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Sénégal
Jean-Pierre Gilles, manager et consultant en informatique
Si vous parlez de pays en voie de développement (PVD) à un responsable informatique, il vous répondra « délocalisation », « offshore » ou encore « réduction de masse salariale ». Pourtant, l’Asie et l’Afrique ne sont pas uniquement des points de chute pour des directions informatiques ou des SSII en mal d’économies, loin s’en faut. Les PVD offrent également des opportunités particulièrement intéressantes, aux informaticiens qui savent les saisir. Témoignage de Jean-Pierre Gilles, qui a su rebondir suite à un licenciement économique et qui est aujourd’hui consultant informatique de la société Intervenance.
Comment vous êtes-vous fait une place sur le marché du conseil en informatique ?
J.-P. G. : Le marché informatique est aujourd’hui un marché de niche. Dans les années 2000-2003, dans un contexte de concurrence exacerbée, les SSII ont poussé leurs experts vers la sortie, dans un objectif de réduction de coûts. Résultat : ils sont souvent amenés à les réemployer aujourd’hui comme sous-traitants, dans la mesure où ils n’ont plus les compétences en interne pour faire face à des problématiques complexes. En tant que salarié, j’étais spécialisé dans des missions à forte dimension stratégique centrées autour du référentiel ITIL (Information Technology Infrastructure Librairy). C’est ce que je continue à faire, aujourd’hui, en tant que consultant.
En quoi consiste exactement le référentiel ITIL ?
J.-P. G. : Le référentiel ITIL constitue un ensemble de bonnes pratiques, édictées par l’Office britannique du Commerce, qui permettent d’optimiser la gestion des services informatiques par les DSI. Plus simplement, on pourrait résumer les choses de cette manière : ITIL vise à contractualiser la relation entre la DSI et les autres départements de l’entreprise, afin que le service rendu soit du même niveau que celui que fournirait, par exemple, un prestataire extérieur, de type SSII. Entre autres, les services informatiques s’engagent à respecter un niveau de qualité agréé avec leurs clients internes, à tenir des délais serrés, et surtout à sortir d’une vision technique de leur activité, pour se placer dans une vision métier. En effet, très souven les DSI continuent à faire de l’informatique pour faire de l’informatique, sans se soucier du positionnement de l’entreprise pour laquelle ils travaillent. La mise en place d’ITIL vise à aligner précisément la fourniture de services sur la stratégie de l’entreprise. Autrement dit, si l’entreprise se différencie de la concurrence par sa qualité de services, on demandera à la DSI de supporter cet engagement. Si, au contraire, l’objectif de l’entreprise sur son marché est de diminuer les prix pratiqués, on demandera à la DSI de participer à la politique de réduction des coûts.
Comment avez-vous eu l’opportunité d’effectuer une mission au Sénégal ?
J.-P. G. : Les pays en voie de développement sont actuellement en plein essor sur le plan du développement informatique. Au Sénégal, en particulier, ils bénéficient d’une réserve de main d’œuvre très qualifiée et très compétente au niveau technique, dans la mesure où la plupart des personnels et managers ont fait leurs études, voire une partie de leur carrière en Europe. En revanche, ils manquent d’experts sur certaines problématiques pointues, et c’est là que des consultants seniors peuvent se positionner, dans une logique de transfert de connaissances. La mission que j’ai effectuée sur place, pour un opérateur Telecom sénégalais, m’a été proposée par un cabinet de conseil pour lequel j’avais déjà travaillé à de nombreuses reprises, et qui était sûr à 100% que j’avais les capacités pour mener à bien ce nouveau projet. Une condition indispensable pour effectuer une mission à l’international : en effet, impossible pour une SSII de suivre et de superviser au quotidien le travail de son consultant à l’étranger. Il faut donc qu’existe entre les deux parties une réelle relation de confiance.
Quelles sont les différences, sur le plan culturel, entre une mission exercée en France et une mission exercée au Sénégal ?
J.-P. G. : Le grand avantage des PVD, c’est que ce sont des pays « neufs ». En France, on se heurte souvent à une résistance aux changements, à une difficulté à modifier les habitudes acquises… Au Sénégal, c’est tout le contraire : les entreprises sont toutes relativement jeunes, elles n’ont pas un historique important, on n’a donc pas à lutter contre la pesanteur de la routine. Par ailleurs, les managers sont très ouverts aux apports extérieurs, ils ont une vraie volonté d’assurer la réussite de leur entreprise et de mettre tout en œuvre pour y arriver. En ce qui me concerne, c’est un des contextes les plus favorables que j’aie rencontré pour travailler. En revanche, il est certain qu’il peut exister encore certaines lacunes sur le plan de la mise en œuvre opérationnelle. Le pilotage en aval est parfois insuffisant, certains problèmes ne sont pas anticipés assez tôt.
Pourquoi avoir choisi de faire appel aux services de la société Intervenance pour exercer votre activité de consultant ?
J.-P. G. : Aujourd’hui, je suis satisfait de mon activité en tant qu’I-salarié. Toutefois, à l’origine, exercer en tant que consultant n’était pas un choix, mais le résultat d’un licenciement économique… et de la difficulté de retrouver un emploi salarié dans le secteur informatique, une fois passé le seuil fatidique des 40 ans. Dans ce contexte, j’ai considéré les différentes options qui se présentaient à moi : le CDD, qui est loin d’être avantageux financièrement, la création d’entreprise, plutôt compliquée… et mon choix s’est naturellement porté vers l’Isalariat. Une solution qui me permet de réaliser en toute sérénité des missions de conseil à l’international tout en conservant un statut de cadre salarié De quoi me permettre d’avoir l’esprit tranquille pour me consacrer à mon activité !
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Intervenance est une société de conseil spécialisée dans la gestion de cadres expérimentés et de consultants. Depuis 1986, notre société offre une prise en charge efficace à ceux qui souhaitent développer une activité professionnelle autonome tout en conservant le statut de salarié : formation, gestion administrative, ingénierie salariale, accompagnement commercial, valorisation de leur savoir-faire auprès des décideurs.
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