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Label diversité

Label diversité : où en est-on ?


Créé fin 2008, le label diversité fait des émules. Les entreprises se pressent aux portes de l'Afnor pour être auditées mais peu ont encore obtenu le précieux papier. Outil de com' ou réelle lutte contre les discriminations ? Bilan.

« Ce label, il faut aller le chercher. Il n'est pas donné à tout le monde. Cela ne doit pas faire peur aux entreprises mais au contraire les inciter à le décrocher. » Pascal Bernard, vice-président de l'ANDRH, l'association nationale des directeurs de ressources humaines à l'origine de la création du label diversité, a placé la barre haut.

« Si c'est pour vous faire de la pub, on saura vous le rappeler. » Voilà les entreprises prévenues. Cela ne les empêche pas de se presser au portillon de l'Afnor, l'organisme certificateur afin d'être auditées. Au contraire.

12 entreprises labellisées

Depuis sa création en septembre 2008, son succès ne se dément pas. Une centaine d'entreprises se sont déjà portées candidates pour décrocher ce précieux label. Mais il y a encore peu d'élus. En juin 2009, 12 entreprises avaient décroché ce précieux label.

Un formidable outil de communication

Le label diversité représente le nec-plus ultra pour celles qui veulent accroître la diversité de leurs équipes et, surtout, le clamer à la face du monde entier. Car, pour l'heure, celui-ci passe pour être, à leurs yeux, ce qu'il y a de plus abouti en termes d'outils de mesure de leur démarche diversité :

-Plus contraignant que la simple déclaration d'intention de la charte de la diversité

-D'une portée plus large que le label égalité professionnelle homme-femme

-Plus stimulant qu'un accord d'entreprise qui n'a pas le même retentissement en termes de communication.

Moins une récompense qu'une exigence

Ce label s'avère aussi être un véritable outil de lutte contre les discriminations. « Il n'est ni un diplôme, ni une photo mais un film qui accompagne l'entreprise au fil de sa démarche de lutte contre les discriminations, explique Florence Méaux, directrice générale d'Afnor Certification. Si elle veut garder le label, il lui faut aller toujours plus loin. En cas de discrimination dans une entreprise labellisée, nous serons saisis, mènerons des investigations approfondies et des mesures correctives seront très vite mises en place. Aujourd'hui, on n'a pas trouvé mieux comme outil de progrès. »

Des process formalisés

Concrètement, il donne du fil à retordre aux entreprises. Pour l'obtenir, elles doivent passer au crible l'ensemble de leurs processus RH. Un évaluateur Afnor examine les actions sur le terrain. Il rédige un rapport qu'il présente à une commission de labellisation formée de membres de l'Etat, d'organisations syndicales et patronales, de l'ANDRH et, bientôt, de l'IMS.

La première difficulté avancée par les entreprises labellisées tient dans la formalisation des process : « Ce qui nous a dérouté, c'est qu'on nous parlait beaucoup ISO alors que nous avions vécu la diversité en dehors des process », se souvient Aline Crépin, directrice marketing et communication de Randstad labellisée en janvier dernier.

Les labellisées et les recalées ravies

Les entreprises labellisées comme les recalées s'estiment ravies :

« Réalisé par un organisme externe, le label nous apporte une certaine caution. Il est aussi un signe d'encouragement en nous montrant nos zones de discrimination persistantes », note Emmanuelle Lièvremont, directrice diversité et apprentissage France chez L'Oréal labellisée en mai.

« L'audit est tombé comme un couperet, explique pour sa part Christine Bargain, directrice diversité et handicap du groupe La Poste, recalée pour un défaut de traçabilité des démarches. Cela a néanmoins permis de relancer la démarche et de se donner des priorités. »

Moins contraignant que le label égalité

Quelques voix relèvent néanmoins les lacunes du label :

1. Il ne prend pas en compte toutes les formes de diversité : la parité existe déjà pour le label égalité professionnelle homme-femme.

2. Il est moins contraignant que le label égalité qui, lui, oblige les entreprises à obtenir des résultats quantifiés et aborde la question salariale.

Ce qui fait dire à Samuel Thomas, vice-président de SOS-Racisme : « J'estime le label mensonger quand on connaît l'ampleur des discriminations dans les entreprises labellisées. Le fait que ce soit l'entreprise qui demande à être auditée, qui explique à l'Afnor en quoi elle est vertueuse que ces points-là seulement soient vérifiés, sape la crédibilité du label. Il faudrait un vrai contrôle, avec des faits vérifiés auprès des associations et victimes de discrimination. »

Objectif : 100 labels d'ici fin 2009

D'ici la fin de l'année, le gouvernement a l'objectif de labelliser 100 entreprises. Le grand chantier à venir est l'engagement de l'administration et des PME sur la voie de labellisation.



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