Partir quand tout va bien
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Partir quand tout va bien


Vous faites preuve d'une fidélité indéfectible envers votre poste ? C'est honorable, mais attention, que se passerait-il si vous vous faisiez « larguer » ? Dans le couple cadre-entreprise, fidélité rime souvent avec routine et les recruteurs craignent dans la constance le manque d'adaptabilité.

Un seul mot d'ordre pour définir votre poste actuel : tout roule. Et ce bien-être professionnel dure depuis des années. Alors vous vous dites que la recherche d'emploi, les CV et les entretiens, non merci. Vous avez trop de copains qui connaissent le stress du coup de fil qui n'arrive pas. Jusqu'au jour où l'un d'eux vous interpelle : « Dis donc, un recruteur m'a reproché d'avoir passé 7 ans dans ma dernière boîte. Tu te rends compte ! » On s'en rend tellement compte qu'on est en train de se faire son propre petit bilan mental à la vitesse d'un Mig 29. Et de réaliser que depuis dix ans, on travaille dans le même département de la même entreprise avec les mêmes collègues (des amis). Même nos fonctions (qu'on adore et dans lesquelles on est ultracompétent) n'ont pas fondamentalement changé même si on a décroché deux ou trois postes différents au sein du département. Que se passera t-il le jour où notre employeur connaîtra de sérieuses difficultés ? Ou que notre chouette boss aura décidé de confier notre chouette poste à un junior bien moins cher ? Inquiet, on se décide enfin à jeter un œil sur des annonces.

Nombre de salariés correspondent à ce plan de carrière qui, visiblement, n'en est pas un. Evidemment, on peut s'autopersuader que, même avec un seul employeur en dix ans de carrière, on reste « employable » car la rubrique « compétences » de notre CV prouve que l'on n'a pas fait du surplace. Mais les vertus d'une telle fidélité reste assez ardue à faire partager. « Ce n'est pas seulement un problème de compétences, ajoute ce consultant d'un grand cabinet de recrutement. Quand on reçoit un cadre confirmé qui n'a connu qu'une seule culture d'entreprise, on se demande forcément s'il va pouvoir s'adapter à un autre environnement. »

Anticiper

Raison de plus pour anticiper cette délicate situation. Sans pour autant zapper d'une entreprise à l'autre tous les trois ans, il faut régulièrement réfléchir à ses acquis professionnels et actualiser son CV tous les ans. Deux possibilités apparaissent alors : rebondir en interne, ou tenter sa chance ailleurs. Mais pour changer, il faut s'en donner l'envie. Il n'est jamais confortable de se mettre en danger. Se répéter qu'après une période troublée tout ira mieux, que l'on change pour son bien et celui de ses proches n'est pas forcément efficace. A quoi bon cette quête d'un confort matériel et intellectuel que l'on souhaite acquérir au travers d'un nouveau poste, puisque l'on peut profiter de ces petits bonheurs sans bouger ? C'est qu'il est difficile de se projeter.

Eviter la routine

Alors il faut s'entraîner. On peut commencer par changer des méthodes que l'on a soigneusement mises en place pendant des années. Modifier quelques procédures, bousculer des horaires dévolus à chaque tâche ne chamboulent pas grand chose, mais donne confiance en sa propre capacité de sortir de sa routine et permet d'éviter le saut dans le vide. Lorsque les habitudes seront défaites, on peut voir les choses en plus grand et sereinement se mettre à la recherche d'un nouveau poste, en commençant par fureter au sein même de son entreprise. Quelqu'un s'en va ? Une création de poste est en cours ? Même si le nouveau costume n'est pas exactement à votre taille, n'hésitez pas à solliciter une formation. Rapprochez-vous de la DRH pour un acte dont vous avez oublié les mécaniques depuis longtemps : vous vendre. Et si l'échec est au bout des premiers entretiens en interne, ce n'est pas un problème. Le pli est pris et vous êtes sur la bonne voie. Celle qui vous amènera à solliciter d'autres entreprises armé d'une chance inouïe : celle de disposer d'un filet de sécurité en cas de refus. Et d'un poste qui vous plaît.



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