Harcèlement au travail : comment s'en sortir ?
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Harcèlement au travail : comment s'en sortir ?


Il touche de plus en plus de cadres. Pourtant peu de salariés osent s'élever contre le harcèlement moral. Une définition floue et des procédures longues entravent l'envie de s'en sortir. Pourtant, d'autres solutions existent.

Selon une enquête de l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, 5 % des travailleurs de l'Union seraient victime de harcèlement moral. Un chiffre bien en-dessous de la réalité aux dires des spécialistes.

L'association Harcèlement moral Stop (HSM) compte jusqu'à 11 000 prises de contacts par an de personnes en détresse au travail. « De plus en plus de cadres nous contactent. 30 % sont des seniors », constate Loïc Scoarnec.

Et combien restent à se taire ? « A mon sens, un salarié sur mille parle de sa détresse, tous les autres souffrent en silence », estime Alina Paragyios, avocate en droit du travail au barreau de Paris.

Une définition tardive


Peur des représailles, dévalorisation de soi, manque d'écoute des collègues ou de la hiérarchie... les causes du silence sont nombreuses. D'autant que le harcèlement moral n'est défini que depuis 2002 par le code du travail. Il se manifesterait par « des agissements répétés » amenant à une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits du salarié, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.

 

Des formes variées de harcèlement

Une définition longue, mais pas forcément précise. « Ni la loi, ni la jurisprudence n'indiquent ce que sont ces « agissements » et leurs réelles portées, regrette Alina Paragyios. Or le harcèlement au travail prend souvent des formes variées. » Même avis pour Loïc Scoarnec : « Au début, on l'assimilait à une attitude négative d'une personne vers une autre. Aujourd'hui, on peut s'inquiéter du harcèlement stratégique, opéré par la hiérarchie pour diminuer sa masse salariale, ou du harcèlement institutionnalisé devenu une méthode de management de certaines grandes entreprises. »

Des procédures longues et complexes

Au flou de la définition viennent s'ajouter des procédures complexes. « En pénal, un harceleur risque jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende, affirme Alice Paragyios. Mais il est souvent nécessaire d'avoir un ou deux témoignages, en plus de preuves matérielles comme les échanges de mails, de courriers ou de SMS. C'est difficile à réunir. »

Même difficulté pour les plaintes au civil. En 2006, les conseils des Prud'hommes ont traité 250 000 dossiers. Seul un quart ont obtenu condamnation. « Les dossiers sont tellement nombreux que s'ils ne sont pas bétonnés, aucun conseiller ne va prendre le temps de les ouvrir, se désole Loïc Scoarnec. Je viens d'en déposer un à Melun... il sera traité en 2012. »

Ecrire au PDG


Pour autant, des solutions existent pour faire entendre son mal-être. Les délégués du personnel, les représentants du CHSCT, la médecine du travail... les intermédiaires sont nombreux pour lancer une enquête en interne. « J'encourage aussi à envoyer un courrier au PDG en expliquant la situation, sans inculper quiconque, sans parler de harcèlement, juste en posant les faits. C'est lui le représentant légal de l'entreprise et c'est lui qui se fera taper sur les doigts en cas de soucis », poursuit Loïc Scoarnec.

Une précaution soutenue par Alina Paragyios : « Si vous voulez ensuite porter plainte, la législation impose aujourd'hui d'avoir prévenu au préalable votre employeur. » Et faites fi des retombées : la loi, pour le coup, vous protège bien. « Le harcèlement au travail est un tueur de l'ombre, reprend Loïc Scoarnec. Il vous atteint professionnellement, socialement, familialement. Il faut demander de l'aide le plus vite possible. »



Commentaires

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Vos réactions
  • luttecontreleharcelement
    Bonjour,

    Une de plus, je témoigne à mon tour, j'ai subi les agissements de ma responsable hiérarchique directe, protégée par la direction.

    Je comprends parfaitement cette situation de désarroi et ce sentiment qu'il n'existe aucune solution.

    Dans mon cas, consulter le site de L'association Harcèlement moral Stop m'a aidée à prendre conscience de ce qui m'arrivait et surtout de mettre des mots dessus.
    En faisant défiler la liste des agissements correspondant à du harcèlement, je m'y retrouvais partout!

    Presque comme ANNEMARY, j'ai tenté toutes les pistes, chaque tentative étant soldée par une lourde réprimande (et oui, vengeance directe!).
    Le DRH m'a même avoué lors de mon départ de cette entreprise qu'il avait parfaitement compris mais qu'il avait été prié de se taire.
    La seule petite accalmie s'est produite lors d'une visite à la médecine du travail qui a dressé un compte rendu à la DHR.

