Préavis raccourci : négocier ou payer ?
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Préavis raccourci : négocier ou payer ?


On vous propose un poste en or dans une autre entreprise. Seulement le contrat commence bien avant la fin des trois mois de préavis que vous devez à votre employeur. Que faire ? Perdre un mois de salaire ? Se mettre en congé maladie ? Ou tout simplement négocier ?

Vous connaissez la loi et votre contrat de travail. Comme la très grande majorité des cadres, en cas de démission, vous devez trois mois de préavis à votre employeur. Vous savez tout cela et pourtant le nouveau job que l'on vous propose est vraiment trop alléchant : un salaire auprès duquel votre actuelle rémunération prend des allures d'argent de poche, des responsabilités à faire pâlir votre hiérarchie du moment et des avantages en nature que vous pensiez disparus... Mais il y a un léger accroc dans cette offre cousue de fil blanc : vous devez impérativement prendre vos fonctions dans trois semaines seulement.

Perdre un mois de salaire ?

Si vous persistez malgré tout et décidez de ne pas effectuer votre préavis, il peut vous en coûter un mois de salaire brut. Le jeu doit donc en valoir la chandelle et vos nouveaux émoluments être réellement conséquents. Car la voie à suivre pour que votre employeur vous réclame cette somme par voie de justice est très simple : il lui suffit de prouver que votre départ précipité a causé un préjudice à son entreprise. Et il sera assez simple pour lui de mettre sur pied un dossier suffisamment fourni, témoignages à l'appui, expliquant que votre absence soudaine a semé la pagaille dans votre service. D'autant que, face à lui, vous n'aurez à produire que votre bonne mine et votre job mirifique. L'affaire est perdue d'avance et il vous sera difficile de ne pas payer.

Frauder ?

Un coût bien moindre cependant qu'une autre fausse bonne idée à effacer immédiatement de tout cerveau de cadre fuyard : le congé maladie. Se faire porter pâle aux yeux de son ex-employeur et, dans le même temps, démarrer son nouveau job peut s'avérer très dangereux. Non seulement votre ancien patron peut vous attaquer, mais la caisse d'assurance maladie peut en faire autant. Et l'addition pourrait terriblement s'alourdir. En plus, votre nouvel employeur ne verra peut-être pas d'un très bon œil sa nouvelle recrue se débattre dans des méandres judiciaires aussi complexes qu'un procès au pénal avec un organisme public dans le rôle de la partie civile.

Négocier ?

Inutile de chercher à mystifier votre nouveau patron en lui faisant croire que vous pouvez vous libérer sans problème, ni de déménager vos affaires en douce de votre ex-bureau. Il faut négocier. En commençant par demander à celui qui, pour le moment, est toujours votre employeur, de raccourcir votre préavis à l'amiable. Les arguments en votre faveur ? Vous avez déjà la tête ailleurs et n'êtes plus très productif. Mais s'il consent à vous laisser filer à temps, vous vous engagez à boucler tous vos dossiers en cours, et même à former votre successeur s'il est déjà dans la maison.

Votre patron du moment a fait un effort, mais pas suffisant pour être raccord avec la date d'embauche de votre nouveau job ? Discutez-en avec votre futur boss et faites vibrer la corde de l'honnêteté et du sens des responsabilités. Vous ne pouvez pas quitter votre ancien poste à la cloche de bois. Votre loyauté devrait faire mouche, puisque lui non plus ne doit guère apprécier de voir ses ouailles le quitter du jour au lendemain. Quant à vous, vous avez grignoté quelques jours de plus. Ces deux transactions vous permettront certainement de démarrer votre nouveau job dans la sérénité.

© Cadremploi.fr



Commentaires

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Vos réactions
  • cestmoi
    Bonjour

    Je vous soumets le cas d'une société de service, où le turn-over se monte parfois à 30% des effectifs.
    On assiste à toutes les gammes de négociation avec des départs immédiats ou des salariés obligés de faire leur trois mois de préavis intégralement.
    Or on ne note aucune logique dans ces décisions, il semble plutôt que ce soit "à la tête du client" et selon l'interlocuteur que l'on a dans l'entreprise.
    L'entreprise ne devrait-elle pas énoncer ses critères et les justifier, au risque sinon de se voir opposer la loi sur les discriminations ?

    Cordialement

    Répondre


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