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Jeunes managers : la marche à suivre pour assurer d'emblée


En 2008, seul 30 % des jeunes cadres se disaient prêts à assumer des responsabilités managériales dans l'entreprise. Un chiffre qui se fait l'écho des difficultés rencontrées pour endosser pour la première fois le costume de responsable. Quatre conseils à suivre pour parer aux principales difficultés.

Apprendre à « accompagner »

En France, l'habitude est d'offrir le poste de manager aux meilleurs techniciens, comme une sorte de récompense pour services rendus. « Mais si le savoir-faire est très important dans le management, le savoir-être l'est tout autant », précise Nicolas Verré, consultant et formateur chez Pro Infinae. Premier étape, donc : prendre du recul sur son activité. « Il faut se servir de son expertise non pas pour faire soi-même, mais pour faire-faire, explique Philippe Rossignol, directeur général du cabinet de conseils Amplitude. Accompagner, donner des conseils, aider ses collaborateurs grâce à ses compétences. Mais ne surtout pas tenter de prendre leur place. »

« Et savoir valoriser leurs capacités », rajoute Nicolas Verré. Surtout vis à vis de collaborateurs plus âgés : ils sont là depuis plus longtemps, connaissent les rouages de l'entreprise et peuvent le faire savoir au jeune bleu qui démarre. « Il faut donc poser les choses dès le départ, conseille le consultant. Ne pas hésiter à dire qu'ils font les choses vingt fois mieux que vous et que votre job est de s'assurer qu'ils vont pouvoir continuer à travailler dans les meilleures conditions. »

Trouver sa juste place

Rien de plus casse-gueule pour le jeune manager que d'être promu dans sa propre boîte. « C'est un véritable cadeau empoisonné, lance Philippe Rossignol. Même s'il est changé de service, il sera toujours suivi de ses casseroles. » Pas de panique pour autant. Il s'agit simplement de trouver le bon équilibre. « Le bon manager n'est pas le copain de ses collaborateurs. On n'est pas là pour partir en week-end ensemble, mais pour atteindre des objectifs. »

« Il faut se faire confiance, être à l'aise avec son histoire et son parcours », remarque Nicolas Verré. Si vous êtes là, c'est que vous en avez les compétences. N'en donnez pas trop non plus dans l'excès inverse en passant d'un coup dans le complet du « petit chef ». « Ne jamais oublier, par exemple, que l'on ne juge pas une personne. On évalue ses résultats. Cela demande d'être convaincu que l'on n'a de pouvoir sur qui que ce soit et que qui que ce soit n'a de pouvoir sur nous. » Votre nouveau credo ? « Le manager est une courroie de transmission. »

Assumer ses décisions

« Le baptême du feu du jeune manager, c'est quand il doit dire « non » pour la première fois », note Philippe Rossignol. Pas facile de s'opposer à la proposition d'un client ou de refuser un délai demander à un collaborateur, mais gardez en mémoire que le rôle du manager est souvent de trancher. « Il faut très vite développer une véritable assertivité, poursuit Philippe Rossignol. Expliquer ses prises de position, développer son point de vue et faire comprendre les enjeux pour l'entreprise. » On ne dit pas non parce qu'on est chef, on refuse pour l'intérêt de l'entreprise.

« Quoi qu'il arrive, confirme Nicolas Verré, le manager doit faire sens pour son équipe. C'est lui qui la guide, qui la motive, qui l'encourage. » Une mission qui demande de faire preuve de réelles convictions. « En fait, c'est presqu'un sacerdoce », sourit le consultant.

Savoir poser des questions

Impossible de partager avec ses collaborateurs ce qu'on n'a soi-même pas compris de sa hiérarchie. « Or, tous les débuts se ressemblent remarque Philippe Rossignol. Votre bureau n'est pas encore attribué. Votre mission n'est pas tout à fait définie et vos objectifs ne seront pas fixés avant trois semaines. » Selon une enquête TNS/Sofres réalisée en 2008, six cadres sur dix trouvent que leur intégration est mal gérée par l'entreprise. Mais pour le manager, pas question d'attendre paisiblement que le temps fasse les choses. « Il faut que tout soit clair dès le début, insiste Nicolas Verré. Dès le recrutement, il faut comprendre pour quoi vous êtes là et ce que l'entreprise veut de vous. » C'est le seul moyen de gagner en crédibilité. Et pour ça, une seule solution : « il faut savoir poser des questions », note Philippe Rossignol. « Etre connecté en permanence avec sa hiérarchie pour savoir quels sont les objectifs et ne jamais lâcher prise avec ses opérationnels pour savoir comment avancent ces mêmes objectifs. » Un mouvement de balancier qui permet au manager de marquer le tempo de son entreprise.

 

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