Télétravail : les clés pour convaincre votre employeur
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Télétravail : les clés pour convaincre votre employeur


Face à un management généralement frileux, une demande de télétravail ne s'improvise pas. Votre démarche doit se présenter comme un projet personnel mûrement réfléchi.

En France, selon les études qui envisagent le télétravail comme une pratique plus ou moins occasionnelle, les salariés sont entre 9 et 20% à pratiquer le télétravail, contre 30% dans les pays scandinaves. Si aucune statistique empirique au niveau national n’a été encore établie, la formule gagne du terrain, facilitée par la généralisation des nouvelles technologies. Le coût et les difficultés liées au transport incitent un nombre croissant de salariés, et de DRH, à se tourner vers cette solution de travail à distance.

Pourtant, négocier un télétravail dans son entreprise reste dans la plupart des cas un exercice périlleux. En France, la majorité des managers, éduqués à l’école du présentéisme, se montrent réticents à l’idée de ne plus avoir leurs collaborateurs sous la main en permanence. Voici quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté, si vous souhaitez télétravailler.

Evitez les arguments bateaux

Dans la très grande majorité des entreprises, le télétravail n’est pas encadré par un accord interne. Il se peut même que votre employeur ne se soit jamais prononcé officiellement sur le sujet et que personne ne pratique le télétravail au bureau. Ce n’est pas une raison pour renoncer. D’autant que, assure Nicole Turbé-Suetens, dirigeante du cabinet Distance Expert, « la crise aurait tendance à jouer en faveur d’une demande de télétravail, généralement synonyme de meilleure productivité ou de salarié plus motivé. Encore faut-il que le manager et/ou le DRH aient le courage d’aller proposer une évolution de l’organisation à un moment où eux-mêmes ne se sentent peut-être pas à l’aise ».

Que votre DRH soit favorable ou réticent, il sera impératif de préparer votre demande avec un très grand soin. L’erreur à éviter : sortir des généralités mille fois entendues. Par exemple : « je veux être plus efficace au travail ». Pas très crédible. Ou, pire encore, ne parler que de votre problème: « vous comprenez, j’en ai marre de perdre mon temps dans le RER ». «Pour avoir des chances de convaincre votre manager, votre démarche doit plutôt se présenter comme un projet personnel auquel vous avez mûrement réfléchi en étudiant tous les tenants et aboutissants », conseille Sylvaine Pascual, coach spécialiste des relations humaines (Ithaque Coaching).

Liste de vos tâches à réaliser à distance

Ainsi, pour construire ce projet, il faudra d’abord lister les tâches que vous pouvez réaliser à distance. Ensuite, étudiez la faisabilité du travail à domicile : « puis-je aménager une pièce dédiée pour exercer mon activité chez moi ? » ; « Mon matériel informatique et mon mobilier sont-ils adaptés ? » ; « Mon entourage est-il prêt à respecter mes heures de travail ? », etc… Le choix du ou des jours de travail à distance demandera aussi un bon moment de réflexion.

Si vous n’avez jamais fait l’expérience du travail à la maison, commencez par une seule journée par semaine. Plus largement, vous devez vous demander si votre job peut s’exercer partiellement à distance : le fait que vous ayez une équipe à gérer n’est pas rédhibitoire. Le téléphone, ça existe.

Montrez que vous avez pensé à l’écosystème

En vous interrogeant sur ces sujets, vous alimenterez votre projet de manière constructive et professionnelle : j’ai une problématique de transport, j’ai une solution et voilà comment je compte faire. « Dans son exposé, le salarié doit expliquer en quoi cela ne va pas perturber la vie du service, ajoute Nicole Turbé-Suetens. Il faut montrer qu’on a pensé à l’écosystème complet et pas seulement à sa petite personne. »

Si, au final, votre manager n’est pas très chaud, demandez-lui les raisons qui le freinent. Il en a certainement de valables. « Proposez-lui alors de revenir plus tard avec un projet retravaillé qui tiendra compte de ses remarques », préconise Sylvaine Pascual.

Un avenant au contrat

Enfin, ne vous contentez pas d’un accord oral. Le « home office » doit faire l’objet d’un avenant à votre contrat de travail. Ce sera à votre employeur de prendre en charge au moins en partie les coûts de fonctionnement liés au télétravail (connexion internet, fourniture de bureau, consommation électrique …).

Pour en savoir +, visitez notre site « C’est décidé, je télétravaille »

Bruno Askenazi © Cadremploi.fr



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