Je remplace mon ancien boss et il ne veut pas lâcher l'affaire
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Je remplace mon ancien boss et il ne veut pas lâcher l'affaire


Un rêve qui vire au cauchemar ! En début d'année vous avez été promu chef d'un gros département. Bravo ! Sauf que votre prédécesseur, aujourd'hui votre nouveau N+1, n'arrive pas à couper le cordon. Il continue de faire son ancien boulot... votre nouveau job. Au quotidien pour vous, c'est juste l'enfer. Nos conseils pour une passation de pouvoirs pleine et entière.

S'il vous envoie des dizaines mails par jour

Vous le sentez impatient au point de vous transférer 3 ou 4 fois les mêmes messages. Il doute de votre réactivité. Sauf, que en tant que nouveau boss opérationnel, vous n'avez tout simplement pas les mêmes priorités que lui. Lui ayant pris un cran est davantage dans la stratégie. Accuser réception de son mail une bonne fois pour toute en lui communiquant un délai précis (et tenable pour vous) pour lui fournir la réponse tant attendue.

S'il interfère dans les affaires courantes

Même après vous avoir céder son poste, il continue à avoir un avis sur tout et tente de vous imposer ses méthodes de travail. Pour couper court à cette ingérence, caler rapidement un rendez-vous avec lui afin de définir les « règles du jeu » en termes de reporting (sur quoi, à quelle fréquence et comment), de modes de communication (mise en copie pour les mails) et de fonctionnement avec le reste de l'équipe.

Définissez également l'autonomie de chacun : ce que vous pouvez décider seul, ce que vous déléguez à vos adjoints et sur quels types d'affaires vous devez le solliciter pour obtenir un éclairage ou son aval... Amenez le à constater lui-même que ce système de doublon ne présente aucune valeur ajoutée pour les résultats de l'entreprise. Pire, c'est même contre productif.

« Il faut absolument passer de l'implicite à l'explicite. Après ça, les deux parties peuvent se référer à ses nouvelles règles et les ressortir en cas d'abus », conseille Pierre Bultel, consultant en ressources humaines et auteur de « Mobilité interne, comment réussir ». Couchez noir sur blanc ce code de fonctionnement et n'oubliez pas de le diffuser et de l'expliciter auprès de vos collaborateurs directs, qui eux-mêmes feront redescendre l'information.

S'il vous court-circuite

Si votre prédécesseur sollicite directement vos collaborateurs, demandez-leur de vous en informer et de vous mettre dans la boucle des éventuels échanges de mails. N'oubliez pas de leur rappeler qu'en cas de questions, c'est à vous qu'ils doivent s'adresser en priorité. Durant vos vacances, votre prédécesseur ne doit pas se transformer en intérimaire. Vous devez vous reposer sur vos adjoints : à eux de prendre la relève et de s'imposer. Avec votre prédécesseur, employer des phrases du genre « je sais bien que ce n'est pas pour me nuire que tu me court-circuites, mais voilà ce que je ressens.... ». Ou encore « ton intention est louable, mais je te demande de ne pas me court-circuiter... ». Ainsi, vous désamorcez la bombe.

S'il se croit indispensable

La meilleure stratégie est de le valoriser en le faisant plancher sur un dossier annexe (plutôt transversal) en lui précisant bien comment il pourrait vous aider sur ce coup. Autre solution : le questionner sur ce qu'il aurait aimer améliorer s'il avait eu davantage de temps à ce poste.

S'il se croit encore maître des lieux

Quand il débarque, il s'installe à votre place ou fait comme s'il était encore maître à bord. Pour marquer votre territoire, changez par exemple la disposition de votre bureau (son ancien navire), réorganiser le planning des réunions sans l'en avertir... Pas question de faire table rase du passé mais de poser vos jalons.

S'il ne vous fait pas confiance

S'il agit ainsi avec vous, c'est qu'il ne vous fait pas confiance. Il doute de vos capacités à faire aussi bien que lui. Pour cela, il voudrait vous imposer ses vues et méthodes de travail. Sauf que justement, vous avez été nommé pour imprimer votre patte sur ce département. « Demandez lui ouvertement de quels types d'informations il aurait besoin pour être en confiance et pour passer enfin le relais », souligne Pierre Bultel. Rappelez lui que bien sûr, vous avez un objectif commun : développer le business.

S'il vous donne des leçons à longueur de journée

Rappelez lui clairement que vous êtes dans un cadre professionnel où les rapports maître - élève sont à proscrire. Reprenez le à chaque fois qu'il vous manque de respect.

 

Encadré :

2 pièges à éviter

* Se taire et encaisser : rien de pire que de garder pour soi son agacement et repousser le moment de monter au créneau. « Plus on attend, plus on pense avoir fait passer le message. Or, on n'envoie que des signaux faibles et l'interlocuteur en face n'a rien toujours rien capté », observe Pierre Bultel. Formulez donc clairement votre ressenti.

* Faire part de vos récriminations à l'équipe : en exprimant ses émotions à l'équipe, on se pose en situation de victime. L'entourage aura alors beau jeu de penser que l'on a du mal à prendre de la hauteur par rapport à cette situation. Vous pouvez vous en ouvrir à des tiers mais plutôt dans votre entourage personnel.

 

Sylvie Laidet © Cadremploi.fr



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