Comment évaluer vos premiers salaires ?
Accueil  > Conseils > Salaire > Comment évaluer vos premiers salaires ?

Comment évaluer vos premiers salaires ?


Par La chronique du poulpe de Manuelle Malot | Réaction (2)

Spécial jeune dip'. Manuelle Malot, directeur Carrières et prospective de l'Edhec business school, vous adresse ses plus précieux conseils dans le cadre de La chronique du poulpe, sur Cadremploi.

1. Connaître les règles du jeu - Vous êtes sur un « marché », celui de l'emploi,  qui comme tous les marchés est soumis à la loi de l'offre et de la demande. Soyez réaliste : l'entreprise a besoin de recruter ou de fidéliser une compétence que vous possédez et a prévu un budget à cet effet. Elle va examiner attentivement son marché : l'« offre » concurrentielle, les compétences des autres candidats disponibles, vos « compétiteurs » mais aussi ses propres concurrents, c'est-à-dire les propositions salariales que pourraient vous faire les autres entreprises...

2. S'informer - Les enquêtes de la presse nationale sur les salaires des diplômés universitaires et des écoles de management et d’ingénieurs sont des mines d'informations à confronter avec les bases de données des salaires tenus à jour par de plus en plus d’établissements de formation et d’associations d’anciens. Par ailleurs, les grandes entreprises ont des grilles de salaires par diplôme et par type de fonction qui filtrent, le plus souvent, sur les forums internet. Et même si votre marge de manœuvre semble étroite et que ces grilles figent souvent les situations (elles sont construites sur les enquêtes presse qui elles même s’en inspirent), il faut les connaître et les utiliser.

3. Déployer les bons arguments - Au-delà du diplôme, votre opérationnalité immédiate est votre premier atout. C’est votre expérience professionnelle acquise en poste ou en stage long, césure ou apprentissage dans le domaine, fonction, secteur dans lequel vous postulez, qui prime. Un stage dans l’entreprise qui souhaite vous recruter est un immense avantage pour vous. C'est l’assurance pour l'entreprise de réduire les risques d’une erreur de recrutement. Une proposition dans un secteur d'activité connu, une fonction expérimentée, voire chez un concurrent, sera également un argument de poids dans le cadre d’une négociation.

4. Se différencier - Au delà du diplôme et de l'expérience, soulignez votre ouverture internationale (double diplôme et double culture), vos résultats académiques (classement et inscription sur la ‘dean list’), votre niveau de langues. Soulignez aussi vos travaux de recherche, mémoires, blogs dans le domaine dans lequel vous postulez. Pour une négociation de deuxième salaire avec les RH, il est toujours utile d’apparaitre ‘Corporate’ et de vous être impliqué dans des projets d’entreprise en plus de vos missions et en dehors de votre hiérarchie.

5. Avoir confiance - Si l’entreprise vous propose une augmentation, c’est que vous le valez bien ! Ne croyez pas les esprits chagrins qui affirment que les jeunes diplômés sont trop payés. Ce sont le marché et les recruteurs qui font les salaires, pas les exigences des jeunes diplômés. Preuve en est : pour une même formation, les différences de rémunérations varient de plus en plus, selon les secteurs et les fonctions.

6. Globaliser - L’entreprise raisonne en brut annuel, pensez aux charges sociales et à la fiscalité pour savoir quel sera le montant réellement disponible. Chiffrez également les montants des primes, bonus, participations, intéressement, plans d’épargne entreprise. N’oubliez pas les éléments annexes de rémunérations : smartphone, netbook, remboursement de frais de déplacement, conditions d’utilisation personnelle d’une voiture de fonction… Et attention au mode de calcul de ces montants globaux : qu’est-ce qui est garanti ? Qu’est-ce qui est soumis à vos résultats ? Quelle est la part d’interprétation de vos performances ?

7. Evaluer le risque - Engager une négociation, c’est seulement accepter le risque de ne rien obtenir. Aussi, pour rester crédible, ne menacez pas de démissionner en cas de refus si vous n’en n’avez pas l’intention… Dans une négociation de salaire, les recruteurs mesurent eux aussi le risque de vous voir quitter l’entreprise et le coût induit d’un nouveau recrutement en terme de communication et de procédures. Bien entendu votre position sera renforcée par une contre proposition extérieure chiffrée et écrite.

8. Anticiper - Si vous trouvez vraiment que le montant proposé n’est pas à la hauteur de vos espérances mais qu’il s’agit du poste de vos rêves, cherchez à savoir dans quel délai et dans quelles conditions votre salaire pourra être révisé. Enfin, ne revenez jamais sur votre accord concernant la rémunération dans les premiers jours de travail.

La chronique du poulpe de Manuelle Malot
Les chroniques du poulpe ® sont un clin d’œil à un invertébré fascinant car parfaitement adapté à son milieu grâce à son homochromie et à ses 8 bras. Chaque chronique est donc composée d'une question et de 8 conseils pour aider les jeunes diplômés et les jeunes cadres à s’adapter eux aussi à leur nouvel environnement : le marché de l’emploi… En savoir plus.


Commentaires

* Les champs suivis d'un astérisque sont obligatoires.




Vos réactions
  • helloangelme
    Avant votre entretien de recrutement, renseignez-vous sur les salaires moyens ainsi que sur les avis des collaborateurs afin d’être armé le jour J
    Connaître la culture d’une entreprise ainsi que ses grilles de salaires sont des atouts indispensables pour vous démarquer, toutes les réponses à vos questions sont sur meilleures-entreprises.com !
    http://www.meilleures-entreprises.com

    Répondre

  • Flytox
    Le problème aujourd'hui c'est que lorsqu'un jeune s'engage dans une formation universitaire/ingénieur, c'est pour un salaire de sortie ... pas parce qu'il est passionné par ce qu'il va faire. Le système est pervertis par l'image du poste que l'on veut obtenir et le salaire qui va avec.

    Et puis, une école d'ingénieur ne forme plus en majorité des jeunes qui vont faire de l'ingénierie. Principalement ils feront de la gestion de projet et du management. De fait, le marché du travail dans sur des poste d'ingénierie est biaisé car les entreprises finissent par embauché des BAC+2 avec expérience sur ces postes, à des salaires inférieurs à ceux des ingénieurs, mais supérieur à un salaire d'un BAC+2.

    Parler salaire pour un premier job, pourquoi pas, mais je pense qu'avant tout un jeune doit se focaliser sur une chose : ses compétences. Là où je suis, un jeune à beau sortir de l'INSA, de Telecom Bretagne, Lille ou autre, si je sens qu'il ne maitrise pas son sujet, on ne parle déjà pas salaire : l'entretien est juste terminé et je passe à qq d'autre. L'argument "Ne vous inquiétez pas j'ai fait l'EPITA" (que j'ai entendu très souvent) non seulement ne tiens pas, mais en plus fait beaucoup rire l'employeur.

    Tout ne repose donc pas sur une grille de salaire.

    Répondre