Nouvelles pratiques pour managers pas ringards
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Nouvelles pratiques pour managers pas ringards


L’arrivée d’une nouvelle génération avide de nouvelles méthodes de management bouleverse le fonctionnement des entreprises. Quelles sont-elles ? Une conférence, les 26 et 27 mars à Paris, posera la question tant attendue : allons-nous "vers la fin du management de reporting ?". Précisions avec Marion Breuleux, responsable pédagogique pour le groupe EFE et organisatrice de ces journées.

Qu’entendez-vous par management de reporting ?

Dans un contexte économique incertain et complexe, les entreprises ont de plus en plus de mal à suivre le rythme de l’innovation. Si les managers passent leur temps à remplir des tableaux chiffrés, ils ne peuvent pas être à l’écoute de leur marché, de leurs clients et de leurs équipes. La performance ne se trouve pas dans des tableaux Excel !

Pour s’en sortir aujourd’hui, les entreprises doivent donc repenser leurs pratiques managériales ?

Il ne faut pas généraliser. Mais il y a beaucoup d’exemples, à travers le monde, d’entreprises qui ont adopté des pratiques innovantes en la matière et qui affichent des taux de croissance à deux chiffres. Par exemple, aux Etats-Unis, Zappos propose à ses futures recrues le deal suivant : soit ils sont embauchés, soit on leur offre 2000$ pour ne pas accepter le poste. De cette manière, l’entreprise s’assure des collaborateurs qui veulent s’engager à long terme !

En France, prenez la Fonderie Favy. Elle évolue dans un secteur sinistré et pourtant elle est loin de déposer le bilan. Cela tient pour une grande partie à l’évolution de ses pratiques managériales. Quand il a pris les rênes de l’entreprise, Jean-François Zobrist a supprimé les pointeuses pour les ouvriers. Il leur a expliqué qu’ils n’étaient pas là pour faire des heures, mais pour satisfaire un client, quitte à rester un quart d’heure de plus.

Et cette mesure est passée auprès des ouvriers ?

En général, ce ne sont pas vraiment les ouvriers qui posent problème ce sont les cadres intermédiaires. Ce sont eux qui ont un pouvoir ou un périmètre à défendre. Ils doivent apprendre à quitter une posture d’encadrement, où ils expliquent à leur équipe comment faire son travail. A la place, ils doivent adopter une posture stratégique et expliquer aux gens pourquoi ils font leur job.

Mais peut-on faire d’un manager vieille école un manager nouvelle génération ?

Cela s’apprend, mais il y a certains managers qui ont énormément de mal à faire évoluer leurs pratiques. D’autant qu’il faut sortir de cette posture très française qui consiste à dire que la réussite professionnelle passe par le statut de manager. On peut imaginer de travailler de façon différente dans une société : en tant que consultant interne, en fonction support ou encore de façon transversale par exemple.

Changer le modèle managérial de son entreprise, cela implique de passer d’une logique de postes à une logique de compétences ou de talents. Ne pas essayer de faire rentrer quelqu’un à tout prix dans un poste, mais plutôt lui faire réaliser des missions pour lesquelles il est doué.

Pourriez-vous nous décrire le nouveau manager idéal ?

Le point essentiel c’est qu’un manager aujourd’hui n’est plus celui qui détient (et retient) l’information, mais celui qui la partage. On passe donc d’une logique de contrôle à une logique d’influence. Le problème, c’est que l’organisation pyramidale des entreprises entre en collision avec cette logique. Donc les managers doivent abandonner certaines de leurs prérogatives, notamment le fait d’être « ceux qui savent » pour aboutir à cette transformation.

En ce moment, on entend beaucoup ce discours, notamment de la part des jeunes générations, qui ne veulent plus être managées de cette façon. Mais elles ne sont pas encore aux commandes…

On est clairement dans un entre-deux. En plus, en période de difficulté économique, le premier réflexe d’une entreprise c’est de renforcer le contrôle. C’est ce qu’on est en train de vivre de plein de sociétés actuellement : on contrôle les coûts, les dépenses, les horaires, les objectifs... on demande des reportings… mais ce sont des choses qui vont se payer à plus ou moins moyen terme parce que cela tue l’innovation et les capacités d’initiative des salariés.

Pour trouver des pistes de réflexions sur les nouveaux modèles managériaux, le groupe EFE organise sa conférence annuelle les 26 et 27 mars prochain, sur le thème « Vers la fin du management de reporting ». Isaac Getz, co-auteur de « Liberté & Cie » et professeur à l’ESCP Europe Paris en sera l’invité d’honneur. L’événement sera aussi l’occasion de découvrir les innovations managériales mises en places par des entreprises comme Disneyland Paris, les Biscuiteries Poult, la fonderie Favi, HCL Technologies ou encore La Poste Courrier.

Pour en savoir plus : programme détaillé et inscription à cette adresse.

Propos recueillis par Marion Senant © Cadremploi.fr



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Vos réactions
  • vers demain
    La nécessité de repenser certaines pratiques managériales dans les entreprises ne me semble pas liée aux exigences de la génération Y ; tout au plus les "Y" expriment-ils plus clairement leur scepticisme face à la culture du reporting et à la rétention de l'information.
    L'organisation pyramidale n'est pas non plus une exclusivité de l'entreprise française, même si elle y est plus visible qu'ailleurs. Ce ne sont pas QUE les jeunes générations qui refusent la logique de contrôle mais tous ceux qui voient bien que cette logique ne sert qu'à protéger les "petits chefs" au détriment de l'innovation et du développement des compétences.

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