    Je pense également qu'un recours en justice en ferait réfléchir certains (es).
    Cela étant, rare sont les collègues sur lesquels vous pouvez compter pour les témoignages (représailles), sans parler des conséquences psychologiques que représenterait un échec au tribunal...J'admire ceux qui ont le courage de le faire.

    Conclusion: FUIR (3 mois de carence avant indemnités Assedic - ce que je ne savais pas à l'époque!)

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  • Scalas
    Bonjour,

    Moi aussi j'ai été victime de harcèlement moral de la part de ma responsable.
    Heureusement, pour moi mon contrat arrivant à son terme, il ne l'on pas reconduit (au bout de 3 ans et 4 mois: contrat initiale 9 mois puis 3 avenants), les 2 premières années très bien, puis à partir des la 3ème année, la responsable s'en ait pris à moi.
    Mon contrat c'est terminé, j'était enceinte, il ne l'on pas reconduit (tant mieux).
    J'ai suivi une formation durant 8 mois après mon congé mat, j'ai appris la législation du travail, et la formatrice, nous a dis d'après une étude menée aux EU, nombreux chef -responsable (je ne saisplus le %) serait des psycopathe en puissance (Ils ne sont pas bien dans leurs vies, donc il se venge...)
    Quand, on apprend ça on est pas étonné, le plus dur c'est que personne ne bouge...

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  • ANNEMARY
    J'ai écrit au PDG , il s'en fout !
    J'ai alerté les CE, CHSCT , MECIN DU TRAVAIL, DELEGUES DU PERSONNEL , les SYNDICATS ils ont peur !
    J'ai écrit au Directeur Général , il s'en fout !
    J'ai écrit aux Ressources Humaines du Groupe, il m'on renvoyé vers les RH régionnaux.
    J'ai écrit aux Ressources Humaines Régionnales , ils ont simulé une enquête sur place dans une salle portes ouvertes en ne questionnant qu'un échantillon bien choisi de salariés !
    J'ai ensuite été harcelé par une ASSISTANTE SOCIAL de l'entreprise à la solde de l'employeur !
    J'ai écrit et j'ai été reçu par l'inspecteur du travail, il n'a pas bougé et est revenu vers moi 3 ans après pour prendre de mes nouvelles !
    J'ai lu le témoignage du délégué du personnel présent sur le site , il confirme l'exisitence d'unmal être dont il souffre lui-même, l'employeur l'a fait passé pour un somple d'esprit !
    J'ai contacté le représentant syndical, il déjeunait régulièrement avec la Direction sur le site !
    Parlez moi de justice dans le harcèlement moral.......... même le suicide n'est pas reconnu, alors que dire de la destruction de mon état de santé !
    Validez mon texte, c'est le reflet de la réalité , c'est la description du mensonge , et le dernier recours n'est pas en Justice mais en SUICIDE.

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  • ANNEMARY
    La législation sur le harcèlement moral n'est qu'un leurre. Avec un dossier en béton , des témoignages et une procédure de 5 ans , la cour d'appel de Paris donne raison aux Prud'hommes : vos témoins ne sont pas fiables ( ils ont été vos collègues de travail tout de même), quant à vos motifs n'en parlons pas , le harcèlement est NORMAL dans certaines grosses Entreprise ( cotées en Bourse notamment). L'employeur a tous les droits, même de vous traiter plus bas que terre comme l'écrivent nos témoins , le harcèlement est chose courante, pourquoi vous plaindre ? Ne parlez pas de justice ou du Droits des salariés harcelés, vous ne faites qu'enrichir les avocats et détruire encore plus la santé du salarié harcelé qui se voient débouté sur sa demande légitime soi-disant "mal fondée". Il n'y a pas de justice dans ce domaine, cessez de faire croire au salarié harcelé qu'il peut s'en sortir, ce n'est que mensonges ! Les conseillers prud'hommaux jouent les frileux et reporte les décisions sur la cour d'Appel qui ne prend pas le temps ni d'écouter ( 10 minutes de plaidoiries pour plusieurs années de harcèlement ! ! ! ) ni de lire le mémoire de votre avocat ( 50 pages tout de même + les annexes et témoignages).

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  • CASTIGLIONE Marie-Line
    C'est très bien de parler de ce problème, car trop de gens ne réagissent pas et s'enferme dans leur silence. J'ai moi aussi vêcu l'horreur du harcèlement. Les gens qui font cela sont faibles et minables, ils n'ont que cette façon ignoble pour faire croire qu'ils sont tout puissants ! Mais ils sont si petits et non intéressants. Ils font pitié !

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  • GOSSET
    et quand c'est le PDG lui même qui harcèle, vers qui dois je me tourner?
    peut être vers le suicide!!!

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