Les limites du management virtuel
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Les limites du management virtuel


Le mail est un outil de communication formidable. Mais attention ! Il doit être utilisé avec précaution. Bien que virtuel, il laisse des traces et peut devenir espion ou cafteur. Pour le manager et ses subordonnés, l'utilisation du mail présente plusieurs dérives à éviter.

C'est tentant. Donner des directives, distiller des conseils, réprimander, féliciter. Le tout, sans se déplacer, sans élever la voix. Par la simple magie de l'email, les managers timides peuvent jouer les terreurs, les tyrans peuvent être gentils. Mais ce management virtuel pour reposant qu'il soit, atteint vite ses limites. Car non seulement les courriers électroniques s'avèrent extrêmement frustrants pour les protagonistes d'un conflit naissant, mais de plus, ils laissent des traces, facilement utilisables lors d'un litige.

Frein à l'échange ou déballage


Le mail est un outil fantastique, mais il ne remplacera jamais un coup de fil ou un simple échange verbal. En raison même de cette notion d'échange. Une réprimande par courriel ? L'accusé ne peut se défendre immédiatement. S'il n'est pas réellement fautif, il va passer de longues minutes, parfois plus d'une heure à rédiger une réponse pour faire valoir ses arguments, soucieux de faire reconnaître une injustice. Double dégâts pour l'entreprise : du temps perdu qui aurait été économisé par un simple coup de fil, un salarié vexé et démobilisé.
La facilité offerte par le mail peut inciter un manager à exposer ses états d'âme à travers cet outil, sans se douter de l'effet dévastateur d'un texte. « Mon boss me confiait régulièrement par mail tous les défauts qu'il trouvait aux femmes de mon équipe, confie Marc, chef des ventes dans une entreprise de l'agro-alimentaire. Quand on se voyait, il n'en reparlait jamais comme si, une fois écrit, son problème était résolu. Mais pas pour moi car je savais avoir affaire à un misogyne en embuscade. »

Alibi ou preuve


Autre classique du manager inconséquent, le mail du vendredi après-midi, envoyé pour se « couvrir » par rapport à sa hiérarchie. « Attends tjrs votre rapport mensuel. Urgent merci. » L'expéditeur fait ainsi croire qu'il s'agit d'une demande répétée alors que lui-même avait oublié de le demander à son subordonné. Pervers et démoralisant pour celui qui le reçoit une veille de week-end.
Heureusement ou par malchance, selon le côté de la barrière où l'on se situe, les écrits restent et ce qui est vrai pour un contrat l'est également pour un email. Un collaborateur en litige avec son chef de service peut parfaitement utiliser les courriels que ce dernier lui a envoyés. En cas de plainte pour harcèlement moral, ces pièces peuvent s'avérer plutôt convaincantes. Sans être des preuves irréfutables auprès d'un tribunal, un email est néanmoins parfaitement daté, même l'heure d'envoi y figure. Et le nom de son expéditeur apparaît sans aucun doute possible.

Le courrier électronique doit donc être utilisé pour ce qu'il est : un super facteur et non pas un palliatif à la voix humaine. Il permet d'économiser un temps fou lors du transfert de documents, mais il n'évite pas une explication orale. Il peut, à la limite, permettre de rappeler par écrit ce qui a été dit, au cours d'une réunion ou d'un rendez-vous en tête à tête. Sans jamais perdre de vue que les phrases que l'on tape sur son clavier peuvent être gravées dans le marbre. Raison de plus pour ne pas se lâcher, ne pas colporter des ragots par ce biais. Ce n'est ni le lieu, ni la place pour tenir des conversations de machines à café. Le manager peut user de l'email-détente avec ses amis, pas avec ses collaborateurs.



Commentaires

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Vos réactions
  • Guillaume
    je préfère cet article ... il est plus rigolo !

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