Diversité en entreprise
Je suis issu de la diversité. Et alors?

Entré chez EDF comme releveur de compteur, Mohamed Benabid a petit à petit gravi les échelons de l'entreprise. Il est aujourd'hui cadre supérieur. A travers le récit de son ascension, il livre ses impressions.
« Quand on voit ton parcours, on est vraiment fier de notre entreprise », lâchent régulièrement les collègues cadres supérieurs de Mohamed Benabid.
La fierté du groupe
L'entreprise, EDF, elle-même tire de la fierté d'avoir permis à un de ses collaborateurs de gravir inexorablement tous ses échelons internes jusque vers les sommets. Contactée pour interroger une personne issue de la diversité, elle nous a présenté sa perle rare : Mohamed Benabid, 54 ans, kabyle, fidèle à ses multiples postes depuis son entrée en 1981 dans l'entreprise d'électricité.
De releveur de compteur à cadre dirigeant
Fier, Mohamed Benhabid a aussi de quoi l'être assurément. Avec pour seul bagage un Bac D, il est entré chez EDF au plus bas niveau de l'entreprise, en tant que releveur de compteur. « J'étais le premier recruté d'origine maghrébine » indique-t-il. Ce qui ne se fait d'ailleurs pas sans heurts. Depuis mai 2007, il a accédé à un emploi de dirigeant. « J'ai à chaque fois eu la chance de rencontrer des gens qui croyaient en moi et qui m'ont poussé », raconte-t-il simplement.
Des formations internes pour booster sa carrière
Très vite, il quitte Villeneuve-sur-Lot, où il réside depuis vingt ans, pour suivre une formation interne à l'école des cadres, aux Mureaux, pendant quatre ans. Désormais au collège cadre, il fait ses premières armes dans les ressources humaines, qu'il ne quittera plus, sur Perpignan, en tant que chef de section personnel.
L'innovation comme moteur
« J'ai essayé d'être assez innovant en mettant en place des entretiens individuels, en nous engageant dans une démarche pour mieux insérer les personnes que nous avions en contrats particuliers, etc. », assure-t-il. Innovant, Mohamed Benhabid l'est également lorsqu'il lance un observatoire social en 1994, précurseur de l'actuel observatoire de la diversification du groupe, avec tout un panel de missions, dont la lutte contre l'exclusion et des opérations pour aider des jeunes délinquants. Il est alors cadre prospective et RH, à Grenoble.
Etre mobile, c'est important
Le personnage change de poste tous les trois à quatre ans. Propulsé consultant interne, il visite 40 unités en trois ans. « En 1999, lors de la mise en place de l'accord 35 heures, j'ai pris l'avion 400 fois, se souvient-il. J'accompagnais les unités pour négocier leur accord local. »
DRH à Limoges, puis directeur adjoint en Vendée, toujours en charge des RH, il s'installe en 2007 dans le siège de directeur du centre de Bagneux. Il a pour mission de préparer la future direction territoriale des Hauts-de-Seine, face à des élus très sensibles.
Montré comme une exception
« Le manque de présomption de réussite est ce qui m'a le plus gêné lors de ma carrière, explique aujourd'hui Mohamed Benhabid. A chaque fois, j'étais montré du doigt comme une exception. J'ai fait la fierté de la communauté maghrébine de mon quartier. On m'a investi de ce rôle dans l'entreprise. Mais c'est pesant de voir que, lorsqu'une personne issue de la diversité réussit, c'est parce qu'elle n'est pas comme les autres. » Cet homme conseille aux candidats issus de la diversité d'intégrer la mobilité comme une donnée essentielle, de savoir prendre du recul et ne pas réagir de manière impulsive à des remarques qu'ils pourraient avoir sur leurs origines.

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