Les promesses des pôles de compétitivité du Nord
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Les promesses des pôles de compétitivité du Nord


Depuis 2005, les régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie ont développé sept pôles de compétitivité dans des secteurs aussi variés que le transport, le textile, la nutrition ou la santé. Une stratégie économique qui dynamise l'emploi et favorise l'implantation d'entreprises étrangères.

Troisième région économique française, le Nord-Pas-de-Calais a fait aujourd'hui le pari de l'innovation. Pas moins de sept pôles de compétitivité, associant recherche, formations et entreprises, ont ainsi vu le jour depuis 2005, de Boulogne-sur-Mer à Compiègne. Transport, nutrition, textile, industrie du commerce, halieutique ou agro-alimentaire... Loin de renier son passé ouvrier, la grande région Nord a choisi de s'appuyer sur ses compétences traditionnelles pour opérer le virage de l'industrie de pointe.

Des métiers plus pointus

Exemple dans le textile. La filière, qui représente 20 000 salariés et 600 entreprises dans la région, n'entend plus désormais parler "d'emplois traditionnels". Avec la mise en place du pôle .Up-Tex, sur les textiles innovants, l'heure est à la créativité : Tout ce qui est chaîne d'assemblage de vêtements peut être fait partout ailleurs dans le monde à moindre frais, explique André Beirnaert, président du pôle. Il nous faut donc réinventer sans cesse des métiers du textile plus spécialisés, plus pointus. Plus polyvalents, aussi.

Un tiers des embauches de cadres en 2015

Et plus nombreux ? En 2007, selon l'Apec, près de 30 % des 140 000 cadres de la région exerçaient dans des activités concernées par les différents pôles. Et sur les 29 000 emplois cadres qui devraient être créés dans la région à l'horizon 2015, 17 400 devraient l'être entre 2010 et 2015, lorsque l'effet « pôle » se fera réellement sentir, prédit une étude de l'Apec parue en 2007. Un tiers pourrait d'ailleurs leur être directement imputable. Mais difficile de s'avancer d'avantage aujourd'hui. « L'emploi est une conséquence de la politique de compétitivité, réplique André Beirnaert. Les pôles vont forcément créer des emplois. Mais ils n'existent que depuis 2005 : c'est donc encore un peu difficile à mesurer. »

De grands groupes à l'origine des pôles

Même raisonnement du côté de la Chambre Régionale du Commerce et de l'Industrie de Lille. « L'impact en terme de création d'emplois est d'autant moins palpable que beaucoup de ces pôles se sont constitués autour de grands groupes, affirme Dominique Boudin, responsable du secteur innovation. Bonduelle, au cœur du pôle Nutrition Santé Longévité, ou Alstom-Bombardier, au sein d'I-Trans, aurait sans doute embauché sans la création de ces pôles. »

Le nombril de l'Europe

Plus facile à observer : l'impact de ces politiques d'innovation sur l'image du Nord à l'extérieur de nos frontières. En quelques années, ces pépinières de projets, alliés à une politique d'infrastructures dynamique, ont permis à la région Nord-Pas-de-Calais de se placer en France comme la première région d'investissements étrangers (hors Ile-de-France). Le pôle I-Trans, sur les transports intelligents, a atteint une vocation mondiale, tandis que des grosses sociétés internationales, tels que Toyota à Valencienne, ont depuis longtemps compris l'intérêt stratégique de cette région nombril de l'Europe.

Lille préférée à Paris

« Certaines entreprises, remarque Claire Lesbleiz, de l'Agence pour la promotion internationale de Lille métropole (Apim), font même le choix de s'installer à Lille sans ouvrir d'antenne parisienne. » C'est le cas, notamment de l'entreprise britannique Tate and Lyne, qui vient d'ouvrir un centre de recherche et de développement des ingrédients alimentaires, en créant dans la région 70 postes supplémentaires. Le groupe pharmaceutique Bayer Shering Pharma vient lui aussi d'installer son « centre de décision » à proximité du pôle Nutrition Santé Longévité d'Eurasanté.

Mais là encore, tempère Dominique Boudin, de la CRCI, on peut se demander ce qui les attire chez nous. Est-ce le pôle de compétitivité ? Est-ce la proximité des universités Lille I et Lille II ?... Ou est-ce le prix encore accessible des terrains dans la région ?



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