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Est : le télétravail se développe petit à petit


Le télétravail concerne aujourd'hui 7 % des travailleurs français. Contre 25 % dans le reste de l'Europe. Un retard difficile à expliquer puisque, économique, écologique et facile à développer, ses sympathisants ne lui trouvent que des qualités. Comment ça se passe dans l'Est pour télétravailler ?

Économiser l'essence et la fatigue des voyages quotidiens sur l'A 35, pouvoir acheter cette petite maison à la campagne plutôt que de continuer à louer un deux pièces à Strasbourg ou tout simplement ne pas avoir à subir les potins des collègues, tous les matins, devant la machine à café... Toutes les raisons sont bonnes pour se lancer dans le télétravail. « Personnellement, je n'y vois que des avantages », avance même Jean-Christophe Uhl.

 

Télétravailleurs « gris » à officialiser

 

L'homme cumule les casquettes : à la fois membre de Ten44Alsace, thinktank sur l'économie numérique en Alsace, adhérant d'Actipôle21 dont l'objectif premier est de créer des télécentres en Alsace, il est aussi le PDG de Uhl Bonaventure Informatique, une société informatique ouverte au télésalariat.

 

« Sur les 32 salariés, 2 sont officiellement télétravailleurs à Paris et à Reims, reprend le chef d'entreprise. Et les autres sont des télétravailleurs « gris », qui prennent de temps à autre des après-midis chez eux pour travailler au calme. Notre prochaine étape est de mettre noir sur blanc le télétravail dans leurs contrats. »

 

Vision faussée du télésalarié

 

Dans la région, deux grosses structures se sont converties au télétravail : la CPAM et la Cour européenne des droits de l'homme. Pourtant, comme partout en France, Jean-Christophe Uhl fait partie des rares chefs d'entreprise à miser sur le télétravail. « C'est un mal français : les managers imaginent que leurs télésalariés passent leur journée en caleçon sur le canapé. »

 

Un an de négociations

 

En témoigne le long parcours de Théo, qui a mis un an à obtenir le droit de télétravailler auprès de la hiérarchie de son agence de presse parisienne : « Ma chef est complètement opposée à cette forme de salariat. Notamment pour les managers. » Il lui aura fallu un changement de poste pour pouvoir renégocier un temps de travail à la maison. « Je m'arrange pour boucler tous mes rendez-vous à Paris entre le lundi et le mercredi. Il me reste le jeudi et le vendredi pour travailler au calme de chez moi. »

 

Au calme et plein d'énergie pour le boulot

 

Contrairement aux idées reçues, le télésalarié n'est pas moins efficace hors du bureau. Bien au contraire, même. « A l'agence, on est confiné à six dans un bureau, décrit Théo. On est donc forcément très souvent dérangé ». « Le télétravail se traduit souvent par un regain d'énergie au boulot », renchérit Jean-Christophe Uhl.

 

Pouvoir revenir au bureau quand on veut

 

Les conditions de la réussite ? « Le volontariat et la réversibilité, clame le chef d'entreprise. Tout le monde n'est pas prêt pour le télétravail. » Pour lui, comme pour Théo, le travail hors-bureau doit aussi être équilibré par des heures réalisées au sein de l'équipe. « C'est mieux pour la cohésion des troupes », reconnaît le salarié.

 

Manque d'équipement des régions

 

Le télétravail, pas bon pour tous, donc. Et surtout pas partout. Car s'il est facile dans les grandes villes, reliées au très haut-débit, il peut être plus compliqué pour qui veut habiter au fin fond des Vosges.

 

« En Alsace, nous avons tout ce qui faut pour que ça marche, puisque la région est quadrillée de fibre optique, mais la politique ne suit pas », se désespère Jean-Christophe Uhl. Un télécentre, permettant d'accueillir les télétravailleurs dans des espaces de bureau équipé, a ouvert à La Walck. Il reste, pour l'heure, le seul de la région.

 

Lutter contre l'exode rural

 

En Bourgogne, on a en revanche bien compris l'impact du télésalariat sur la vie des communes rurales.

 

« Pour nous, c'est le meilleur moyen d'implanter des familles », se réjouit Patrick Marmillon, responsable de la mission numérique du Pays Nivernais Morvan. Depuis l'ouverture d'un télécentre à Lormes (Nièvre), monté par la communauté de communes, sept familles se sont implantées dans le village. Le projet fonctionne tellement qu'un deuxième télécentre doit s'ouvrir prochainement dans le département. « On a les montagnes, on a le calme et on a le réseau... honnêtement, quoi de mieux pour télétravailler ? »

 



Commentaires

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Vos réactions
  • BAPTISTE G
    Excellent article. Depuis des années, je recherche un télé-travail dans le commecial sédentaire, la formation commerciale, la prospection, le phoning, la gestion commerciale, le recrutement.
    Mais je n'ai reçu que des propositions me demandant d'investir dans un pack de création d'entreprise.

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  • Pfeiffer
    pendant 25 ans ...j ai fait des formations télémarketing pas un métier une passion aujourd hui à 51 ans les patrons ne se gênent pas pour me dire que je suis trop vieille ..c est un métier passionnant avec tous les jours des nouvelles choses à découvrir mais une formation est nécessaire

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