Pour garder son emploi, faut-il garder sa femme ?
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Pour garder son emploi, faut-il garder sa femme ?


Les crises conjugales pèsent plus qu'on ne l'imagine sur un plan de carrière : selon une étude de l'Ined, les hommes seraient davantage exposés au chômage après une séparation.

L'an dernier, à 36 ans, Nicolas s'est séparé deux fois. De sa femme, d'abord. « A mon initiative », précise-t-il. Puis, de son employeur, quatre mois plus tard. « Sauf que là, c'est mon patron qui a choisi. » Ce cadre dans l'industrie automobile assure qu'il n'a pas vu venir son licenciement « pour motif personnel ». « Inconsciemment, j'ai tout envoyé balader, résume-t-il. Je suis devenu irritable et j'ai été mis à pied après une grosse altercation avec mon supérieur hiérarchique. »

Les couples explosent, le taux de divorce aussi

Je pense divorcer, donc je suis chômeur ? On doit cette conclusion très cartésienne aux travaux de deux chercheuses de l'Institut national des études démographiques (Ined) et d'une statisticienne de l'Insee. Les salariés - masculins essentiellement - seraient plus fragilisés qu'ils ne l'imaginent par leurs changements de vie. Or, les revirements amoureux ont fortement augmenté d'une génération à l'autre : pour 100 mariages prononcés, le taux de divorce est passé de 11 à 45,1 % entre 1950 et 2008. Sans compter les ruptures de couples en union libre, encore plus fréquentes...

Sur la base de deux enquêtes rétrospectives (Jeunes et Carrières 1997 et Familles et Employeurs 2005) portant sur un échantillon de taille suffisante, Carole Bonnet, Anne Solaz et Elisabeth Algava ont comparé la situation professionnelle de chaque sujet concerné entre l'année qui précède la séparation et les deux années qui ont suivi.

Une « baisse de son temps marchand » chez l'homme

Durant les deux années qui suivent la crise conjugale, l'étude montre, sans surprise, que les femmes inactives ont largement tendance à reprendre un emploi pour pallier la baisse - évaluée à 32 % par les auteures - de leur revenu médian. Plus étonnant, les hommes, au contraire, seraient plus exposés au chômage pendant cette même période.

« La perte par l'homme de son rôle de pourvoyeur de ressources peut entraîner un affaiblissement de son attachement au marché du travail », explique le rapport. Autre hypothèse avancée, notamment pour les couples avec enfant : « une fois sans conjointe, l'homme doit réaliser de nouvelles tâches domestiques auparavant effectuées par la femme ». Ce qui se traduirait, dans les deux cas, comme une « baisse de son temps marchand » qui peut accroître son risque de chômage s'il s'investit moins dans la sphère professionnelle.

Les femmes mieux entourées en cas de crise

« Le couple et le travail sont deux entités intimement liées, analyse Odile Lamourère, conseillère conjugale et auteure du livre Les secrets des couples qui durent. Le cas le plus fréquent reste l'union qui se délite après que l'un des conjoints a perdu son emploi. Cependant, dans le cas adverse, je ne suis pas surprise que les hommes soient davantage vulnérables. »

Les raisons invoquées par cette spécialiste du couple sont toutefois plus psychologiques que celles avancées par l'Ined. « Le cliché de l'homme qui gagne de l'argent sans s'occuper des tâches domestiques ou de la famille perd du terrain, heureusement. En revanche, les femmes sont mieux entourées psychologiquement en cas de rupture. Elles consultent plus facilement un psy et sont surtout entourées d'un vrai cercle d'amis avec qui elles libèrent la parole. »

Conclusion : les hommes seraient-ils plus fragiles qu'on ne l'imagine en cas de rupture ? « N'oubliez pas que dans 70 % des cas, ce sont les femmes qui partent », rappelle Odile Lamourère. Le sexe faible n'est pas toujours celui que l'on croit.

Céline Chaudeau© Cadremploi.fr



Commentaires

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Vos réactions
  • judabricot
    Cet article est un tissu d'imbécilités machistes, écrit par une femme au demeurant, bravo... La femme est ramenée au rang d'accessoire de carrière pour Monsieur. Et la carrière de la femme dans tout ça ? Parce qu'en fait il y a des femmes qui travaillent. Si, regardez bien. Bon ok elles font de la com ou des RH, et elles sont payées 20% de moins...

    Cadremploi devrait mettre en avant la promotion des carrières pour les femmes, l'égalité devant la répartition des tâches ménagères pour enlever ce poids qui pèse sur la réussite professionnelle des femmes. Un sondage celui que vous commentez devrait être dénoncé, critiqué, mis en contexte des inégalités criantes qui règnent dans la société française et en Europe en général.

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