Droit au chômage : ce qui change (ou pas) pour les cadres au 1er octobre

Sylvie Laidet

REFORME CHOMAGE 2021 – Encore un nouveau calendrier pour la réforme de l’assurance chômage annoncé par Jean Castex au sortir d’un séminaire gouvernemental le 8 septembre dernier. Cadremploi fait le point sur ce qui change : le nouveau timing de l’entrée en vigueur de la dégressivité des allocations pour les plus hauts salaires, le durcissement des conditions d’ouverture des droits et le nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence.

Selon l'Unedic, 63 % des allocataires concernés par la réforme percevront une indemnisation totale inférieure.

Droit au chômage : ce qui change (ou pas) pour les cadres au 1er octobre
Selon l'Unedic, 63 % des allocataires concernés par la réforme percevront une indemnisation totale inférieure.

⚡ Ce qui devrait entrer en vigueur le 1er octobre 2021 : le nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence

Le gouvernement avait prévenu, il ne lâcherait pas l’affaire du nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR). Et ce, malgré la suspension d’une partie de la réforme par le Conseil d’État en juin dernier. Promesse tenue. Au sortir d’un séminaire gouvernemental, Jean Castex a annoncé le 8 septembre que cette nouvelle équation entrerait bel et bien en vigueur le 1er octobre 2021.

Concrètement, cela signifie que

  • Au 1er octobre : le SJR sera calculé sur le total de vos salaires divisés par l’ensemble des jours travaillés ou pas sur les 24 derniers mois. Soit une baisse mécanique de votre SJR et donc de votre allocation chômage.
  • Jusqu’au 1er octobre : le fameux SJR reste calculé en se basant sur le total de vos salaires divisés par l’ensemble des jours travaillés sur les 24 derniers mois.

Pour enclencher ce changement, le gouvernement va, dans les semaines à venir, soumettre un nouveau décret au Conseil d’État.

⚡ Ce qui devrait entrer en vigueur au 1er décembre 2021 : la dégressivité des allocations chômage pour les plus gros salaires au bout de 7 mois

On vous rappelle le principe : les salariés de moins de 57 ans percevant un salaire supérieur à 4500 euros bruts par mois, voient leur allocation chômage chuter de 30% durant leur période d’indemnisation par Pôle emploi. Jusqu’à présent, au vu du contexte économique, cette dégressivité intervient au 9e mois d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Et ce, quelle que soit votre date d’inscription à Pôle emploi car comme le souligne l’Unedic, « les compteurs de la dégressivité sont remis à zéro au 1er juillet ». Concrètement, si vous êtes dans ce cas, vos allocations chômage vont donc baisser de 30% à compter du 1er mars 2022.
Ce qui pourrait changer au 1er décembre :
la dégressivité de ces allocations chômage pourrait intervenir dès le 7e mois d’indemnisation. Cette mesure a toujours été soumise à une « clause de meilleure fortune »*. Et il semble que l’on s’approche de cette situation. Donc à suivre.

⛔️ Ce qui devrait entrer en vigueur au 1er décembre 2021 : la durée d’affiliation minimum

Là encore, soyons le plus didactique possible :

  • Pour ouvrir des droits à l’assurance chômage, vous devez avoir travaillé 4 mois sur les 24 derniers mois.
  • Au 1er décembre prochain, si la situation économique s’améliore (en tenant compte de la clause de retour à meilleure fortune*), vous devrez afficher 6 mois de boulot au cours des 24 derniers mois (36 mois pour les plus de 53 ans). Donc, des conditions plus strictes.

Mais à ce jour, on reste sur 4 mois dans les 24 derniers mois.


* C’est quoi la « clause de retour à meilleure fortune » ?

La clause de retour à meilleure fortune est basée sur 2 indicateurs qui doivent repasser au vert de manière simultanée :

  • Si le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A baisse de 130 000 sur 6 mois consécutifs
  • Si le nombre de déclarations préalables à l’embauche pour des contrats de plus d’un mois, hors intérim, soit supérieur à 2,7 millions sur les 4 derniers mois. 
Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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