Le DRHache vous coache : un MBA ? "Dans votre cas, surtout pas ! "
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Le DRHache vous coache : un MBA ? "Dans votre cas, surtout pas ! "


Après 7 ans d'expérience en marketing, une internaute s'interroge sur la suite à donner à sa carrière. Doit-elle investir dans un MBA ? Pour le DRHache, surtout pas. C'est le meilleur moyen de ne pas retrouver un job.

Tous les 15 jours, le DRHache se penche sur un dilemme professionnel. Envoyez-lui vos questions sur ledrhache@gmail.com. Il vous répondra directement mais fera également partager à tous les internautes les cas les plus inspirants. Bien sûr, votre anonymat sera strictement préservé. Mais attention, foin de langue de bois, le DRHache ne pratique que le franc-parler...

 

Bonjour DRHache,

Merci pour votre vision de l'intérieur, souvent un brin cynique mais qui tape si souvent juste.

Je tenais à soumettre à votre moulinette ma problématique personnelle : définir la next step de ma carrière...

En quelques mots, j'ai suivi une belle formation (EMLYON) en passant par un certain nombre d'étapes clés : séjour ERASMUS d'un an, année césure... Issue d'un milieu familial plutôt "public" que "privé", cette dernière étape m'a permis d'explorer plusieures voies (RH, export) et de définir mon domaine de prédilection : le marketing.

Professionnellement parlant mon parcours ressemble à bien trop d'autres :

CDD de 18 mois dans une PME régionale (100 pers)

Recherche de 9 mois

Stage de 7 mois dans un groupe international reconnu pour ses méthodes marketing

Recherche de 5 mois

CDI de 3 ans dans une PME régionale ( 100 pers)

CDI de 2 ans toujours en cours dans une PME régionale ( 600 pers) mais plus grosse cette fois. En ce moment, je gère des problématiques marketing rares.

Au bout du bout, 7 ans d'expériences en marketing.

Mon fil rouge a été et reste le marketing des produits de grande consommation. J'ai choisi mon métier et je l'adore.

Mais... de mon combat pour construire une carrière cohérente, je garde le goût du sang et une frustration d'avoir bridé mon ambition. Et ce d'autant plus que j'ai conscience d'entrer dans la bonne période (et oui, je suis dans la tranche des 30-40 ans considérée comme à son apogée du potentiel en France : jeune et engagé mais confirmé quand même).

Je me pose donc énormément de questions sur la poursuite de ma carrière et l'optimisation de celle ci :
- évoluer "normalement" ? cela signifie continuer à changer de régions tous les 3 à 5 ans pour prendre à chaque fois le poste suivant sur la liste (chef de groupe, direction marketing) avec la phase d'apprentissage que cela représente
- devenir une spécialiste reconnue ? après plusieures recherches, il semble que la seule spécialisation liée au marketing soit celles des nouvelles technologies mais cela signifie reprendre à zéro car il semble difficile de capitaliser sur mon expérience
- faire un gap ? investir dans un MBA pour renforcer mon réseau et saisir des opportunités de gestion de centre de profit mais rien de moins évident pour un profil marketing.

J'ai le sentiment de tourner en rond autour de ces questions et ne pas réussir à dégager un axe cohérent. Je sollicite donc l'avis du manitou pour alimenter ma réflexion et commencer à construire le meilleur plan d'attaque possible pour une chasse fructueuse.

La parole au grand manitou !





Réponse du DRHache


Bon

Là, je ne vais pas me faire de copains.

Mais je suis assez contre les MBA dans ce genre de cas de figure, en tout cas à notre époque. Ils partent en pleine gloire comme vous dites, et souvent très opérationnels, et reviennent sans job avec un chou farci d'eux même et de pipeau en expliquant à qui veut l'entendre que le middle management c'est bien, mais qu'il faut une vision à long terme et, de préférence gérer des gens qui gèrent des gens.

Bref ça m'agace, je trouve que ça ressemble à un saut dans l'espace temps où un bébé revient avec une barbe blanche mais toujours des couches et pas mal de merde dedans. Autant les programmes de six/huit semaines sont très valorisants, et souvent payés par les entreprises à leurs cadres clefs, autant les MBA d'un ou deux ans me paraissent perdre de l'adhérence, comme on dit.

