Manager les Y
Managers : apprenez à fidéliser la génération Y

Un vrai casse-tête. La génération « Y » donne des maux de tête aux managers qui ne savent parfois plus à quel saint se vouer pour la fidéliser. Voici quelques clés pour mieux l'apprivoiser.
Individualiste, flexible, inventive, branchée... mais si peu attachée à l'entreprise. C'est peu dire que la génération Y vient bousculer l'ordre établi. Elle oblige les managers à se livrer à un numéro de contorsionniste pour la retenir.
Un besoin d'apprendre tous les jours
« Ce sont des profils qui ont besoin d'être nourri en permanence. Pour les fidéliser, il faut les impliquer sur des projets », assène d'entrée de jeu Romain Roulleau, directeur E-commerce chez Accorhotels.com. Un argument qui rejoint les résultats d'une enquête menée par le cabinet de recrutement Futurestep sur la génération Y. A la question, pourquoi aimez-vous votre job aujourd'hui, 52% des 350 répondants ont indiqué « les missions et les projets confiés ». Traduction : « ils doivent avoir l'impression d'apprendre tous les jours », décrypte Anne-Laure Piron, l'auteure de l'étude.
Equilibre vie pro et vie perso
Et la question de la rémunération est reléguée loin derrière. Elle n'est citée que par 18% du panel. Clairement aujourd'hui, la motivation ne se fait plus juste avec la carotte d'un salaire très attrayant. Les conditions de travail priment tout comme l'équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. « Cette notion d'équilibre est d'ailleurs le plus grand facteur différenciant avec la génération précédente », explique Anne-Laure Piron. 77,4% des personnes interrogées estiment ainsi que la flexibilité des horaires est primordiale à leurs yeux. Les « fini les dictateurs des horaires » et « seuls les résultats comptent », sont sur beaucoup de lèvres. « Il faut être d'une grande souplesse », reconnaît bien volontiers Rodolphe Pelosse, directeur du développement chez Hi-media.
De vraies perspectives d'évolution
Mais ce n'est pas tout. Pour espérer pouvoir garder ces talents pendant quelques années, de fortes perspectives d'évolution constituent un argument de poids. « Il y a une impatience très forte chez cette génération. La phrase classique c'est : « cela fait 8 mois que je suis à ce poste. J'en ai fait le tour. Quand est ce que je progresse ? », narre Olivier Carrette, directeur Internet et e-commerce aux Galeries Lafayette. En effet, pour 77% des répondants à l'étude Futurestep, évoluer signifie changer de responsabilités. Bonne nouvelle pour les entreprises, ce besoin n'implique pas forcément de passer à la concurrence. Ils ne sont que 17% à le mentionner.
Inutile de pavoiser pour autant. Qu'on se le tienne pour dit, la génération Y n'est pas attachée à l'entreprise mais à son travail et aux avantages qui y sont associés. « Elle est prête à quitter l'entreprise si elle considère qu'elle ne lui apporte plus rien » avertit Anne-Laure Piron.
Dans ces conditions, Ingrind Tisserand, directrice des Ressources humaines chez Pixmania.com refuse de trop s'en faire. « On ne peut pas éternellement les fidéliser, ll faut accepter qu'ils partent », conclut-elle un brin philosophe.
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