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Changer de job : pourquoi est-ce si difficile et faut-il attendre le déclic ?

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Sylvia Di Pasquale

12/09/2019

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[Video] Deux tiers des cadres ont déjà pensé à démissionner. Sauf que, pour passer du rêve à la réalité, il manque souvent le bon alignement des planètes. Autrement dit, le déclic. Sur le plateau de Cadremploi, nos deux invitées analysent les leviers intimes de la démission. Elles expliquent la tempête émotionnelle que déclenche tout changement de vie professionnelle. Ai-je vraiment envie de changer de job, d'employeur, de collègues ? En ai-je besoin ? Qu’est-ce que je recherche exactement ? Pourquoi est-ce si difficile de se décider ? Qu'est-ce que cette difficulté révèle ? Les éclairages de Marie-Laure Tarlier, co-fondatrice du cabinet Clover et de Charlotte Appietto, la créatrice du site « Pose ta Dem’ ».

Les invitées

Marie-Laure Tarlier, co-fondatrice du cabinet Clover

Elle a été DRH dans le privé mais aujourd’hui, elle aide les entreprises à transformer leur management au sein du cabinet Clover (qui signifie « trèfle » en anglais). Formée à l’école des Psychologues praticiens, Marie-Laure Tarlier connaît bien le sujet de la démission et du changement de job pour rencontrer, au cours de ses missions, des managers qui se posent la question.

 

Charlotte Appietto, fondatrice du site Pose ta dem

Elle aime présenter son site comme le « repaire secret des futurs démissionnaires ». Charlotte Appietto l’a créé en 2018, après plusieurs expériences à des postes finalement assez classiques (dans les RH et le conseils) pour une diplômée de Sce Po et ESCP Europe. Aujourd’hui, elle aide ceux qui veulent aussi se « libérer » de jobs qui ne les passionnent pas. Pose ta Dem’, c’est un media, une newsletter, une communauté en ligne de plus de 2000 personnes, deux apéros bimestriels, des formations en ligne,  et des programmes de coaching individuel.

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Les différents profils de candidats à la démission

Charlotte Appietto rencontre différents types de cas : des personnes qui ont envie de démissionner mais qui n’ont pas franchi le pas et ne savent pas du tout quoi faire. Autre profil : celles décidées à démissionner tout en sachant exactement ce qu’elles souhaitent faire, mais qui ont peur d’y aller... Ou encore celles et ceux qui ont sauté le pas, qui se sont reconvertis radicalement ou qui ont changé d’emploi dans une autre entreprise et veulent à nouveau changer. Autant d’hommes que de femmes consultent le site « Pose ta Dem’ ». Mais la communauté féminine est celle qui demande le plus à être coachée et formée. Pour certains, la solution sera de développer un side project en parallèle de leur emploi. D’autres vont passer à temps partiel, le temps de faire aboutir leur projet.

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Les motivations à la démission 

Le manque de sens dans leur travail est majoritairement cité par les contacts de Charlotte Appietto. Mais chacun à sa propre définition du sens. Suivent ensuite d’autres motifs comme l’envie de nouveautés ou alors des raisons plus personnelles comme le manque de reconnaissance, ne pas se sentir à sa place, les stratégies de la boîte ou encore les tensions avec un chef...  

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Les premiers déclencheurs de la démission

Une étude Ifop/Cadremploi publiée en décembre dernier, détaillait notamment les facteurs déclencheurs d’une démission : le manque de perspectives professionnelles et la rémunération sont en tête des causes de démission citées par les cadres sondés. Le manque de perspectives professionnelles et la quête de sens sont encore plus fondamentales pour les nouvelles générations. Ces jeunes veulent connaitre leur valeur ajoutée et leur contribution, d’où le besoin de feedback sur ce qu’ils font (positifs ou négatifs). Selon Marie-Laure Tarlier, la question de la rémunération est davantage un symptôme qu’une réelle cause. En revanche, avouer que l’on souffre d’un manque de reconnaissance serait un aveu de faiblesse pour beaucoup. C’est sans doute la raison pour laquelle cette cause est très peu citée par les sondés. Charlotte Appietto estime aussi qu’on peut avoir du mal à justifier les raisons pour lesquelles on part.

La peur du changement et du vide

Démissionner est une prise de risque, reconnaît Marie-Laure Tarlier. Même lorsqu’on retrouve un job, il faut refaire ses preuves. On sort de sa zone de confort, il faut redécouvrir un monde, se refaire un réseau relationnel. C’est un saut dans le vide mais l’homme n’a pas d’ailes. C’est normal que la démission fasse peur. Vouloir changer de job déclenche une tempête émotionnelle et on ne sait pas forcément gérer ou contrôler la multitude de sentiments. C’est la joie, la peur, la rupture… ensuite une petite phase de dépression parce qu’on perd des choses... Ensuite, on a une phase de mobilisation, on fait un bilan et on repart. Tout cela ressemble au processus de deuil. Les étapes sont indépendantes et doivent être traversées pour aller de l’autre côté. 

Le job de transition

On ne pose pas forcément sa démission quand on est au top de sa forme, constate Charlotte Appietto. On peut être en situation de burn-out, de bore-out, de brown out… Poser sa démission se fait parfois dans des conditions psychologiques qui ne sont pas évidentes. Des accidents de vies peuvent parfois déclencher la décision (séparation, décès), explique Marie-Laure Tarlier.  Dans ce cas, c’est aussi très compliqué car les émotions négatives s’en mêlent. Son conseil : il ne faut pas hésiter à accepter un job de transition. Comme dans une séparation amoureuse, on reprend une aventure avec quelqu’un qui n’est pas forcément la personne qui correspondra à notre fil de vie sur le long terme. C’est un passeur, quelqu’un d’important sur le moment, qui correspond à notre état émotionnel du moment mais pas forcément durable. Le job de transition peut accompagner la reconstruction.

Attendre le déclic ?  

Selon Charlotte Appietto, on court un risque si l’on attend d’être 100% prêt. On attend le déclic, en pensant qu’un beau matin on va se réveiller en se disant “c’est bon, je peux partir, je suis sûr de mon projet”... ça se passe rarement comme ça. Une démission, c’est un moment qui se prépare. Si ça arrive d’un coup, c’est qu’il s’agit d’une crise. Quand on commence à se poser des questions, il faut commencer à agir, pour ne pas se retrouver au pied du mur. Alors, au pire des cas, on prend un autre job, même si ce n’est peut-être pas le bon sur du long terme mais à l’instant T, c’est ce dont on avait besoin. Il faut donc relativiser un petit peu sur l’enjeu du poste suivant si besoin. D’autant que le marché est en faveur des cadres !, rappelle Marie-Laure Tarlier.

Avancer pas à pas

L'humain n’aime pas sauter dans le vide, rappelle Marie-Laure Tarlier. Il faut donc avancer en se fixant des objectifs atteignables et avancer petit à petit : comme passer des entretiens, qui est un objectif rassurant et sécurisant. Se faire coacher est aussi une solution pour avancer pas à pas.

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