Les 3 phases d’un burn-out
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Les 3 phases d’un burn-out


Le professeur Luc Brunet, spécialiste en psychologie du travail à l’université de Montréal, nous explique comment reconnaître le bon stress du mauvais stress... et comment identifier les 3 étapes d'évolution d'un burnout. Un cadre averti en vaut deux !


  • Souffrez-vous de maux de tête fréquents, surtout avant d’aller travailler ou au travail même?

  • Vous sentez-vous déprimé ou impuissant devant les tâches à accomplir?

  • Vous sentez-vous désengagé au travail et avez-vous l’impression de ne « faire que du présentiel » avant de profiter de vos loisirs?

Si vous avez répondu oui à ces questions, c’est que votre travail commence à peser lourd, non ? Sachez que la notion de « stress au travail » n’est plus taboue : ces 40 dernières années, elle rencontre un écho croissant. Les articles de recherche qui s’y intéressent et les interventions en milieu de travail se multiplient.

C’est que, dans nos sociétés modernes, le travail occupe près de 60% de notre temps éveillé. Et que les entreprises ont bien compris que, s’il peut être une source d’accomplissement, il peut aussi devenir un enfer.

Le bon stress, dit l’eustress

Pour les mieux lotis, donc, n’oublions pas que les effets positifs du « bon » stress, appelé « eustress », découvert par Hans Selye, le « découvreur » du stress. L’eustress donne l’énergie et la motivation nécessaire pour vaincre les obstacles, se dépasser : il est donc positif côté performance… mais lorsque les défis sont jugés surmontables par l’individu, en fonction de ses compétences, de sa personnalité et du soutien organisationnel.

Car lorsque l’organisme ne peut plus supporter le « combat », c’est le mauvais stress qui prend le dessus. L’individu risque alors de développer des troubles psychiques et/ou physiques, qui surviennent de façon graduelle et dont les symptômes peuvent être l’épuisement physique et émotionnel, une image négative de soi-même, une attitude négative envers le travail, une perte d’intérêt et de préoccupation envers les gens dont nous sommes responsables…

1, 2, 3… Burnout !

Le burnout ne survient jamais de façon subite mais plutôt graduelle. Ce dernier peut connaître une évolution plus ou moins longue, en général entre 5 et 10 ans, selon la durée et la force des stresseurs occupationnels auxquels est exposé l’individu. Et bien sûr, aussi, selon la personnalité ou la capacité de résistance de ce dernier. Ce qui est mieux défini, ce sont les 3 étapes de développement graduel d’un burnout, qui peuvent d’ailleurs aider à le reconnaître. Il y a d’abord la confusion, la frustration puis le désespoir.

Dans la phase confusion, l’individu pressurisé au travail commence à développer des appréhensions et de l’angoisse. Cette personne commence à éprouver un sentiment diffus de crainte à propos de tout ce qui peut survenir. À cette étape on voit aussi apparaître de fréquents maux de tête, de l’insomnie et aussi un certain manque d’énergie.

Suit la phase de frustration : plus le burnout évolue, plus la personne en vient à éprouver une forme de frustration et de rage – le sentiment d’être impuissant à surmonter une angoisse qui n’a pas de fonctionnement rationnel. À cette étape, les désordres physiques deviennent plus prononcés.

Vient finalement, la phase de désespoir : il s’agit de l’étape ultime où la personne commence à sentir que tous ses efforts ne servent à rien, que le travail n’a plus de sens, que l’ennui, le désenchantement et la dépression prennent le dessus. C’est l’étape de mise « hors de combat » où l’individu n’est plus capable de fonctionner au travail.

Une intervention thérapeutique rapide dans la première ou la deuxième phase est susceptible de freiner l’évolution du burnout et de ramener un équilibre psychologique. La prévention passe, non seulement, par la réduction des stresseurs organisationnels mais aussi par une meilleure gestion de soi, surtout lorsque l’on ne peut réduire les irritants de l’environnement de travail.

Ainsi un climat de travail sain caractérisé par un leadership authentique, de la reconnaissance face au travail des employés et une éthique de la justice et de la sollicitude, tout ceci aurait un effet réducteur sur le stress. En plus, une bonne gestion de soi caractérisée par le développement d’une philosophie de vie positive, une mise en forme physique et psychologique devraient permettre à l’individu de mieux gérer les stresseurs de sa vie de travail.

