Charisme professionnel
Formations sur la prise de parole en public : que pensent les utilisateurs ?

Basées surtout sur l'auto-observation grâce à une caméra et les critiques constructives des autres participants, de nombreuses formations délivrent des méthodes pour s'affirmer en public. Que valent-elles selon ceux qui ont testé l'expérience ?
Pour ceux qui ont des difficultés mais pas seulement...
Non, les formations en prise de parole en public ne sont pas seulement destinées aux personnes qui rencontrent de grandes difficultés pour s'exprimer en réunion, devant des collaborateurs ou des clients. « Certains ont l'habitude de parler en public et viennent chercher ce qu'ils peuvent améliorer », explique Joëlle Mandel, formatrice chez Orsys.
Exercices pratiques à la pelle
Au programme : des exercices pratiques divers. Travail sur les intonations, les silences, la gestuelle, la respiration, la visualisation positive (s'imaginer dans un endroit agréable par exemple). Car l'un des grands enseignements de ces formations, selon ceux qui les ont testées, c'est l'importance de la communication non verbale. La caméra est donc beaucoup utilisée. « C'est un outil dont il faut se méfier ; il ne faut pas non plus se focaliser sur sa cravate, mais il permet d'analyser sa propre gestuelle », explique Danae Mâche, formatrice chez Forentem. Autre avantage de la caméra : se rendre compte des progrès au fur et à mesure de la formation. « On se juge soi-même mais grâce à la suggestion du formateur et des autres participants », souligne Alain Petit, ingénieur conseil chez les Laboratoires Starkey.
Enrichissement mutuel grâce au travail en groupe
Ces formations durent souvent deux jours et rassemblent des publics très différents, en petits groupes. Une diversité qui favorise l'enrichissement mutuel selon les participants. « Les autres nous renvoient un miroir de ce qu'on est, mais aussi des éléments qu'on n'avait pas imaginé sur nous-mêmes », estime Raphaëlle De Latte, ingénieur pédagogique chez Orsys qui a testé ce type de formation. Pour Joëlle Mandel, les stagiaires ne se posent pas la question du jugement des autres étant donné qu'ils sont tous dans la même situation. « Ils peuvent faire part de leurs problèmes plus facilement que s'ils étaient face à des personnes plus expérimentées. »
Mise en pratique sur le terrain
A l'issue de la formation, vous disposerez surtout de clés pour progresser : des conseils à appliquer, quelques axes personnels à travailler. « Alors qu'on passe souvent beaucoup de temps sur le fond, j'ai pu mettre en application rapidement les conseils : s'affranchir des aspects matériels en préparant bien la salle avant mon intervention, travailler la forme en ayant une attitude ouverte ainsi que le sourire », relate Raphaëlle De Latte. « Désormais je fais participer mon public et j'écris un plan au tableau. Je connais aussi mes tics verbaux ; je sais sur quoi travailler », confirme Jérôme Kobbé, ingénieur consultant chez Airbus. En bref, c'est surtout après la formation que le travail commence, ce qui pourrait nécessiter peut-être d'autres sessions de formation « pour voir les progrès ou les points restant à améliorer », selon Alain Petit. A ce propos, certains organismes distribuent un support écrit résumant les enseignements du formateur, voire communiquent les coordonnées de ce dernier. Une sorte de service après-vente si vous avez des questions particulières.

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