J'avoue ne pas être un grand spécialiste du marketing en général, mais j'ai l'impression de voir un grand absent dans votre mail : le grand groupe.

Je me goure sûrement mais j'avais l'impression que les Procter et autres Unilever vous bichonnaient des petites carrières au poil, et vous n'avez pas l'air d'y être passée. Plus sérieusement, n'est-il pas intéressant dans une carrière de s'offrir un grand nom, une jolie ligne sur le cv ?

Sur vos questions, je serais donc plutôt favorable a la première solution, car je me méfie des pièges de la spécialisation outrée, sauf si elle peut déboucher sur des activités de consulting , si vous êtes sûre de pouvoir revendre cette expérience hyper spécialisée dans le futur.

Sinon, je privilégierais en effet le parcours "normal"c ar j'y vois le mot apprentissage, et j'y devine du mouvement. À ce sujet, et l'étranger ? Il est où l'étranger ? Allez un peu vous secouer en dehors de France, non ? Du PGC (produit de grande consommation) il y en a partout me semble t il ....

Je pense que vous avez besoin d'air.


Bien cordialement


D R Hache

 

Réponse de l'internaute


Bonjour,

Effectivement, merci pour cet avis tranché qui permet de mettre une belle image sur le MBA. Merci pour le rire !

Concrètement, il est très difficile de revenir dans un groupe après avoir commencé une carrière en PME. Le groupe aime le me too avant tout autre chose et est très courtisé... Oui il m'offrirait sans doute le plan de carrière et l'international.

L'international j'y ai goûté en échange ERASMUS. j'adore et j'ai envisagé de commencer à l'international. J'ai passé des entretiens notamment en Grande-Bretagne. Je me suis heurtée à un phénomène que je n'avais pas soupçonné : l'interconnexion entre marketing et culture nationale... Par ailleurs, la situation à l'étranger est similaire à celle en France en ce qui concerne le marketing : beaucoup de gens formés, peu de postes... Donc oui, l'international reste d'actualité mais réalisable une fois de plus dans un groupe.

En relisant ce mail, je me rends compte du défaitisme qui transpire et pourtant, il s'agit de constats éprouvés au travers de mes différents contacts avec différentes sociétés...

Cependant mon caractère tenace fait que je recommencerais bien entendu à postuler dans ce sens...

Affaire à suivre donc !




Réponse du DRHache

Très bien, on avance.

Non non, pas de vision spécialement pessimiste de votre propre parcours, votre mail était plutôt optimiste et surtout objectif et bien construit, je n'y vois rien de défaitiste, plutôt beaucoup d'intelligence, des situations notamment.

Je vois dans votre réponse une certaine envie de rejoindre le grand groupe, avec la peur de l'échec, ce qui est normal, et derrière la peur du succès, ce qui est français.

Allez y.

Postulez.

Ciblez le grand groupe avec un but international à 5 ans. Et dites le en entrant.

Je pense cela dit que vous avez raison sur les considérations culturelles du marketing, qui s'expliquent assez bien. Alors ciblez un groupe français, s'ils savent faire quelque chose c'est expatrier des gens bien formatés.

Si vos recherches ne donnent rien, tant pis pour eux.

Si vous ne vous mettez pas en risque d'échec potentiel pour obtenir ce que vous souhaitez, tant pis pour vous.

Joyeux Noël dans tous les cas de figure.

D R Hache



Réponse de l'internaute


Bonjour,

Merci pour ce mail qui remet du baume au coeur et cela confirme ce que je ne tenais pas à m'avouer.

Une fois ma décision prise, j'ai pour principe d'avancer coûte que coûte jusqu'à mon objectif et me laisse rarement déstabilisée par les échecs (et il y en a des déceptions dans une recherche d'emploi). Le peur du succès, oui, très certainement...

Donc je me donne 1 à 2 ans pour finir un projet personnel (restaurer ma 1ère maison) et continuer à capitaliser sur les projets en cours. Je reprends cependant dès à présent une veille active en prenant soin de sélectionner finement les annonces qui m'intéressent : groupe, secteur d'activité...

A partir de là, nous verrons bien quelle sera la prochaine étape.

Meilleurs voeux en ce début d'année 2011 ! Que cette année vous permette d'aiguiller d'autres réflexions et de permettre à beaucoup de reprendre espoir !

Cordialement

 



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