Le job en or
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Le job en or


Le DRHache a un job en or à pourvoir. Mais qui aura la chance de le décrocher ?

J'ai un job en en or.

Enfin pas moi, moi j'ai un job sympa, mais dans le groupe, j'ai un job en or à pourvoir.

Alors je cherche. Je cherche quelqu'un se situant entre 23 et 37 ans, avec un niveau d'études bac +5 ou plus, des connaissances financières solides, une grande aptitude à résister au stress doublée d'un sens du service irréprochable.

En clair, il va falloir ranger des chambres dans un environnement de salle des marchés, en se faisant botter le train toute la journée par des traders tétra céphaliques qui vous considèrent comme des frais fixes.

Non, ça ne va pas. Voici ce que cela donne en langage technocratique.

Il va falloir faire de la conduite de projets et implémenter les nouvelles stratégies marketing, de communication et de développement individuel. Vos clients internes seront les opérateurs de marchés, et vous saurez allier fermeté et diplomatie pour vendre vos idées aux opérationnels sans pour autant nuire à l'intégrité de leur quotidien et en exploitant au maximum la notion de service.

Ce type de poste est extrêmement convoité en interne et en externe.

En externe, les candidats sont intéressés plus pour la réactivité du poste que pour l'argent d'ailleurs. Même si votre salaire sera supérieur à celui de vos camarades de l'ESCP, il n'aura rien à voir avec un salaire de trader et vous le savez en entrant.

Ce qui vous séduit donc, c'est plus la réactivité, la jeunesse des équipes, les environnements high-tech et les moyens mis en oeuvre pour que vous puissiez mener votre mission à bien.

A contrario, en interne, c'est l'argent qui intéresse. Beaucoup de gens lorgnent vers ces métiers parce qu'ils se sentent prisonniers de leur rémunération dans le groupe, qu'ils ont fait parler radio moquette. Ils connaissent donc le salaire de leur boss et la perspective de devoir attendre 15 ans pour une espérance d'augmentation de 37 % ne les séduit pas, autant aller là où il y a l'argent, après tout on est tout de même dans une institution financière ça serait dommage de se priver.

En tant que gestionnaire individuel des ressources humaines, j'avoue avoir une préférence pour la candidature en interne. D'abord, cela favorise les intérêts du groupe. C'est moins cher, et on est quand même là aussi pour faire tourner la Boutique.

Mais justement, c'est la que le bât blesse, j'y reviendrai.

Ensuite, c'est moral, d'une certaine manière.

Embaucher dehors pour virer les présents, c'est un peu sale, si l'on peut faire matcher les compétences.

Et puis c'est surtout très bête.

J'ai deux fois plus d'outils pour évaluer les membres du groupe, pourquoi m'en priver ? J'ai des évaluations, des opinions, de possibles entretiens avec les boss, les subordonnés et j'ai accès à radio moquette.


Mais les opérationnels préfèrent l'externe.


Hmmmmm, c'est bien l'externe. Et puis c'est cher. Si c'est cher, c'est bon. Ha non, vous n'allez pas essayer de me refiler les bras cassés de l'interne. Forcement nuls. Pourraient pas résister à la pression. Nous il nous faut des cadors. Des jeunes. Beaux si possibles.


Le poste est pourvu.


Une HEC avec quatre ans d'audit qu'on a débauché à prix d'or. On avait la candidate idéale qui venait d'un autre métier dans le groupe mais elle n'a pas su répondre à deux questions posées en même temps.



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