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Discrimination au travail

Je suis victime de discrimination


CV sans réponse, pas d'entretiens, absence d'évolution de salaire, remarques douteuses des recruteurs : c'est malheureusement le lot de ce jeune titulaire d'un DEA et d'un MBA.

La discrimination, P.H. est tombé dedans dès ses premières recherches de job.

« J'ai ressenti de la discrimination raciale lorsque j'ai cherché un job via les entreprises d'intérim, se souvient-il. Soit on prétendait qu'on n'avait pas de mission à me proposer. Mais cinq minutes plus tard, un ami d'enfance, « bien Français », ayant exactement le même cursus que moi, en décrochait une. Soit on me proposait des boulots dans des usines quand mon ami en décrochait dans des bureaux. »

Des candidatures sans réponse

Ce ressenti et les faits de discrimination se sont poursuivis lors de sa recherche d'emploi, après l'obtention de son DEA en droit international et communautaire en 1997. Après l'envoi de plusieurs candidatures sans réponse positive, P. réussit à entrer dans deux grandes banques françaises par cooptation.

« Il a fallu que je sois présenté par quelqu'un de confiance, toujours mon ami d'enfance, pour qu'on arrête de me prétendre que le poste n'était pas libre », constate-t-il amèrement.

Un salaire qui ne décolle pas

Une fois embauché, il s'aperçoit qu'il est également bloqué dans son évolution de carrière et de salaire.

« Le même ami a pu changer de poste avec une évolution de salaire de 15 à 30 % à chaque fois. In fine, je percevais un salaire moitié moindre que lui ! », raconte le jeune homme qui continue par ailleurs d'envoyer des candidatures, sans jamais être reçu à un entretien.

Un cabinet évalue le salaire auquel il pourrait prétendre : 4 000 € net. P. n'en touche que 2 000 €.

Un MBA en vain

L'obtention de son MBA de l'IAE de Paris, via un congé individuel de formation, n'y changeront rien. Sa demande d'augmentation de salaire lui est refusée. « On ne refait pas l'histoire... » lui glisse-t-on en guise d'explication. Il ne tergiverse pas, négocie son départ et amorce un nouveau départ vers la création d'une entreprise d'exploitation d'oliveraies.

P.H. alias Jean-Philippe D.

Entre fin 2007 et mi-2009, P.H. va postuler à 1 200 offres pour ne décrocher que deux entretiens avec des cabinets de recrutement, restés dans suite. Et c'est là qu'il tente le tout pour le tout, avec son propre testing.

« J'ai créé un personnage fictif, Jean-Philippe D., ayant un parcours identique au mien, explique P.. Il a même son profil sur Facebook ! Sur ses 200 candidatures, il a décroché plus de 40 propositions d'entretiens, et quasi 100 % d'entretiens téléphoniques. »

P. n'a pas poussé son expérience jusqu'au bout. Il ne s'est jamais rendu à l'un de ces entretiens pour mettre le recruteur face à ces contradictions.

La provoc' pour se faire connaître des cabinets

Cette victime de discrimination a également entamé une autre démarche pour le moins culottée : il a envoyé un même message à beaucoup de cabinets de recrutement, leur reprochant d'être soit coupable soit complice de discrimination. La missive a été personnalisée pour Alain Gavand, réputé pour son engagement en la matière, à qui il a reproché de ne pas beaucoup agir. C'est finalement le seul à l'avoir reçu en entretien. Une rencontre forte pour les deux protagonistes.

« J'ai découvert un homme intelligent, pertinent, mais plus encore, j'ai été scandalisé par son histoire, déclare Alain Gavand en parlant de son premier contact avec P.. Comment sa candidature avait elle pu être écartée par autant d'entreprises ? Quel gâchis pour notre pays ! »

P., en plus de son projet de création d'entreprise, continue d'envoyer des candidatures pour un poste de manager.

« Je continuerai mes candidatures sous une autre identité, mais cette fois, je n'hésiterai pas, promet-il. Je me présenterai aux entretiens pour mettre fin aux préjugés. »

 

 



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