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18e baromètre Cadremploi / Ifop : comment les cadres ont évolué en 10 ans

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Cadremploi

21/03/2019

Indemnités chômage menacées, retraite rognée, formations raréfiées : alors même que le marché de l’emploi est favorable aux cadres, les avantages de leur statut sont attaqués. Dans ce contexte et pour sa 10e année consécutive, Cadremploi a pris le pouls des cadres français avec l’Ifop : comment ont-ils évolué depuis 10 ans ? Comment perçoivent-ils leur futur ? Quelles sont leurs attentes actuelles ? Si les résultats démontrent toujours une volonté de mobilité assez forte, ils dressent un portrait du cadre de demain qui ressemblera de moins en moins aux managers d’aujourd’hui.

Un tiers des cadres aimeraient changer de poste

Qu’ils soient actuellement en poste ou en recherche d’emploi, les cadres affichent une certaine sérénité : 73 % d’entre eux se déclarent ainsi optimistes concernant leur situation personnelle et 70  % s’estiment confiants quant au marché de l’emploi des cadres au global.

Portés par cette assurance, un peu plus d’un tiers du panel nourrit des envies d’ailleurs et se déclare ouvert aux opportunités (36 %) tandis que 33 % projettent clairement de changer de poste en 2019. Preuve en est, 39 % ont effectué une démarche active au cours des six derniers mois (consultation d’offres d’emploi, candidatures, entretiens...).

Parmi les facteurs qui les poussent à changer d’emploi, on retrouve en priorité la hausse de rémunération (51 % vs. 62 % en 2011) et la bonne ambiance (42 % vs. 33 % en 2011).

 

Cette volonté de changement se traduit également par une nouvelle aspiration : l’entrepreneuriat. 12 % des cadres interrogés souhaitent ainsi devenir indépendants (7 %) ou bien créer leur entreprise (5 %) ; une tendance encore timide, mais qui progresse de plus en plus au fil des années (7 % en 2018, 6 % en 2017 et 4 % en 2016). Les plus jeunes sont particulièrement sensibles à ce mouvement : 17 % des 18-24 ans aspirent à se mettre à leur compte ou créer leur société (vs 8 % chez les 35-49 ans).

 >> Lire aussi : la "millenial attitude" gagne les cadres

Une relation plus distanciée à l’entreprise

Autre enseignement du baromètre, les cadres font preuve de moins d’affect vis-à-vis de leur entreprise.

Si pour exprimer leur sentiment à l’égard de leur employeur l’attachement était en 2009 le premier qualificatif avancé par le panel (28 %), c’est aujourd’hui l’indifférence qui prime pour 23 % des cadres interrogés. Toutefois, cela ne les empêche pas d’être encore plutôt fidèles et d’estimer, pour 42 % d’entre eux, que la durée idéale d’un emploi au sein d’une société se situe entre 5 et 10 ans !

Parmi les autres éléments illustrant cette relation plus distanciée à l’entreprise, le succès grandissant du télétravail témoigne du souhait de gérer le rapport entre vie professionnelle et vie personnelle différemment, même si ce mode de fonctionnement trouve lentement sa place. Ainsi, 70 % des cadres souhaitent exercer leur activité en télétravail de façon régulière (vs 62 % en 2013) mais dans les faits, seuls 45 % y ont déjà eu recours (vs 37 % en 2013).

 

>> Lire aussi : Comment se mettre au télétravail

 

Cette volonté de travailler à distance pourrait aussi trouver racine dans l’éloignement souhaité des cadres avec le quotidien parfois pesant au sein de l’entreprise. En effet, 54 % des cadres estiment que leur employeur n’a mis aucun plan d’action pour lutter efficacement contre la gestion du stress et les risques psychosociaux, phénomènes pourtant de plus en plus prégnants.

Le cadre de demain : l’avènement de l’« expert métier »

Si les conditions d’exercice des cadres ont évolué depuis dix ans, il en va de même pour leurs compétences et leurs missions. Intégrant la montée en puissance des « soft skills », les cadres estiment ainsi que les compétences personnelles les plus importantes au travail sont l’agilité avec l’adaptation aux changements (37 %), la capacité d’organisation (33 %) et l’aisance relationnelle (32 %).

Ce raisonnement s’applique également lorsqu’il s’agit de recrutement : 55 % des cadres pensent que la personnalité et le relationnel sont les principaux critères de sélection des recruteurs en entretien et ce, devant les années d’expérience (53 %) et les performances réalisées (51 %). S’ils reconnaissent accorder une place importante à leur expérience professionnelle sur leur CV, ils estiment que le diplôme n’est plus un critère primordial : 31 % d’entre eux jugent que c’était un argument majeur il y a dix ans mais seuls 16 % y accordent de l’importance aujourd’hui et seulement 6 % pensent qu’on y fera encore attention dans dix ans.

A l’inverse, les cadres pressentent l’avènement de l’expertise métier (35 %) et des qualités personnelles (28 %) : un avis qui nourrit sans doute le sentiment d’inadéquation actuel entre formation professionnelle et évolution des compétences recherchées par les entreprises, exprimé par plus d’un cadre sur 2 (55 %).

 

Réformes : entre inquiétude et lucidité

Soucieux de l’avenir de leur régime de retraite, les cadres accordent beaucoup d’attention à la fusion Agirc-Arrco qui bénéficie d’une notoriété solide auprès de cette population d’actifs : 79 % en ont entendu parler même si, moins portés sur l’historique de leur statut, les jeunes (18-24 ans) sont 42 % à ne pas savoir de quoi il s’agit. Concernant leur avis, ils ne sont pas vraiment tranchés : seuls 45 % pensent que c’est une bonne chose, 21 % une mauvaise chose et 34 % n’expriment pas d’opinion. Sur l’âge de départ en retraite, les personnes interrogées portent un regard lucide sur la situation, estimant un âge moyen de départ en retraite à 64,2 ans et un âge idéal de départ à 60,5 ans.

>> Lire aussi : RIP le statut cadre ?

La possibilité de bénéficier de l’assurance chômage après une démission, mesure récente, est également plutôt bien connue des cadres (56 %) même si une large majorité – 4 sur 10 – n’en a pas une idée précise. Enfin, le projet de réforme des allocations chômage, en cours de réflexion, a retenu l’attention des trois-quarts du panel. Leur avis sur cette réforme reste pour l’heure assez mitigé : 51 % la trouvent juste par rapport aux non-cadres, 50 % par rapport à l’ensemble de la population active et 42 % vis-à-vis des cadres eux-mêmes.

« Les résultats de notre baromètre révèlent de nouvelles tendances qui nous permettent de dessiner les contours du cadre de demain, qui se retrouve challengé : un professionnel recherché davantage pour son expertise métier et ses qualités relationnelles que par son bagage académique. Le cadre est ainsi en train d’évoluer vers un profil alliant savoir-être et savoir-faire avec une ambition : celle d’être heureux grâce à un travail qui a du sens dans un environnement épanouissant », explique Thibaut Gemignani, CEO de Cadremploi

 

(1) 18e baromètre Cadremploi Ifop : L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population cadre du secteur privé. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas, les interviews ont été réalisées en ligne du 15 au 22 février 2019.



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