Je suis le bras droit du patron en période de crise : ce métier me rapporte jusqu'à 6 250 € nets par mois
Plusieurs entreprises ont, ces derniers mois, été placées en redressement judiciaire. Notamment dans l’ameublement, le prêt-à-porter, l’électroménager, le bâtiment… D’après La Banque de France, plus de 68 000 défaillances d’entreprises ont été comptabilisées à la fin de l'année 2025, en France. Soit, selon l’assureur Allianz Trade, une augmentation « historique » de 3,5 % par rapport à 2024. Dans ce contexte morose, un profil stratégique émerge sur le marché de l’emploi. Et pour cause : il dispose d’un œil aiguisé sur la gestion des coûts des entreprises, qui constitue le nerf de la guerre en période de turbulences économiques. « Ce profil est le bras droit du directeur général : il est, pour lui, un véritable partenaire d’aide à la décision », commente Stéphanie Rousseau, directrice des activités recrutement au sein du cabinet d’intérim Adecco.
Il y a encore quelques années, les missions de ce professionnel des chiffres portaient essentiellement sur la comptabilité et la direction financière. Depuis peu, elles deviennent plus stratégiques : elles portent, par exemple, sur l’analyse de la performance de l’entreprise et sur le pilotage budgétaire. « Avant, ce profil faisait de l’analyse purement financière. Aujourd’hui, il se rapproche de l’opérationnel et suit scrupuleusement de nombreux indicateurs, d’autant plus s’il travaille au sein d’une entreprise cotée en bourse », indique-t-elle. Contrairement aux apparences, ce profil n’est pas pénurique sur le marché de l’emploi. Seuls les profils hyper spécialisés ayant une compétence singulière, par exemple autour de la data, de la business intelligence ou des ERP, sont plus difficiles à sourcer. Issu d’une école de commerce ou titulaire d’un master universitaire, ce profil travaille « dans tous les secteurs d’activité qui performent », résume Stéphanie Rousseau. Notamment dans l’industrie, où ces professionnels sont nombreux.
Vous l’aurez peut-être deviné, ce profil stratégique, qui travaille de concert avec le directeur général, est celui de contrôleur de gestion. « Un profil junior touche une rémunération annuelle d’environ 40 000 euros bruts. Après cinq à dix ans d’expérience, son salaire peut grimper jusqu’à 70 000 voire 80 000 euros bruts par an », indique Stéphanie Rousseau. Soit entre 4 370 et 5 000 euros nets pour les plus expérimentés. Les profils pointus ayant une « coloration » industrie ou start-up par exemple, sont généralement ceux qui sont les mieux valorisés. Les responsables du contrôle de gestion peuvent, quant à eux, toucher une rémunération annuelle de 100 000 euros bruts, soit 6 250 euros nets par mois. Lorsqu’ils évoluent dans leur carrière, ces profils décrochent des postes de directeur financier « ou intègrent des cabinets d’audit, où ils basculent alors dans le conseil », conclut-elle.