Et si vous preniez un congé solidaire?
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Et si vous preniez un congé solidaire?


Envie de donner du sens à vos vacances ? Depuis 10 ans, l'association Planète Urgence permet de partir en mission de solidarité internationale, notamment durant ses congés payés, pour partager ses compétences dans le cadre de projets locaux. Une initiative qui séduit un nombre grandissant de salariés... et d'entreprises qui financent tout ou partie de leur déplacement. Et pourquoi pas le votre ?

Le farniente en vacances, ce n'est pas votre tasse de thé ? Une expérience en humanitaire ne serait pas pour vous déplaire ? Le congé solidaire est fait pour vous ! Ce n'est pas Eve Schneider qui dira le contraire. Cette jeune expert-comptable chez PricewaterhouseCoopers (PWC) vient d'effectuer, dans le cadre de ses congés payés, une mission d'écovolontariat de 19 jours au Cameroun dans le parc de la Bénoué. Et elle a déjà hâte de rempiler. « Je voulais donner de mon temps et le volontariat m'a toujours intéressée », explique-t-elle.

Une mission à 3000 euros

Une expérience qu'elle n'aurait peut-être pas pu concrétiser tout de suite si son employeur n'avait pas pris en charge l'ensemble des frais liés à la mission ainsi que le coût du transport soit 3000 euros au total.

Comme Eve, un millier de volontaires partent chaque année, pour quinze jours en moyenne, en congés solidaire, dont 60% grâce au soutien financier de leur employeur. Si l'entreprise dispose d'une déduction fiscale de 60% sur les 2 100 euros de participation exigée, le volontaire qui finance sa mission à titre individuel (1 500 euros) bénéficie d'une ristourne du fisc de 66%.

Un contrat gagnant-gagnant

Mais pour Hervé Dubois, le fondateur de Planète Urgence, l'implication des entreprises reste incontournable dans la réussite de ce processus de coopération internationale. « Le concept du congé solidaire permet de mettre l'immense réservoir de leurs compétences au service de nombreux besoins au Sud non couverts par les systèmes de coopération classiques ». En retour, l'entreprise bénéficie de nombreux enrichissements comme le renforcement du lien avec les salariés autour de valeurs forte et le développement des compétences des salariés partis. Un contrat win-win en quelque sorte.

Plus de 400 entreprises ont joué le jeu

Depuis la création de l'association, plus de 400 entreprises, de grands groupes surtout (La Poste, Bouygues Construction, PWC, Orange...), mais aussi des PME, ont contribué au financement de missions. Celles-ci vont du développement de la formation professionnelle (marketing, bureautique, finance...) surtout auprès des femmes, aux actions écologiques au sein des parcs nationaux, en passant par l'animation d'ateliers de lecture ou la réhabilitation de bibliothèques scolaires.

Chaque salarié intéressé peut faire une demande de financement auprès du comité d'entreprise, du service des ressources humaines ou de la fondation de son entreprise.

« Au final, nous avons autant de cadres que de non cadres. Nous arrivons ainsi à décloisonner l'humanitaire et à faire comprendre que ce n'est pas juste une histoire de médecin et d'ingénieur mais que chacun possède une compétence personnelle ou professionnelle qu'il peut transmettre à l'autre », se réjouit Hervé Dubois.

Les collectivités à la traîne

En revanche, le congé solidaire a encore du mal à se frayer un chemin dans les collectivités territoriales. « Vu le contexte économique, il est difficile de faire partir des collaborateurs sur des fonds publics », reconnaît Hervé Dubois. Sauf visiblement pour le Conseil général d'Ile et Vilaine qui a signé un partenariat.

Enfin, sachez que pour mettre les volontaires dans les meilleures conditions, l'association prévoit trois journées de formation avant le départ et surtout un débriefing obligatoire au retour.

« Le retour est difficile car le décalage avec notre réalité est important. Mais on apprend tellement de choses : le partage, la tolérance et surtout l'envie de recommencer », s'impatiente Eve Schneider.

 

Autre article du dossier :

« L'entreprise doit appuyer ses salariés dans leurs engagements personnels »

 



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