Pourquoi Monaco attire tant les cadres français
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Pourquoi Monaco attire tant les cadres français


Ouverte sur l'internationale, place forte des milieux bancaires, ... Monaco attire chaque année les salariés étrangers. Mais est-ce si facile pour un cadre français de se retrouver sur le Rocher ? Cadremploi vous fait la visite guidée.

C'est l'invasion gauloise. En 2008, selon le recensement officiel, sur les 30 000 travailleurs de Monaco, plus de 10 000 étaient Français (contre 6 000 monégasques). « Monaco est un tout petit pays. Il est impossible de trouver toutes les compétences nécessaires à son tissu économique au sein de la principauté », explique Mickaël Moyen-Pedone, chargé de recherche au sein du cabinet Norman Alex, à Monaco. Un besoin de main d'œuvre en tout genre qui tombe bien... puisque les lueurs du Rocher continuent de faire briller les yeux de bien des salariés étrangers.

Un lieu exceptionnel... mais pas donné

C'est le cas de Francis. Originaire de l'Oise, il travaille à Monaco depuis 2003. « J'avais une volonté farouche d'y venir, s'exclame-t-il. Ne serait-ce que pour le cadre de travail ! Quand je lève le nez de mon bureau, je préfère voir mouiller les bateaux dans le port que les voisins de la tour d'en face à la Défense. » Une vue exceptionnelle, dont Francis ne profite qu'aux heures de bureau. Comme 80 % des salariés français de la principauté. « A 35 000 euros le mètre carré, il est un peu compliqué de se loger dans le quartier, souligne Mickaël Moyen-Pedone. Même avec un très bon salaire. »

Un salaire plus élevé

Car c'est souvent le salaire monégasque qui fait rêver les Français. Et pour cause. Pour un cadre, la rémunération y est souvent de 10 à 15 % supérieure. Notamment grâce à la réglementation sur les cotisations sociales différente dans la principauté : le taux de charges salariales ne dépasse pas les 12,5 % contre 22 % en France. A salaire brut égal, le salaire net est donc plus intéressant à Monaco.

Des horaires flexibles

Un petit bémol cependant. « Nous sommes toujours au 39 heures, précise Francis. Et dans un système proche des anglo-saxons, nous devons être flexible sur nos horaires de travail. » Pas question de compter ses heures, donc. D'autant moins d'ailleurs, que dans la Principauté un employeur n'a pas besoin de « motifs réels et valables » pour licencier du jour au lendemain un salarié.

Le mouton à cinq pattes

Un argument de plus pour négocier le salaire à la hausse. Mais pour Mickaël Moyen-Pedone, la vraie raison des bonnes rémunérations tient au profil des salariés recherchés. « Monaco est une place internationale. Il faut être bilingue, voire trilingue. On recherche des gens déjà bien expérimentés pour des postes à haute responsabilité. Ce sont des compétences qui se monnayent. » C'est aussi l'avis de Francis. « J'ai eu mon premier poste ici parce que j'étais bilingue. C'est rare dans mon domaine. » Comptable, il travaille désormais en « family office », la gestion de patrimoine au service de personnalités fortunées. « C'est un poste assez délicat, qui demande d'être un expert pluridisciplinaire. »

Discrimination positive

Un travail qu'il aura mis plusieurs années à obtenir. Venir travailler à Monaco n'est pas donné à tout le monde. « En matière d'embauche, le gouvernement princier applique une discrimination positive à l'égard des monégasques », précise Mickaël Moyen-Pedone. Chaque entreprise désirant recruter un étranger doit passer par le « service de l'emploi » et justifier que les personnes rencontrées à Monaco ne correspondent pas au poste à pourvoir. La priorité passe ensuite aux résidents des villes limitrophes. « Néanmoins, les entreprises sont rompues à cette pratique et il n'y a généralement pas de problème pour recruter un français d'où qu'il vienne. », tempère le chargé de projet.

Un petit-village

Pour Francis, la discrimination positive n'a pas posé de soucis. « Monaco est un petit village. Ca fonctionne beaucoup par connaissances. Et par un contrôle de références beaucoup plus poussé qu'en France. » Le comptable se souvient que ses employeurs sont allés jusqu'à vérifier ses activités auprès des associations dans lesquelles il intervient comme bénévole. L'histoire le fait sourire. « C'est vrai que le premier pas à Monaco n'est pas facile. Mais une fois qu'on est dans la place, on évolue très vite. »

 

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Commentaires

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Vos réactions
  • scratt
    La discrimination positive est surtout vérifiée a la SBM !!!Là on trouve de la discrimination positive et aussi beaucoup de nepotisme. Cela cré une mauvaise ambiance dans les services quand cela survient. le pire est quand un poste est créé simplement pour caser un monegasque sur decision du gouvernement. Alors on se retouve a creer un poste à tres haut salaire aux coté de'anciens qui bien souvent ne touchent meme pas la moitiée. Ainsi il est frequent de trouver des monegasques ou des amis francais de la direction actuelle, à des salaires avoisinant les 8000 euros net par mois alors que les collegues qui parfois en font plus sont à seulement 2500 euros !!!!

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  • FAURE
    j'exerce dans la banque et j'accompagne des PME dans leur développement et j'aimerais tant obtenir des contacts à Monaco pour y exercer , comment faire ....

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  • Martin
    Mais vous plaisantez ?...Ce n\'est que du passe droit, outre le fait d\'utiliser sournoisement et pernicieusement le fameux \"article 6\" qui perdure (que de trop !) et permet à l\'employeur sereinement de vous licencier en 5 minutes sans aucun motif réel, pour ne pas dire, valable.

    En effet !...Quelle opportunité ?.
    Mieux vaut prévoir une clause d\'indemnités substantielles en cas de licenciement ABUSIF.

    Ne vous fiez surtout pas au soleil sur le Rocher, il cache trop souvent l\'ombre d\'une réelle discrimination.

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  • Georges
    « Nous sommes toujours au 39 heures, précise Francis. Et dans un système proche des anglo-saxons, nous devons être flexible sur nos horaires de travail. » Pas question de compter ses heures, donc. D'autant moins d'ailleurs, que dans la Principauté un employeur n'a pas besoin de « motifs réels et valables » pour licencier du jour au lendemain un salarié.....

    Et plus d'un emploi par habitant.... Peut-être bien que le "modèle social français" devrait s'inspirer de Monaco ?

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