« Les excès de l'open space sont devenus insupportables »
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« Les excès de l'open space sont devenus insupportables »


Actineo, l'observatoire de la qualité de vie au bureau, a présenté son enquête annuelle sur les espaces de travail. En ligne de mire : les insatisfactions des salariés en open space. Odile Duchenne, directrice d'Actineo, revient sur les dérives du « bureau paysagé ».

Que ressort-il de votre dernière enquête Actineo sur la qualité de vie au travail ?

L'objectif de cette étude était de percevoir le ressenti des salariés par rapport à leur cadre de travail. Aujourd'hui 60 % des salariés ne travaillent plus dans un bureau individuel et 14 % d'entre eux sont en open space, c'est à dire dans un espace de travail de plus de quatre personnes. Les réponses ont donc été établies en fonction des profils « bureau individuel », « bureau collectif » et « bureau ouvert ». On a ainsi pu voir que les insatisfactions au travail sont plus grandes pour les salariés en open space : ils sont 48 %, par exemple, à se plaindre de leur environnement pour pouvoir se concentrer, contre 16 % pour les personnes travaillant en bureau isolé et 28 % pour les personnes en bureau collectif.

 

A quoi est-ce dû ?

Les open space ont été réalisés pour de bonnes raisons initiales. Ils permettent de fluidifier le travail et de faciliter les rapports avec la hiérarchie. Ils sont conçus pour l'efficacité. Le problème, c'est que de plus en plus, les entreprises les adoptent avant tout pour gagner des mètres carrés. Résultat : la densité y est de plus en plus forte et les salariés s'y retrouvent entassés comme des poulets en batterie. L'espace de chaque individu est réduit à une moyenne allant entre 15 et 20 m²... En 20 ans, on est passé d'un plan de travail moyen qui était de 160 cm de long sur 100 cm de large à une planche de 120 sur 80 cm. Sans aucun rangement, bien sûr, puisqu'on se dit que tout est dans l'ordi !

 

Mais les entreprises n'en ont-elles pas conscience ?

Elles commencent effectivement à prendre en compte l'impact de l'espace de travail sur le salarié. Elles repensent peu à peu l'open space pour gommer certaines nuisances. On installe, par exemple, des plafonds acoustiques pour atténuer les bruits ou des masqueurs de sons qui permettent de ne conserver qu'un bruit de fond acceptable, voire agréable, à l'oreille. Elles travaillent également sur la luminosité de l'espace en équipant les ensembles de lumières douces qui n'agressent pas l'œil et les postes de bureaux de lumières chaudes qui donnent un côté presque cosy.

 

Peut-on dire que l'open space est en train d'évoluer ?

Il faut faire attention à ne pas jeter l'open space. En soi, je le répète, il n'est pas mauvais. Ce sont les excès de l'open space qui sont devenus insupportables. Il a été trop généralisé pour des raisons, là encore, souvent économiques. Mais il ne s'adapte pas à tous les métiers : s'il peut être très utile dans les métiers de la communication, par exemple, il n'est pas conseillé pour les métiers du juridique ou des RH qui ont besoin de confidentialité. Il faut toujours et avant tout partir du métier des gens avant d'opter pour un bureau ouvert.



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