Le passeport compétences, un outil méconnu pour booster sa carrière
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Le passeport compétences, un outil méconnu pour booster sa carrière


Connaissez-vous le passeport compétences ? Probablement pas. Ce dispositif très peu utilisé en entreprise permet pourtant au salarié de prendre en main son évolution professionnelle. Le consultant RH Alain Finot, son meilleur ambassadeur, nous explique tout ce qu'il faut savoir à son sujet.

Le passeport compétences est au salarié ce que le carnet de santé est au patient. Concrètement, il permet de consigner par écrit tout ce que l’on sait faire dans un cadre professionnel. Objectifs : mieux se connaître soi-même pour favoriser sa mobilité interne et externe. « Tout va très vite, on enchaîne les jobs, les projets et les missions. Or à force d’être le nez dans le guidon, on oublie ce que l’on a fait durant sa carrière. Le passeport compétences, c’est donc la mémoire professionnelle du salarié », résume le consultant Alain Finot, ancien RH ayant fondé la société de conseil, Optitop. Dans son dernier ouvrage, L’Employabilité des juniors et des seniors (éd. Liaisons sociales), il décrit ce dispositif comme une chance trop peu utilisée aujourd'hui par les salariés, par manque du temps ou, plus vraisemblablement... parce qu'ils sont peu nombreux à avoir entendu parler de ce dispositif, pourtant gratuit !

La "mémoire professionnelle" du salarié

Le passeport compétences se présente ainsi : un document très structuré de plusieurs pages dont un modèle en PDF peut être téléchargé gratuitement depuis le site du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), www.passeportformation.eu. A première vue, cela ressemble à un CV ultra-détaillé, sans se substituer à lui.

Formations, projets, objectifs : tout peut être tracé dans ce « passeport ». Les compétences mises en œuvre dans le job actuel mais également celles acquises dans d’autres postes ou dans la sphère privée sont détaillées selon plusieurs critères : sociales (travail d’équipe), organisationnelles (management), linguistiques, informatiques mais aussi, plus surprenant, artistiques. « La pratique de la peinture peut en dire long sur votre créativité, de la même façon que le fait d’être trésorier d’un club de foot montre que vous maîtrisez le plan comptable : ce sont des compétences que vous pouvez vendre », ajoute Alain Finot.

A contrario, se plonger dans la rédaction du passeport peut vous aider à mettre le doigt sur une faille de votre parcours, de vous rendre compte par exemple que vous n’avez pas été en formation depuis quatre ans. « L’idée du dispositif, c’est : « je prends soin de ma carrière »», résume Alain Finot.

A qui s'adresse le passeport compétences ?

A fortiori, il s’adresse tout particulièrement aux cadres expérimentés ou seniors ayant occupé de nombreux postes et accompli un large éventail de missions, dont ils ont tendance à sous-estimer l’importance pour vendre leur profil.

Si ce dispositif, entériné par la loi de 2004 sur la réforme professionnelle tout au long de la vie, demeure méconnu des salariés, c'est que les entreprises – qui doivent pourtant porter l'outil – s'en sont saisies à la marge : moins de 10% des entreprises l’auraient adopté, notamment des grands groupes tels que Thales ou Areva, selon Alain Finot.

Si votre entreprise n’est pas encore dans le coup, rien ne vous empêche cependant de remplir le votre voire d'en transmettre une copie à votre employeur. Qui sait, peut-être ce dernier découvrira-t-il en vous des talents insoupçonnés ?

Quant utiliser le passeport compétences ?

- Avant l’entretien d’embauche, pour préparer son argumentaire, pour faire le lien entre vos compétences et celles demandées pour le poste

- Au moment de l’entretien d’embauche, vous pouvez en remettre une copie au recruteur. Au passage, vous lui envoyez un message qui ne peut être que perçu positivement : « je suis pro-actif »

- Au moment de l’entretien annuel, le N+1 conduisant l'entretien et le salarié peuvent le compléter ensemble et le mettre à jour avec les missions et objectifs réalisés dans l’année. Bref, c’est un outil qui peut appuyer une évolution de poste.

- Dans le cadre d'une demande d'inscription au sein d'une formation sélective : pour décrire et étayer les moments forts de votre carrière lors de la préparation de votre dossier de candidature, pour un MBA ou une validation des acquis de l’expérience par exemple.

Nathalie Alonso © Cadremploi.fr




Commentaires

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Vos réactions
  • VLib
    Bonjour,

    L'article de M. Alain FINOT relatif au passeport de compétences m'a beaucoup intéressée même si je connaissais déjà ce document pour l'avoir repéré sur le site Internet du FONGECIF d'Ile de France.
    Etant actuellement en phase d'évolution professionnelle, en principe à l'intérieur de mon entreprise, je souhaite établir ce document pour étayer mes demandes de formations et d'évolutions de mes missions.
    Je suis responsable juridique senior dans une entreprise publique de services.
    Pourriez vous me donner une estimation du temps qu'il faut consacrer pour établir un document suffisamment renseigné pour commencer ? J'ai conscience que ce passeport doit être alimenté au fil du temps.

    Je vous remercie de l'attention que vous porterez à ma demande.

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  • canard déchaîné
    La mémoire professionnelle du salarié suffit-elle à combattre l’amnésie militante de son employeur au moment des évolutions, augmentations de salaires, promotions, … ?

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  • marqus39
    Je trouve la démarche très intéressante.
    J'ai eu l'occasion de constater que tenir à jour son CV est le premier pas. Je suis maintenant retraité, mais peu importe. J'ai rencontré 2 recruteurs qui savaient "lire" au travers d'un CV, relier les axes principaux, bref : interpréter, bien mieux que moi, ma propre course que je menais trop vite pour faire ce travail de relecture.
    Un professionnel m'a souligné, par exemple, qu'une bonne partie de mes activités était axée sur l'écoute, et contre toute attente de ma part, a donné un 1er avis favorable à l'entretien. J'ai été finalement embauché, et quand j'ai décidé de partir, j'ai effectué une démarche pour trouver mon successeur, dans ce sens de la capacité d'écoute.Et j'ai eu le plaisir(pour une fois, faut bien se faire un petit compliment!), d'apprendre que la personne avait occupé le poste jusqu'à son départ en retraite.
    Peut-être j'ai eu de la chance, aussi...
    Bon courage à ceux qui sont en recherche d'emploi. .

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