens qui conçoivent les modèles mathématiques, et non pas les produits financiers. Ce sont les savants fous, ils ont fait l'école normale supérieure math, ou le corps des Mines de Polytechnique. Ils privilégient le poil en bataille, extraient des racines cubiques pour se distraire et répondent présents quand ils entendent leur nom de famille par pure distraction. Ce sont des gens à part, qui vivent dans leur logique, leur approche scientifique de l'environnement.

Par exemple, le matin, parfois ils ont faim.

Une petite étude sur un échantillon représentatif (ils sont 10) leur a permis de réaliser qu'ils avaient faim tous les matins.

Alors ils ont conçu un programme qui décide au hasard qui va payer et aller chercher les viennoiseries. Chacun rentre ce qu'il veut dans un tableau excel, la moulinette tourne (elle est quand même réglée pour être lissée sur un an, que ça ne soit pas toujours les mêmes), et cela génère une commande automatique à la boulangerie d'en bas. C'est festif...

Attention.
Pas un croissant de trop.
Pas un croissant à la place d'un pain au chocolat.
Pas un croissant pour les jolies filles de la com pas loin.
Efficacité, rigueur, méthodologie.
Pas de miettes.

Simplement voila, depuis quinze jours c'est la panique chez les chercheurs. Ils pensent tout arrêter. Le grand manitou de la salle des marchés a repéré que tous les matins il y avait des viennoiseries à la recherche.

Alors il se pointe, et se sert dans le sac, parce que bon, c'est quand même lui le chef.

Bon on aurait pu imaginer qu'il se serve toujours d'un croissant, auquel cas le problème aurait été facile à résoudre. MAIS PAS DU TOUT. Ses choix ne semblent obéir à aucune loi statistique.

Ils ne peuvent donc pas prévoir ce qu'il faut acheter en plus.

Ou alors, prendre un échantillon supplémentaire de chaque type de viennoiserie, mais qu'en faire après, et qui les paye ?

Pas de radinerie, juste une grande tension devant l'impossibilité d'obtenir un résultat optimal.

Vous avez des idées ?

 



Commentaires

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Vos réactions
  • Ma
    On ne dira jamais assez à quel point vos chroniques font du bien! Ca vaut mille fois une viennoiserie! On les lit avec plaisir et elles nous mettent du baume au coeur...Merci :-)

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  • bigmama
    Autre possibilité : un truc de fille..... Acheter des macarons.

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  • Sens pratique ?
    Le problème est que dans les entreprises françaises, l'impact de la variable chef est difficile à minorer. J'aurais du coup suggéré de forcer le trait de la courtoisie. Si une viennoiserie est récupérée, autant rajouter le paramètre repérage qui va attribuer à un des chercheurs la tâche de regarder quand le chef arrive et de lui apporter un croissant et un café, choisis en amont de son arrivée, donc on supprime le paramètre aléatoire qui perturbe la boucle de contrôle.
    Problème résolu ;)

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  • breizhad
    Il faut faire évoluer la variable chef pour minorer son impact.
    Genre une arrivée des croissants à heures variables après observation des heures probables du passage du chef.
    Observation, analyse, réaction, leur coeur de métier non ?? :) :)

    A par ça j'en profite pour vous remercier de vos chroniques, que j'ai toutes lues avec grand plaisir.

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