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Demander une augmentation de salaire

Comment oser demander une augmentation dès maintenant ?


Vous voulez une augmentation, et pas dans un an ? Tous les conseils d'Olivier Gélis, du cabinet de recrutement Robert Half, pour arriver à vos fins.

Demander une augmentation de salaire par les temps qui courent ? A première vue, c'est déraisonnable. Pourtant une augmentation de salaire récompense la performance individuelle. Si elle est justifiée, une telle demande requiert néanmoins une bonne dose de préparation. Pour aider les collaborateurs à mettre toutes les chances de leur côté, voici quelques conseils du cabinet de recrutement Robert Half.

1 - Choisir le bon moment

Il n'y a pas d'usage pour ce type de demande au sein d'une société. Mais selon les cas le bilan annuel ou une actualité particulière (un succès indéniable) sont des accroches tout indiquées. Il est aussi utile d'observer quand le manager est le plus réceptif. S'il ne semble pas à l'écoute, autant différer sa demande. Par ailleurs, il est plus que raisonnable de n'effectuer cette démarche qu'une fois par an au maximum, sauf en cas de refus ou de changement de fonction.

« Il est inutile de demander une augmentation si seuls les objectifs fixés ont été atteints. Il faut largement les avoir dépassés pour prétendre à une augmentation. Seront aussi mis en avant les initiatives, les idées, les projets transversaux menés à bien qui ont rapporté à l'entreprise », rappelle Olivier Gélis, Directeur Général de Robert Half International France.

2 - Se mesurer au marché

Votre proposition doit être réaliste ? Il s'agit de bien prendre en compte les éléments extérieurs. C'est-à-dire : les salaires via les annonces de recrutement sur le même type de poste (attention à l'expérience et l'expertise attendues, à la zone géographique, au niveau de responsabilités...), les articles de presse et les sites Internet spécialisés... « N'oubliez pas de vous procurer les études de rémunérations des cabinets de recrutement spécialisés. Elles sont en général basées sur des données extrêmement fiables (contrats signés par les candidats, par exemple) », conseille Olivier Gélis. La fourchette annoncée à la fin de l'entretien - c'est finalement la conclusion de cette démonstration ! - doit « coller » à la réalité du marché (le bas de cette fourchette correspond à ce que le salarié souhaite obtenir).

3 - Affûter ses arguments

Du côté de l'employeur, la question est évidente : « Pourquoi augmenter ce collaborateur plutôt que tel autre ? ». Il ne faut pas l'oublier. Olivier Gélis explique : « C'est à ce stade qu'intervient la notion de rareté et de rentabilité du salarié. Très clairement, on a très peu de chance d'obtenir une augmentation si on est un collaborateur 'interchangeable'. L'entreprise sera plus ouverte à augmenter les éléments qui sont absolument nécessaires et indispensables à son développement. »

Il est primordial d'accumuler des arguments/éléments factuels, quantitatifs et qualitatifs donc tangibles, permettant de mesurer la performance : économies réalisées, revenus générés, erreurs évitées, augmentation de la productivité... L'accumulation de ces preuves incontestables montreront/démontreront la valeur ajoutée apportée à l'entreprise.

« Vous avez contribué à l'amélioration de la qualité, de la satisfaction des clients ou avez développé une 'intelligence émotionnelle' au service de l'entreprise, il ne tient qu'à vous de rappeler à votre manager les éléments sur lesquels vous fondez votre demande», ajoute le consultant. Après le fond, la forme ! Des questions ne pouvant donner lieu qu'à des réponses affirmatives de votre manager, du type « Etes-vous d'accord avec moi sur le fait que mes résultats ont apporté une réelle plus-value à l'entreprise ? », peuvent être intéressante.

4- En cas d'avis négatif

Face à un manager en position de refus, à cause d'une conjoncture économique trop difficile pour l'entreprise, la solution peut être de déplacer la négociation : décalage dans le temps, échelonnage de l'augmentation... « N'oubliez pas qu'une négociation doit prendre en compte la part variable. Compte tenu du contexte, il peut paraître difficile d'obtenir une augmentation du salaire fixe. Engagez-vous sur des objectifs ambitieux et mesurables, qui seront récompensés par une prime. Du côté de l'entreprise, c'est aussi un moyen de maintenir la motivation », ajoute Olivier Gélis.

D'autres avantages peuvent également être étudiés : véhicule de fonction, tickets restaurant, chèques vacances, chèques cadeaux, remboursements des pleins d'essence... Une autre variable peut être prise en compte : le temps, avec à la clé son aménagement (4/5ème pour le même salaire, télétravail, congés supplémentaires).

Il y a encore l'option « formation », le financement de cette dernière étant une preuve de la volonté de l'entreprise de fidéliser son salarié, qui de son côté augmentera son employabilité. Enfin, si le manager demande un temps de réflexion, il faut s'assurer précisément de la date de retour.



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