parité conseil d'administration
Mesdames, devenez administratrices !
Où sont les femmes ? Vingt-cinq ans après le tube de Patrick Juvet, les conseils d'administration des sociétés du CAC 40 se féminisent enfin. Avec un coup de pouce de la loi. Et il y a plusieurs centaines de places à prendre.
« Pas facile d'être une femme en 2011. » On doit cet aveu à Tita Zeitoun. En ce début d'année, la Présidente de l'association Action de femme, destinée à promouvoir la parité dans l'entreprise, formule un vœu : que le sexe dit « faible » gagne en visibilité auprès des sociétés du CAC 40.
Où sont les femmes ? Pas dans leurs conseils d'administration en tous cas. Selon un récent rapport de l'inspectrice générale des affaires sociales Brigitte Grésy, elles représentaient en France, en 2009, 41,2 % des cadres administratifs et commerciaux des entreprises, mais seulement 10 % des membres des conseils d'administration.
D'où l'idée de légiférer. « Pour arriver à leurs fins, sans pour autant lourdement pénaliser les sociétés concernées, les sénateurs ont suivi la proposition de loi votée par l'Assemblée nationale le 20 janvier 2010, en touchant à ce qui va droit aux cœurs des hommes et des femmes.... leurs revenus », se félicite Tita Zeitoun.
Objectif : 40% de femmes administratrices
En clair, dans un délai de trois ans, deux femmes sur dix devront siéger dans les conseils d'administration et de surveillance des sociétés cotées en France, avant d'atteindre les 40 % dans les six ans. Si ce quota n'est pas respecté, les autres membres ne percevront pas la rémunération des jetons de présence tant que l'entreprise ne rentrera pas dans le rang. Et les nominations « contraires » à la loi seront entachées de nullité !
Le début d'un nouvel élan ? Il faut croire. Pour preuve, avant même le vote de la loi, le code de gouvernance des entreprises Afep-Medef décidait d'introduire une recommandation pour une meilleure représentativité des femmes dans les conseils d'administration et de surveillance des sociétés cotées.
Pour Laurence Parisot, présidente du Medef, « les entreprises françaises ont compris à quel point la mixité était non seulement une exigence éthique mais aussi économique ».
Lors du dernier Women's Forum, Agnès Touraine, ex-PDG de Vivendi Universal Publishing et elle-même administratrice de plusieurs sociétés, décrivait un « mouvement foudroyant en l'espace de six mois ». L'association Action de Femme confirme : entre 2009 et 2010, le nombre de fauteuils occupés par des femmes est déjà passé de 9,40 % à 14,40 %.
Des centaines de places à prendre
Autant dire qu'il y a encore des places à prendre. Sachant qu'un conseil d'administration est composé de 3 à 18 membres de profils différents, plusieurs centaines de postes seront bientôt à pourvoir. Or, aujourd'hui, 80 femmes seulement - dont 11 pluri-administratrices - occupent 91 mandats sur un total de 634.
Agnès Bricard aime citer Georges Bernanos : « On ne subit pas l'avenir, on le fait ». Pour la vice-présidente du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables CSOEC, l'occasion est trop belle : elle soutient une initiative de sa profession qui, lors de son dernier congrès, a carrément créé l'Association des femmes diplômées experts-comptables administrateurs de sociétés. Le CSOEC a même envoyé un courrier pour sensibiliser ses 4000 consœurs à la question. Une petite formation est même proposée pour désacraliser le poste d'administrateur.
« Les femmes Experts-Comptables ont à l'évidence un rôle majeur à jouer dans l'amélioration de la gouvernance des entreprises et plus largement dans la compétitivité de l'économie », dit-elle.
Mesdames, manifestez-vous. Et vite ! Depuis une loi de 2008 imposant un système de quotas en Norvège, les femmes représentent déjà 44 % des administrateurs, contre 7 % en 2003...

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