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Après la lecture de ce dossier, on se tourne vers un miroir pour bien vérifier qu’aucun cheveu blanc ne dépasse de notre crinière ou l’on se jette sur le téléphone pour remercier notre maman d’avoir eu des enfants sur le tard.
C’est qu’une fois soufflées les quarante bougies, mieux vaut se tapir dans un coin de son bureau et se faire oublier en attendant le pot de retraite et la canne à pêche cadeau qui va avec. Car d’ici là, il faut faire une croix sur les promotions, les augmentations, la formation et, bien sûr, en cas de licenciement, il ne faut pas espérer décrocher un nouveau boulot. Hormis les jobs précaires, point de salut. Ah si, tout de même : les quadras sont de bons clients pour la reconversion totale, la création d’entreprise, la belle vie de free lance ou de consultant. Mais comme l’affirme un expert cité par le magazine : «Si la quarantaine est un bon moment pour opérer un virage dans une vie active, c’est aussi la dernière occasion». En gros, on est libre de faire tout ce qu’on veut, mais il est absolument interdit de se planter. Si les nouveaux entrepreneurs quadras ont quelque chose qui les gratte au sommet du crâne, ce n’est rien, juste une épée de Damoclès.
Mais un drame peut en cacher un autre. C’est qu’en recomptant les années de travail de nos quadras en quarantaine, on n’arrive pas au compte. En supposant que nos suppliciés ont fait quelques études, les voilà au boulot à 25 ans. S’ils se font licencier pour leur 45ème anniversaire, ils n’auront travaillé, et cotisé, en tout et pour tout, que vingt petites années. Mais alors, les quadras licenciés seront non seulement sans travail, mais ils n’auront même pas l’espérance de toucher un jour leur retraite pleine et entière ? C’est ce qu’on appelle une double peine.
La rédaction