Les banquières
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Les banquières


Comment être femme et atteindre les cimes du pouvoir ? Le DRHache nous présente trois banquières qui y sont arrivées. Mais à quel prix ?

Nous sommes dans les salons lambrissés d'un grand hôtel parisien. Une estrade a été dressée, sur laquelle repose une table recouverte de velours rouge, assortie aux chaises de théâtre alignées comme des croix dans un cimetière militaire américain.

Trois rectangles de carton pliés indiquent le nom des intervenantes, car aujourd'hui la parole est aux femmes, nous sommes à un « Woman Event » organisé par une grande banque américaine pour l'un des métiers les plus demandeurs qui soit, la fusion acquisition.


Plus tard on trinquera.


L'assemblée est faite bien sûr de femmes, et le pauvre gestionnaire RH organisateur n'a pas mis de perruque mais doit se positionner dans un coin de la salle et se faire tout petit pour ne pas pourrir l'ambiance.


La première intervenante prend la parole pour présenter son parcours et faire glisser le message que oui, il est possible de gérer une vie de famille accomplie et une carrière à la pointe dans un métier ou l'on vous glisse « bon après midi » lorsque vous partez à 11 h00 du soir.

Elle a 43 ans. Italienne, elle parle un anglais impeccable, et s'étend sur sa carrière, limpide impressionnante. De sa vie de famille, il ne sera fait mention qu'à travers ses enfants, « auxquels elle se consacre pleinement lorsqu'elle les a, privilégiant des instants de qualités et n'hésitant pas à débrancher son portable ces week-end là ».

La seconde intervenante embraye.

Anglaise, elle a 52 ans, elle ne s'est jamais mariée et l'assume. « Pas le temps », dit-elle en rigolant. Elle explique d'une voix rauque formatée au tabac brun maïs qu'elle a travaillé sur « LA » plus grosse transaction du groupe l'année passée comme Managing Director, et qu'il était incroyablement enrichissant de pouvoir gérer des équipes mixtes sans que cela ne pose aucune forme de problème. Elle ne parle que de travail, et fait l'article de cette merveilleuse banque dans laquelle tout est possible.

Enfin la troisième intervenante s'exprime.

Plus jeune, elle parle d'une voix plus douce, et on sent l'ex bonne élève issue du cursus de l'excellence à la française. On sent aussi qu'elle a subit les revers du syndrome de la bonne élève, qu'elle en veut, mais pour l'instant à personne. Elle décrit son parcours, les marches franchies, les plafonds de verre ressentis, et si on peut percevoir un peu de lassitude, on est sensible à l'espoir qui se dégage de son discours, emprunt d'intelligence et totalement dépourvu d'aigreur.

Elle a trente sept ans, elle est célibataire.

 

A propos du DRHache

Le DRHache a su découper sa propre vie en plusieur tranches : il a vécu en asie et en angleterre, a flirté avec les marchés financiers pour finir par s'occuper des gens dans un grand groupe financier. Parlez au DRHache, il aime aller en profondeur et ne vous laissera pas longtemps en surface.



Commentaires

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Vos réactions
  • RIGAUD
    excellent votre article "les banquières"
    une preuve de plus que travail et vie de famille est incompatible pour ce type de poste. mais même pour un homme aucun job ne justifie de considérer qu'il est normal d'arrêter de bosser à 11h du soir
    pour une bonne et simple et raison, au delà de 19h la rentabilité est tout simplement décroissante pour un homme (femme) normalement constitué
    cordialement

    Répondre


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