Luc Brunet © Cadremploi.fr

Retrouvez la précédente chronique de Luc Brunet : comment survivre à un patron conflictuel.



Commentaires

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Vos réactions
  • Marcel
    Bonjour,
    Je vois que vous remettez sur pied la notion de "bon" ou "mauvais" stress qui semblait plutôt tendre à la disparition. Ce qui reste toutefois discutable mais ne change rien aux mécanisme du stress.

    En ce qui concerne les étapes du burn out, là aussi vous nous offrez une dénomination différente de ce qui est régulièrement enseigné et qui décrit le comportement aussi bien somatique que psychologique du sujet exposé.
    En effet chez vous, les phases d'alarme, de résistance et d'épuisement correspondent respectivement aux phases de confusion, frustration et désespoir. Permettez moi de ne pas partager totalement cette approche. En effet, la première phase du Burn out correspond à l'installation des agents agresseurs induisant des effets à la fois positif et négatifs chez l'individu. A la 2e phase, l'individu développe des mécanismes d'adaptation et de défense pour résister à l'attaque. Si l'agression dur trop longtemps, l'individu sera vidé de ses forces et s'installera l'épuisement.
    La phase de confusion ne fait pas d'allusion à une agression tandis que la phase de frustration ne fait pas mention de lutte contre l'agression et enfin la phase de désespoir qui elle se rapproche un peu de l'épuisement mais ne fait pas mention de l'intensité et la duré de l'agression dans le temps.

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  • COURAGE
    Bonsoir,
    J'ai fait un burn out en avril 2013 dû à une surcharge de travail et harcèlement moral de la femme de mon patron. Après 9 ans d'expérience dans une société de 23 salariés madame me demande de lui montrer tout ce que j'avais mis en place et un an après commence des réflexions, piques, rabaissements, travail toujours mal fait et le lendemain caresse dans le sens du poil: il ne faut pas se mettre dans des états comme çà il y a des choses plus graves dans la vie et le lendemain rebelote...
    Son mari ne pouvant pas prendre de décision en vers sa femme pour arrêter cette acharnement décide de faire des réunions pardon des confrontations ou j'en ai pris plein la tête avec trois personnes : tu es négative, tu portes négative, il y a une mauvaise ambiance au bureau à cause de toi, à 41 ans tu ne retrouveras pas de travail etc... et moi pas de délégué du personnel pour assister car jamais d’élection.
    J'ai été licenciée en juillet 2013 pour inaptitude dans l'entreprise, un dossier au prud'homme est déposé ainsi qu'un dépôt de plainte pour harcèlement morale.
    Il faut oser dénoncé se qui se passe car le fléau grandit et demain se seront nos enfants qui seront sur le marché du travail et je ne veux pas qu'ils subissent la même chose.
    Actuellement moralement ça va mieux mais les fondations restent fragiles, j'ai une peur incontrôlable pour rechercher un autre travail, je suis suivie par un psy, on me dit qu'il faut laisser faire le temps, j'espère pouvoir un jour dépasser cette peur.
    Si vous avez une solution mirage, je prends...Merci par avance

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  • trebor
    Je n'ai pas connu cette situation, mais je l'ai vu autour de moi. Syndicaliste dans une grosse société, les mécanisme de non-gestion du personnel et de la pression ont été le point de départ dans chaque situation. Le modèle est là, il faut le combattre.
    Pour ce qui est du stress positif, je lme réfute, il n'est qu'une invention pour diminuer les responsabilités.
    Donner envie à chacun, en le respectant et en lui adjoignant des objectifs humains et atteignables sera résultat de qualité pour tous les acteurs. Le dit stress positif, sera la mesure de l'envie et son intérêt partagé.

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  • contresens
    Pour l'avoir vécu je vous assure que c'est très dur à surmonter. 2 ans de psy pour m'en sortir et retourner dans l'arène de la recherche d'emploi. Je suis un battant mais quand on se fait dévorer par cette chose je ne peux que conseiller de parler, de communiquer et surtout de ne pas se renfermer sur soi.
    Et pour finir, le meilleur des conseils qui est je pense le plus dur à suivre est le suivant:
    Si vous êtes mal dans votre job, que vous y aller avec tristesse ou colère alors quittez ce job car c'est lui qui vous quittera quand vous serez au bout du rouleau.

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