Covid oblige, les envies d’expatriation diminuent au profit du remote

Sylvia Di Pasquale

ETUDE « DECODING GLOBAL TALENT » 2021 – Entre la crise mondiale liée au Covid, la digitalisation galopante et la globalisation remise en question, le monde du travail change comme jamais. The Network, le Boston Consulting Group et Cadremploi se sont associés cette année encore pour interroger 208 807 talents, issus de 190 pays. Leurs envies de prendre l’avion diminuent mais pas leur souhait de travailler à l’international : ils comptent le faire en remote, cest-à-dire à distance. Focus sur les envies de mobilité professionnelle des 5300 Français interrogés.
Covid oblige, les envies d’expatriation diminuent au profit du remote

Seuls 55% des talents français rêvent d’international

La baisse est significative : 55 % des talents français déclarent vouloir travailler à l’étranger alors qu’ils étaient 69 % en 2018. C’est mieux qu’ailleurs dans le monde (seuls 50% de candidats à l’expatriation).

Mais la 3e édition de l’étude Decoding Global Talent* note aussi des différences en France selon les spécialités et les générations.

Aspirent à travailler à l’étranger :

-      86% des étudiants

-      77% des personnes travaillant dans la santé et la médecine

-      Et seulement 59% des talents travaillant dans l’IT et la technologie

-       

Lorsqu’ils veulent partir à l’étranger, les Français visent en priorité les pays francophones et/ou proches (Suisse, Belgique, Luxembourg et Canada Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni).

Une carrière internationale mais sans bouger de chez soi

Ils ne veulent pas voyager mais restent attirés par une carrière à l’international. L'enquête montre que 55% des talents français (vs 57% dans le monde) aimeraient travailler pour un employeur étranger tout en restant en France. Il faut dire que les périodes de confinement ont permis de tester le travail à distance à grande échelle.  D’où leur intérêt pour le remote y compris avec l’international.

Fanny Potier

« Le Covid-19 est une nouvelle variable qui rend les gens prudents lorsqu'il s'agit d'envisager une expatriation (sans parler de son impact sur les politiques d’expatriation au sein des entreprises), analyse Fanny Potier, directrice au bureau de Paris du Boston Consulting Group. Avec l'essor du travail à distance, beaucoup pensent qu'ils peuvent faire progresser leur carrière en travaillant à distance, sans avoir besoin de déménager »

Pierre Antebi

« Embaucher des personnes d'autres pays n'est pas une pratique nouvelle pour les employeurs, rappelle Pierre Antebi, co-directeur du Réseau The Network et l'un des auteurs du rapport. Mais la tendance au travail à distance permet de le faire à plus grande échelle et d'élargir le réservoir de talents disponibles. Il y a aussi un avantage pour les travailleurs, qui peuvent progresser dans leur carrière sans déraciner leur vie. »

La France reste dans le top 10 des destinations attractives mais plait moins

Classée 9e destination professionnelle, la France voit son attractivité en baisse depuis six ans. Paris poursuit également sa chute dans le classement des villes les plus attractives et quitte le top 10 (11e place en 2020 contre 3e en 2014).

Quand elle attire, la France tente les talents américains du Nord, du Moyen Orient et d’Afrique. Les asiatiques la boudent.

Méthodologie de la 3e édition de l’étude « Decoding Global Talent » menée par le BCG et Cadremploi

Première partie du rapport disponible ici

- Enquête menée auprès de 208 807 répondants dans 190 pays par le BCG et The Network – dont 5308 en France. Les répondants sont inscrits sur les sites de recherche d’emploi de The Network (Cadremploi en France).

- Les données recueillies pour le rapport Decoding Global Talent donnent un aperçu des attitudes des travailleurs selon le sexe, l'âge, le niveau d'éducation, le niveau de compétences numériques et la position dans la hiérarchie des emplois. Ces données seront au cœur de deux autres rapports que le BCG et le réseau publieront dans les prochains mois. Le deuxième rapport se concentrera sur les nouveaux modèles de travail, et le troisième explorera les changements observés dans les attentes en matière de carrière.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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